La plus haute
importance

 
Mark Collins et Andrei latsenia décrivent le travail du PNUE en cette Année internationale de la montagne.

L’Année internationale de la montagne promet de produire deux résultats cruciaux : une sensibilisation accrue aux multiples dangers auxquels sont confrontés les écosystèmes et les communautés de montagne, et un plan détaillant les politiques et mesures que les gouvernements et autres parties prenantes peuvent adopter pour résoudre ces problèmes. Le PNUE a mis en place un secrétariat à Genève pour coordonner ses activités liées à l’Année. Un vaste éventail d’évaluations, de communications, d’élaborations de politiques et d’initiatives nationales a été mis en train qui devrait permettre à l’Année de déboucher sur des résultats concrets.

L’Année sera riche en opportunités de dialoguer et de discuter – une série d’ateliers sur la montagne a déjà commencé. Les barrières et les meilleures pratiques en matière de mise en valeur durable des montagnes sont l’objet de discussions et d’analyses qui font ressortir de nouvelles approches très prometteuses et des options déterminantes pour l’avenir. Le point d’orgue sera le Sommet mondial de la montagne, qui se tiendra à Bichkek au Kirghizistan du 29 octobre au 2 novembre.

Soutien technique
Le PNUE offre un soutien technique au Gouvernement du Kirghizistan à l’approche de la conférence. Dix documents concernant les problèmes des montagnes, en cours de « e-consultation » par l’intermédiaire du Forum de la montagne, un réseau mondial d’experts, serviront de fondation à la « Plateforme de Bichkek sur la montagne », un cadre politique que les pays montagneux pourront adopter lors du Sommet et mettre en œuvre chez eux.

Le Comité italien pour l’Année s’est employé activement à organiser « une vidéoconférence au sommet », diffusée simultanément en Amérique du Nord, en Amérique du Sud, en Europe, en Asie et en Afrique. Avec l’appui du Gouvernement italien et de Cisco Systems, experts, décideurs, chercheurs et universitaires provenant de zones montagneuses ont débattu de tous les aspects de l’écologie et de la culture montagnardes et préparé des rapports sur la mise en valeur future des zones montagneuses. Le PNUE s’est occupé du carrefour africain de la vidéoconférence (www.highsummit.org), attirant des participants des quatre coins du continent.

Le bien-être et les profits de nombreuses communautés humaines et industries sont tributaires de la santé des montagnes. Le PNUE-WCMC a commencé à coordonner une évaluation de l’état écologique des systèmes de montagne, qui sera baptisée « Mountain Watch ». Elle sera conçue et réalisée dans les régions en développement par l’intermédiaire d’un projet du Fonds pour l’environnement mondial (FEM). Une Carte mondiale des montagnes et de leurs forêts a déjà été publiée et un Atlas mondial des montagnes sera compilé par la suite.

De nombreux pays ont proposé des initiatives régionales pour promouvoir la protection et la gestion durable des principales chaînes de montagne transfrontalières. L’Initiative européenne en faveur des montagnes, créée à la demande de gouvernements d’Europe et d’Asie centrale, se concentrera sur le renforcement de la coopération dans les Carpates, dans le Caucase et en Asie centrale. La Convention alpine, adoptée en 1991, réunit les pays alpins qui travaillent ensemble sur la mise en valeur et la protection des montagnes. Du 26 au 29 juin, les experts alpins se réuniront avec leurs homologues des Carpates, du Caucase et de l’Himalaya à Berchtesgaden, en Allemagne, pour déterminer quels sont les enseignements à tirer du Processus alpin pouvant se révéler utiles pour d’autres chaînes de montagne.

Le Bureau régional du PNUE pour l’Europe et le Bureau du Programme régional Danube/Carpates du Fonds mondial pour la nature (WWF) sont en train d’aider l’Ukraine à mener des consultations intergouvernementales. L’accent est mis sur l’Initiative de l’écorégion des Carpates du WWF, un partenariat de plus de 50 organisations apportant leur concours au Réseau de diversité biologique des Carpates de zones protégées montagneuses et renforçant la participation des communautés locales, du secteur privé et des organisations non gouvernementales (ONG).

Un projet de Charte des montagnes de l’Asie centrale, rédigé à l’initiative du Gouvernement du Kirghizistan, fait l’objet de consultations interministérielles au sein des pays d’Asie centrale. La signature de la Charte devrait se faire au moment du Sommet mondial de la montagne de Bichkek. Les pays caucasiens sont également en train d’élaborer un instrument juridique de protection de l’écosystème des montagnes caucasiennes.

Les Amis des montagnes, un groupe de membres du Parlement européen, a parrainé l’exposition d’une affiche du PNUE intitulée « Des sommets aux mers », inaugurée au Parlement de Bruxelles par le Directeur exécutif, Klaus Toepfer, le 27 février. Les affiches seront exposées à l’occasion de rencontres internationales durant toute l’année 2002.

La mise en application des stratégies et des plans préparés au cours de l’Année exigera l’amélioration des capacités de nombreux pays. Le PNUE-WCMC apporte son aide à l’Aire de conservation de l’Annapurna, le plus grand site protégé du Népal, en collaboration avec l’Initiative Darwin (Royaume-Uni) et le Trust du Roi Mahendra. Cette aire deviendra un site pilote permettant d’élaborer des outils, de former le personnel à l’évaluation des valeurs écologiques et culturelles du patrimoine montagnard, et de surveiller les impacts du tourisme. Les communautés locales participeront pleinement et les enseignements tirés pourront être transférés à d’autres parcs de montagne.

