Etendre
le cercle

 
Josette S. Shiner
dit que le commerce, la protection de l’environnement et le développement économique sont des objectifs mutuellement bénéfiques

Les Etats-Unis se sont engagés à étendre le cercle des nations pour lesquelles le commerce mondial est profitable. De Séoul à Santiago, le commerce s’est révélé être un des moyens essentiels permettant de sortir de la pauvreté, et un véritable atout pour la liberté, les opportunités et l’environnement. L’histoire récente a montré les liens positifs existant entre le commerce, le développement, la qualité environnementale et la hausse du niveau de vie.

L’administration Bush est convaincue que le libre-échange et les améliorations environnementales peuvent s’épauler mutuellement. Le Trade Act 2002, signé en août dernier par le Président Bush, comprend un ensemble bien équilibré d’objectifs environnementaux : assurer des conditions équitables pour les Etats-Unis grâce à une mise en application efficace de la législation environnementale de nos partenaires commerciaux ; se garder de l’usage des normes environnementales à des fins protectionnistes ; et aider nos partenaires des pays en développement à augmenter leur capacité de protection de l’environnement grâce à des mécanismes coopératifs.

Nous poursuivrons ces objectifs dans le cadre de nos Accords de libre-échange, notamment dans celui de Singapour que le représentant des Etats-Unis pour le Commerce extérieur, Robert B. Zoellick, est en train de finaliser, et dans celui des négociations que nous venons de conclure avec le Chili. De même, les questions environnementales jouent un rôle important dans le Programme de Doha pour le développement. Dans le cadre de cette mission de l’OMC, les Etats-Unis cherchent des initiatives susceptibles d’optimiser la symbiose naturelle entre les politiques commerciales et environnementales.

Les efforts faits pour négocier de nouvelles disciplines en matière de subventions contribuant à la surexploitation des pêches mondiales et à l’appauvrissement des stocks mondiaux de poissons constituent un bon exemple de notre action. Nous préconisons aussi d’ouvrir davantage le marché aux technologies environnementales – ceci serait utile aux exportateurs américains, tout en permettant aux pays importateurs d’accéder à toute la gamme des technologies de pointe. Et nous explorons de nouvelles possibilités de coopération entre l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et les secrétariats responsables des accords environnementaux multilatéraux liés au commerce, comme la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction et la Convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontières des déchets dangereux.

De plus, les bilans environnementaux des négociations commerciales jouent désormais un rôle important dans notre processus. Ces bilans nous fournissent de précieuses informations sur les impacts environnementaux probables, positifs et négatifs, des accords commerciaux. Ils nous aident à cibler nos négociations et à déterminer quelles sont les réponses politiques adaptées.

Les bilans environnementaux des Zones de libre-échange des Amériques et du Programme de Doha pour le développement sont déjà en cours. Nous sommes en train d’effectuer des évaluations similaires pour nos négociations avec des pays comme le Chili et Singapour. Nous travaillons en étroite collaboration avec de nombreux services et organismes, pour veiller à ce que notre approche des bilans soit la bonne et pour inciter et aider d’autres pays à effectuer leurs propres études.

Nous continuons également à financer des programmes très positifs par l’intermédiaire de l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID) et par l’intermédiaire d’institutions multilatérales comme la Banque mondiale. USAID finance des organisations non gouvernementales œ:uvrant avec des gouvernements et la société civile en vue de développer les capacités d’évaluation environnementale des accords commerciaux et d’autres initiatives de protection de l’environnement. Au Brésil, par exemple, USAID apporte son concours à un Réseau d’organisations pour l’énergie renouvelable. En Asie centrale, les contributions américaines aident un Programme-type de réduction de déchets.

Et surtout, en multipliant les opportunités grâce à des accords commerciaux, les Etats-Unis montrent que le commerce, la bonne gestion environnementale et le développement économique sont et peuvent être des objectifs mutuellement bénéfiques. Notre programme de libéralisation du commerce est conçu pour ouvrir de nouveaux créneaux économiques à travers le monde, notamment dans les nations en développement dont les fragiles économies commencent à peine à se développer. Nous voulons que les citoyens des pays développés et en développement comprennent l’importante chaîne d’événements qui relie le commerce, le développement, la qualité de l’environnement et la hausse du niveau de vie.

Multiplication des opportunités
Les avantages procurés par le commerce ont un impact sur la vie des travailleurs et des familles du monde entier. En étendant nos réseaux commerciaux à d’autres nations, nous multiplions les opportunités et nous améliorons les emplois et la croissance économique. En novembre 2001, les Etats-Unis ont joué un rôle clé dans le lancement d’une nouvelle série de négociations mondiales sur la libéralisation du commerce dans le cadre du Programme de Doha pour le développement parrainé par l’OMC. Ces négociations ouvriront des marchés à travers le monde, en mettant l’accent sur la création de nouvelles opportunités d’exportation dans l’agriculture, la manufacture et les services.

