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le terrain perdu |
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Hama Arba Diallo considère la désertification comme un problème mondial que le monde entier doit aider à résoudre |
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La désertification est à la fois une cause et une conséquence de la pauvreté. Problème mondial, il a de graves conséquences environnementales et provoque des perturbations économiques et politiques majeures, notamment perte de revenus 42 milliards de dollars par an à léchelle mondiale , augmentation de la pauvreté, migrations en masse et conflits.
La pauvreté oblige ceux dont les moyens dexistence sont liés à la terre de surexploiter celle-ci pour couvrir leurs besoins alimentaires et assurer leur logement et leurs revenus. La dégradation des terres et la perte de productivité qui en résultent détruisent alors la sécurité alimentaire et aggravent la pauvreté. Souvent obligées de quitter leur terre à la recherche dautres moyens dexistence, les populations touchées se trouvent alors parfois en conflit avec les habitants des régions vers lesquelles elles émigrent. Globalement, 135 millions de personnes soit les populations de la France et de lAllemagne réunies risquent démigrer à cause de la désertification. En 1994, la moitié des cinquante conflits armés du monde avaient notamment pour cause des facteurs environnementaux caractéristiques des terres sèches. La désertification, la pauvreté et lexode environnemental se renforcent mutuellement.
En Afrique, on estime à 9 milliards de dollars les pertes annuelles liées à la désertification. La moitié des 50 millions de réfugiés environnementaux attendus dici à 2010 sont originaires dAfrique sub-saharienne. Dici 2020, on estime que 60 millions de réfugiés auront quitté les nouvelles zones désertiques de la région du Sahel pour lAfrique du Nord et les côtes européennes. Dans lintervalle, durant la même période, lexode massif des terres sèches désertifiées devrait multiplier par 3,5 la population urbaine des villes côtières du Sahel par rapport à 1996, portant leur population à 271 millions. Les ressources environnementales dans les villes et camps dans lesquels les immigrés sinstalleront seront mises à rude épreuve.
Au Mexique, par exemple, la sécheresse et la surexploitation des terres et de leau ont provoqué une baisse des nappes phréatiques de la région centrale la plus peuplée du pays et celles-ci natteignent plus que 40 % de leurs niveaux initiaux. Chaque année par conséquent, de 700 000 à 900 000 Mexicains quittent leur foyer rural des terres sèches pour tenter leur chance en tant que travailleur migrant aux Etats-Unis. Au Brésil, nombre des 12 millions de personnes touchées par la sécheresse dans la région nord-est du Sertao ont émigré à São Paulo : pour la seule année 1999, 300 000 dentre elles sont venues sajouter à la population de la ville. Ces vingt dernières années, 1,3 million de personnes ont fui Haïti suite à la dégradation environnementale et aux troubles politiques : la production de céréales par personne a chuté de moitié entre 1926 et 1996, et le pays ne couvre que 80 % des besoins nutritionnels de son peuple.
En 1994, la communauté internationale a adopté la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification,, afin de combattre efficacement ce problème. Elle est entrée en vigueur en 1996. En juillet 2002, 181 Etats étaient Parties à la Convention, qui a réussi à sensibiliser davantage lopinion aux problèmes de la désertification et de la dégradation des terres. Au fil des ans, la Convention a évolué et elle est en train de passer de la préparation des Programmes daction nationaux (PAN) qui élaborent les politiques à long terme et sont les premiers outils pour atteindre les objectifs de la Convention sur la lutte contre la désertification à leur mise en application. En juillet 2002, les PAN de 57 pays étaient prêts. Depuis lan 2000, la Convention a acquis une envergure véritablement mondiale avec ladoption dune cinquième annexe régionale pour lEurope du Centre et de lEst (entrée en vigueur en septembre 2001) qui venait sajouter aux quatre annexes existantes, lAfrique, lAmérique latine et les Caraïbes, le Nord méditerranéen et lAsie.
A maintes reprises, la Convention sur la lutte contre la désertification a fait remarquer que le manque de ressources financières prévisibles était le frein le plus important au processus de mise en :uvre. Lorganisation sest donc félicitée de la décision prise par le Fonds pour lenvironnement mondial (FEM), en mai 2001, de désigner la dégradation des terres, et notamment la désertification, comme domaine dintervention, afin de participer plus efficacement à lapplication de la Convention. Le soutien financier du FEM à la Convention est dailleurs indispensable si nous voulons limiter la dégradation et la désertification des terres et inverser la tendance. Par conséquent, nous sommes convaincus que lAssemblée du FEM confirmera la recommandation de son Conseil en faisant de la dégradation des terres, et notamment de la désertification, un nouveau domaine dintervention du Fonds et quelle entendra lappel du Sommet mondial sur le développement durable et fera du FEM le mécanisme financier de la Convention
Hama Arba Diallo est le Secrétaire exécutif de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification. PHOTO : Somkiat Sirrikol/PNUE/Topham |
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