Les nouveaux
enjeux

 
Xie Zhenhua exprime ses espoirs pour l’Assemblée du FEM et appelle à la prise de mesures concrètes

En octobre 2002, des représentants de 173 pays, appartenant à des organisations internationales et non gouvernementales, se réunissent à Beijing. Lors de cette Seconde Assemblée du Fonds pour l’environnement mondial (FEM), ils passeront en revue les politiques fondamentales de l’organisation, évalueront ses stratégies opérationnelles et tireront les enseignements des expériences et leçons passées. Si la réunion constitue un événement important pour le FEM, elle est également cruciale pour la communauté internationale.

Le Sommet « planète Terre » de 1992 avait fait du FEM le mécanisme financier de la coopération environnementale mondiale. Depuis des années, il aide efficacement les pays en développement à œ:uvrer en faveur de l’environnement mondial. Dans le même temps, il a fait des progrès au niveau du renforcement de sa gestion, de l’amélioration de son efficacité et de la simplification de ses procédures d’étude et d’approbation. Aujourd’hui, s’il reste difficile de quantifier l’impact positif du FEM sur l’environnement mondial, il est certain qu’il joue un rôle de plus en plus important dans la lutte contre les problèmes environnementaux mondiaux.

Un nouveau siècle
L’humanité est entrée dans un nouveau siècle mais les problèmes environnementaux mondiaux n’ont pas reculé devant l’augmentation de la richesse matérielle. La pauvreté et la faim continuent de menacer un quart des habitants des pays en développement, l’eau douce reste trop rare et les émissions de gaz à effet de serre augmentent. Les modes non durables de production et de consommation des pays développés n’ont pas changé. La tendance à la détérioration de l’environnement exige que la communauté mondiale fasse preuve d’un engagement politique plus fort et qu’elle prenne de nouvelles mesures permettant de progresser plus rapidement sur la voie du développement durable.

Ces problèmes environnementaux mondiaux nécessiteront un effort commun de la part de tous les pays du monde. Cependant, les pays développés sont obligés d’assumer des responsabilités importantes inaliénables fondées sur le principe de responsabilités communes mais différenciées. Sur la base de ce principe, ils devraient prendre des responsabilités plus grandes vis-à-vis de l’amélioration de l’environnement mondial. Ils devraient fournir « des ressources nouvelles et supplémentaires » et transférer des technologies écophiles à des conditions préférentielles, de façon à aider les pays en développement à améliorer leurs capacités et leur aptitude à aborder les questions environnementales et à participer au programme mondial de protection de l’environnement.

Une stratégie des plus importantes
En tant que pays, la Chine est très présente dans l’arène environnementale et elle contribue positivement à l’environnement mondial en abordant efficacement ses propres problèmes environnementaux. Depuis la Conférence de Rio des Nations Unies sur l’environnement et le développement de 1992, le Gouvernement chinois considère le développement durable comme une stratégie des plus importantes. Il a fait des efforts considérables et très efficaces pour améliorer la qualité de l’environnement. Dix années durant, il n’a cessé d’intégrer la stratégie de développement durable à tous les domaines socio-économiques, assurant et favorisant le développement soutenu et coordonné de l’économie, de la société, des populations et de l’environnement.

Au cours du neuvième plan quinquennal 1996-2000, la croissance de l’économie chinoise a été de 8,3 % par an. Pourtant, au cours de la même période, les quantités de polluants majeurs libérés dans l’environnement ont baissé d’environ 10-15 %. Malgré un PIB de moins de 800 dollars par habitant, la Chine s’est également engagée dans un vaste programme de traitement et de prévention de la pollution régionale et des bassins fluviaux, et de conservation écologique. Grâce à ces politiques et initiatives, elle a pu stopper la tendance à la détérioration de la pollution environnementale, améliorer la qualité de l’environnement dans certaines villes et régions et renforcer la conservation écologique.
Les pays développés sont obligés d’assumer des responsabilités importantes inaliénables
A tous les niveaux, la Chine s’est montrée très proactive dans la lutte contre les problèmes environnementaux. Elle a signé toute une série d’instruments environnementaux importants et obtenu des résultats notoires quant au respect de ses propres engagements et obligations internationales. Au cours du nouveau siècle, nous continuerons à œ:uvrer en faveur de la coopération environnementale internationale et à contribuer dûment au développement durable et à la protection de l’environnement mondial.

Une nouvelle force motrice
Le FEM assume une responsabilité et une obligation vitales dans le cadre de sa mission environnementale. Sa Seconde Assemblée fournira une nouvelle force motrice permettant de développer ses initiatives et de leur injecter une nouvelle vitalité. Je demande instamment à la communauté internationale d’éviter les paroles vides de sens et de transformer tous nos engagements en actions concrètes – et donc d’apporter une aide considérable au FEM à l’heure de sa reconstitution – de façon à éviter une nouvelle détérioration du système écologique de notre patrie commune, la Terre. j’ai bon espoir que cette Assemblée connaisse un succès sans précédent, qui concrétisera les décisions prises par le Sommet mondial sur le développement durable.

Capitale d’un pays vieux de 5 000 ans riche d’une civilisation splendide, la ville séculaire de Beijing est particulièrement dynamique et intéressante. L’automne est le temps des moissons et c’est en cette saison que la ville est la plus belle. Le ministre de l’Environnement et l’habitant de Beijing que je suis accueille chaleureusement les participants à Beijing. Je les invite à assurer le succès de cette réunion en partageant leurs expériences et leur sagesse avec nous pour faire en sorte que le FEM devienne encore plus efficace


Xie Zhenhua est Ministre de l’Administration pour la protection environnementale de l’Etat chinois.

PHOTO : Lim Eng Geen/PNUE/Still Pictures


Ce numéro:
Sommaire | Editorial K. Toepfer | Des opportunités inégalées | Une priorité mondiale | Des partenariats pour le changement | Les nouveaux enjeux | De belles réussites mais il reste encore beaucoup à faire | Message à l’intention de la Seconde Assemblée du Fonds pour l’environnement mondial | L’avenir de l’environnement africain | Une énergie critique | Diagnostic de la santé de la planète | Comment regagner le terrain perdu | Le tango se danse à deux | La connaissance au service de l’action | Des avantages à caractère mondial | Des polluants impopulaires | Message à l’intention de la Seconde Assemblée du FEM

Articles complémentaires:
Special supplement to coincide with the Global
Environment Facility Assembly
(Fresh Water) 1998
Xie Zenhua: Sauvons notre patrimoine commun (La montagne et L’écotourisme) 2002
Ye Ruqiu: Réduire les émissions de carbone (L’énergie et l’environnement) 2001

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