Les Etats-Unis ont déjà fait des propositions considérables pour libéraliser le commerce des services et de l’agriculture : rendre les procédures de l’OMC plus transparentes notamment au niveau des règlements de conflits ; faciliter l’accès des pays pauvres aux médicaments nécessaires pour lutter contre le VIH/sida, le paludisme et autres crises liées à la santé publique ; et abolir tous les tarifs sur tous les biens industriels et de consommation d’ici à 2015. Les Etats-Unis cherchent également à conclure des accords de libre-échange avec plusieurs pays et régions du monde.

Par le biais de ces négociations commerciales, les Etats-Unis sont en train de préparer une croissance mondiale du commerce qui aidera les pays développés et en développement à tirer profit d’une augmentation des échanges. De très nombreuses études montrent qu’en réalité les pays en développement ont beaucoup à gagner en ouvrant leurs marchés au commerce mondial – et tout à perdre en restant fermés :

  • La Banque mondiale vient d’entreprendre une étude des pays en développement qui s’ouvrirent à la concurrence mondiale dans les années 1990 et de ceux qui ne le firent pas. Dans les pays en développement ouverts à la mondialisation, le revenu par personne augmenta de plus de 5 % par an tandis que dans les pays pauvres non ouverts à la mondialisation, ce même revenu augmenta seulement d’un peu plus de 1 %. Les pays en développement ouverts à la mondialisation ont fortement réduit leurs taux de pauvreté absolue au cours des vingt dernières années et les revenus des foyers les plus pauvres ont augmenté en parallèle avec la croissance.

  • D’autres études soulignent les avantages que les pays en développement pourraient tirer d’une baisse de leurs propres barrières commerciales. Une étude indique que la levée des barrières commerciales imposées sur les biens produirait un gain annuel de 540 milliards de dollars pour les pays en développement, les trois quarts de ce gain résultant de l’élimination des propres restrictions commerciales de ces pays.

  • La levée mondiale totale des barrières sur le commerce des biens pourrait faire sortir de la pauvreté 300 millions de personnes des pays en développement d’ici à 2015 – soit plus que la population totale des Etats-Unis.

Dans l’ensemble, on estime que l’élimination des barrières commerciales mondiales augmenterait chaque année le revenu mondial annuel de 1,9 billion de dollars.

L’Afrique est la région du monde pour laquelle la libéralisation du commerce mondial est la plus importante. La part de l’Afrique sub-saharienne est tombée de près de 4 % dans les années 1960 à moins de 2 % aujourd’hui. Par conséquent, les populations et les pays africains n’ont pas vraiment profité de la prospérité croissante qui accompagne le développement du commerce mondial.

Un partenariat international
Face à ce défi, l’administration américaine cherche activement à établir un partenariat international d’aide et de commerce avec l’Afrique. Au niveau du commerce, nous sommes en train d’ouvrir des marchés et des opportunités en négociant un accord de libre-échange avec l’Union douanière d’Afrique australe, des accords commerciaux préférentiels et des négociations commerciales mondiales à l’OMC. Nous accroissons notre aide à la région dans le cadre de l’initiative du « Compte du défi 2000 » du Président Bush, qui augmentera considérablement l’aide américaine aux pays en développement qui ouvrent leurs marchés et gouvernent équitablement leur pays.

Les Etats-Unis écoutent les préoccupations des pays en développement qui s’efforcent de libéraliser leur commerce. Pour citer le Président Bush, nous devons « inclure tous les pauvres du monde dans un cercle grandissant de développement ». Les Etats-Unis sont déterminés à diriger un ordre du jour commercial visant ce but – et nous sommes convaincus que cela produira également des avantages mondiaux pour l’environnement


Josette S. Shiner est Représentante associée des Etats-Unis pour le Commerce extérieur.

Photo : Chris Cypert/www.chriscypert.com


Ce numéro:
Sommaire | Editorial K. Toepfer | A la lumière de nouvelles approches | Un développement à visage humain | Commerce – facteur de transformation | Gagnez sur toute la ligne | Les gens | Des promesses à tenir | Aussi précieux que l’or | Etendre le cercle | En bref : La mondialisation, la pauvreté, le commerce et l’environnement | L’action au niveau local | La coopération fait des adeptes | Publications et produits | Sortons du goulot d’étranglement | Investir dans l’environnement | Plateforme pour la montagne de Bichkek | L’argent, ça ne se respire pas | Un jour, nous réussirons | Un commerce équitable ? Bonne question !

 
Articles complémentaires:
Colin L. Powell: Une seule Terre (Sommet mondial sur le développement durable) 2002
Madeleine K. Albright: Changing course (Beyond 2000) 2000
Fran P. Mainella: L’environnement pour tous (La montagne et L’écotourisme) 2002
Dans le numéro La pauvreté, la santé et l’environnement, 2001
Dans le numéro Production and Consumption, 1996


AAAS Atlas of Population and Environment:
Population and natural resources