La restauration des écosystèmes de montagne, l’amélioration des moyens d’existence des communautés montagnardes, la gestion des bassins versants – et d’autres aspects de la gestion environnementale en zone montagneuse – nécessiteront des programmes locaux et régionaux de coopération à long terme entre les habitants, les associations privées et publiques de parties prenantes, les décideurs et les institutions financières de développement. Comment cette coopération s’organisera-t-elle ?

Le PNUE part du principe qu’il faut améliorer la participation de toutes les parties prenantes, en profitant des modèles existants pour passer à l’action par l’intermédiaire des organisations, du niveau local au niveau mondial. Pour perdurer, ces nouveaux partenariats et dialogues entre parties prenantes auront besoin d’un nouveau point de ralliement. Le PNUE est en train de discuter avec ses partenaires de la possibilité de faciliter un Partenariat du patrimoine montagnard qui servirait de bureau central et de comité de dons aux divers programmes de suivi, au niveau national, régional et, le cas échéant, mondial.

Travaillant en étroite collaboration avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture – organisme de tête de l’Année et gestionnaire de tâches du Chapitre 13 du programme Action 21 – le Partenariat pourrait faciliter de nouveaux programmes coopératifs avec les organismes environnementaux et de développement, avec les organisations de la société civile (parlementaires, ONG, organisations locales) et du secteur privé. Il mesurerait son degré de réussite en suivant les progrès accomplis au niveau de la mise en place de programmes et partenariats spécifiques d’action en faveur du patrimoine montagnard, en transférant des outils économiques et juridiques et en édifiant un programme participatif conçu par un conseil consultatif international.

Klaus Toepfer, Directeur exécutif du PNUE, a qualifié l’Année internationale de la montagne « d’opportunité unique pour célébrer l’environnement naturel, les cultures et les peuples des régions montagneuses du monde, nous procurant un outil permettant de relever le profil politique de la mise en valeur durable des montagnes ». Le PNUE s’engage avec des partenaires du monde entier à améliorer l’état des écosystèmes et les perspectives d’avenir des peuples de montagne. A plus long terme, le succès de l’Année se jugera sur les résultats concrets. Le PNUE et ses partenaires sont en train d’élaborer un concept de Programme mondial d’action en faveur des montagnes, qui permettrait aux montagnes de rester à l’ordre du jour bien après la fin de l’année


Mark Collins est Directeur du Centre mondial de surveillance de la conservation du PNUE, et Andrei Iatsenia est Coordinateur du Programme en faveur des montagnes, Bureau régional du PNUE pour l’Europe.

PHOTOGRAPH: Kelly Vandenberg/UNEP/Topham


Débordements des lacs glaciaires

Le PNUE et le Centre international de mise en valeur intégrée des montagnes (ICIMOD) se sont associés pour étudier le phénomène des inondations liées aux débordements des lacs glaciaires au Népal et au Bhoutan. Le phénomène résulte du changement climatique qui provoque la fonte des glaciers et la formation de lacs glaciaires derrière les moraines. Relativement peu solides, les barrages de moraine risquent de se fracturer soudainement, provoquant des inondations catastrophiques en aval. Le projet PNUE/ICIMOD a préparé un inventaire des glaciers et lacs glaciaires du Népal et du Bhoutan, et mis en évidence les endroits où ces fractures sont susceptibles de se manifester et de causer des pertes importantes en termes de vies humaines et de biens. Le projet a permis d’identifier 20 lacs glaciaires du Népal et 24 du Bhoutan comme étant potentiellement dangereux. Il conseille également les gouvernements des deux pays quant aux méthodes permettant de reconnaître les dangers potentiels et les menaces immédiates et à la mise au point de systèmes d’alerte précoce. Il permet de renforcer les capacités de leurs institutions nationales à aborder les problèmes des lacs glaciaires.

Surendra Shrestha




La FAO (organisme de tête), le FEM, l’Agence suisse de développement et de coopération, le Réseau de développement de l’Aga Khan, l’Université des Nations Unies, l’UNESCO, le Programme des Nations Unies pour le développement, la Banque mondiale, le Forum de la montagne et les Gouvernements du Kirghizistan, d’Autriche, d’Italie, du Royaume-Uni et d’Allemagne contribuent généreusement au financement des travaux du PNUE durant l’Année internationale de la montagne.





Ce numéro:
Sommaire | Editorial K. Toepfer | Sauvons notre patrimoine commun | Visons haut | Puissantes, mais fragiles | Le pays des mille montagnes | Le reboisement des terres | L’environnement pour tous | De hautes priorités | Une beauté naturelle | Perspectives pour le Sommet : A l’approche de Johannesburg | Une dure ascension | Soyons à la hauteur du problème | Disneyland ou diversité ? | Un chemin de découverte | La plus haute importance | Rencontre au sommet | En remontant le courant | Un avenir nébuleux


Articles complémentaires:
Mark Collins: Globalizing solutions (Biological Diversity) 2000


Report complémentaire:
Mountain Watch Report