Le reboisement
des terres

 
Myung Ja Kim décrit la manière dont son pays a reboisé un tiers de ses zones montagneuses, dans l’optique de la durabilité mondiale.

L’année 2002 est à la fois l’Année internationale de la montagne et l’Année internationale de l’écotourisme. Attendons-nous donc à de très nombreux débats sur l’importance des montagnes, si cruciale pour les êtres humains, la faune et la flore.

Les montagnes couvrent 66 % du territoire de la République de Corée. Suite à la colonisation japonaise dans la première moitié du 20e siècle, à la guerre coréenne de 1950-1953, et à la période de reconstruction des années 1960, d’immenses pans de montagne furent dévastés par l’exploitation forestière excessive et déboisés pour faire place aux terres agricoles. En 1973, le Gouvernement lança une campagne systématique de reboisement à long terme. Dès 2000, cette initiative avait permis de transformer 2 millions d’hectares (soit 31 %) de la superficie montagneuse totale en forêts présentant une valeur économique. L’étape suivante consista, en 1991, à lancer un Programme de repos de la nature pour les principales montagnes, destiné à réhabiliter leurs écosystèmes en limitant l’accès public durant une période spécifiée.

Plus récemment, nous avons réussi à préserver un de nos plus précieux écosystèmes en annulant le projet de construction du barrage de Young-Wol sur le Dong, dans la province de Gangwon. Lorsque les études entreprises ont révélé les impacts néfastes que le barrage aurait sur l’environnement, le Président a officiellement annulé le projet, lors de la Journée mondiale de l’environnement 2000. Le Gouvernement désigna alors le fleuve Dong comme étant un site naturel de réhabilitation. Aujourd’hui, nous favorisons l’écotourisme dans la région et réinvestissons les revenus dégagés par le tourisme dans les villes environnantes. Les habitants de la région sont désormais extrêmement favorables aux efforts de protection environnementale, et leur qualité de vie s’est beaucoup améliorée.

Au plan régional, la République de Corée collabore activement avec la Chine et le Japon pour rénover nos écosystèmes dans le cadre de la Réunion annuelle tripartite des ministres de l’Environnement, qui s’est tenue pour la première fois en 1999. Les trois pays travaillent sur différents projets, dont le Projet de conservation écologique du nord-ouest de Chine, visant à atténuer les tempêtes de sable jaune. Cette année, Séoul accueillera le Congrès international d’écologie, sur le thème « l’écologie dans un monde qui change », du 11 au 18 août. Experts et universitaires du monde entier seront invités à débattre de graves questions écologiques comme la protection des forêts et des terres humides, la diversité biologique et le changement climatique.

Ecosystèmes uniques
Par ailleurs, à l’heure où nous célébrons l’Année internationale de l’écotourisme, il faudrait donner l’occasion au public de découvrir les écosystèmes indigènes uniques. Pour ce faire, il nous faut prendre des mesures dynamiques pour sensibiliser davantage nos citoyens aux questions environnementales et protéger le patrimoine naturel menacé. j’espère vraiment que le PNUE et d’autres organisations internationales prendront des initiatives susceptibles de nous inciter à parrainer la richesse et la viabilité écologiques.

Si nous voulons réaliser pleinement le développement durable, il convient de rapidement mettre en place les mécanismes de mise en œuvre des objectifs fixés lors de la Déclaration du millénaire. Dans cet esprit, notre Gouvernement a, depuis 1995, adopté entre autres choses un Système de facturation des déchets basé sur le volume. Cette initiative a permis d’obtenir des réductions considérables des déchets et des augmentations parallèles du recyclage. Je suis certaine que la multiplication à l’échelle mondiale des politiques de ce genre permettra de nous rapprocher de notre objectif de durabilité environnementale.

Les femmes jouent un rôle crucial dans le développement durable. A la Réunion des femmes leaders sur le thème de l’Environnement, qui s’est tenue en mars à Helsinki en Finlande, les participantes ont appelé à des partenariats et à un partage de l’information entre toutes les parties prenantes, et elles ont souligné la nécessité d’inclure la perspective des femmes dans toutes les discussions ayant trait au développement durable. Pour aborder ces questions, nous avons convenu de mettre en place un réseau mondial de femmes leaders, afin de discuter et d’avoir un impact sur les problèmes environnementaux majeurs.

Enfin, la conclusion de négociations sur les mécanismes de mise en application du Protocole de Kyoto, à Marrakech en novembre dernier est de bon augure pour les initiatives internationales de protection de l’environnement. Je pense que les futures négociations sur les outils de mise en œuvre du programme Action 21 et sur le commerce et l’environnement dans le contexte d’une mondialisation rapide seront couronnées de succès. Ce n’est que lorsque ces initiatives seront bien intégrées et en bonne voie que le 21e siècle pourra faire du développement durable une réalité


La Dr. Myung Ja Kim est la ministre de l’Environnement de la République de Corée.

PHOTOGRAPH: UNEP/Topham


Ce numéro:
Sommaire | Editorial K. Toepfer | Sauvons notre patrimoine commun | Visons haut | Puissantes, mais fragiles | Le pays des mille montagnes | Le reboisement des terres | L’environnement pour tous | De hautes priorités | Une beauté naturelle | Perspectives pour le Sommet : A l’approche de Johannesburg | Une dure ascension | Soyons à la hauteur du problème | Disneyland ou diversité ? | Un chemin de découverte | La plus haute importance | Rencontre au sommet | En remontant le courant | Un avenir nébuleux


Articles complémentaires:
AAAS Atlas of Population and Environment:
Population and ecosystems: Forests


Report complémentaire:
Mountain Watch Report