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Mark Collins présente les partenariats créés pour conserver et gérer les récifs, et il considère que ceux-ci devraient bénéficier de lappui dun programme international concerté et correctement financé |
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Chaque année, les récifs coralliens génèrent environ 30 milliards de dollars en biens et services pour les économies mondiales, et un milliard de personnes environ en sont tributaires pour leur alimentation, leurs revenus et leurs moyens dexistence. Pourtant, leur conservation se révèle être une tâche difficile et il reste beaucoup à faire pour trouver les financements nécessaires.
Au premier abord, cela peut surprendre. De récentes études entreprises au Centre mondial de surveillance de la conservation du PNUE (PNUE-WCMC) à laide dimages satellites provenant de lAdministration océanique et atmosphérique nationale (NOAA) ont montré que les aires marines protégées (AMP) couvrent environ 20 % des 284 300 kilomètres carrés des récifs mondiaux recensés dans lAtlas mondial des récifs coralliens, et la majeure partie sont protégés dans le cadre de leur inscription au Patrimoine mondial. Ce qui pose problème, cest la distribution de ces aires à travers le monde. Soixante-dix pour cent de tous les récifs coralliens protégés par des engagements nationaux et internationaux se trouvent dans une seule AMP qui est aussi un site du Patrimoine mondial le parc marin de la Grande barrière de corail en Australie. Les autres récifs sont répartis sur plus de 670 AMP, dont la plupart couvrent moins de 3 km2. Ils sont donc trop petits et trop fragmentés pour quil soit possible de protéger efficacement et à long terme leurs écosystèmes et leurs communautés vivantes de coraux, poissons et invertébrés compte tenu notamment des menaces liées au changement climatique, qui provoque une hausse du niveau de la mer et un réchauffement de leau. Il est surprenant que les récifs coralliens ne soient mentionnés que deux fois dans le Plan de mise en application adopté lannée dernière lors du Sommet mondial sur le développement durable de Johannesburg. A priori, on pourrait penser quon ne leur a pas accordé limportance quils méritent. Lexistence physique de plusieurs nations atoll sans parler de leur stabilité politique et sociologique est inexorablement liée à leurs écosystèmes, qui couvrent à peine 0,2 % du fond des océans, soit une superficie semblable à celle de la Nouvelle-Zélande. Et ils jouent, bien entendu, un rôle bien documenté en matière de création demploi, de protection de lérosion côtière, de création dabris sûrs et de protection des logements, ressources alimentaires, économies et cultures dans une grande partie du monde. Pourtant, en y regardant de plus près, on saperçoit que des volets entiers du Plan de mise en application ont des implications pour ces écosystèmes vulnérables, dont 60 % courent des risques permanents de dommages irréversibles selon les indications du Réseau mondial de surveillance des récifs coralliens surpêche, destruction des habitats, maladies des coraux, blanchissement imputable au changement climatique et eutrophication provoquée par le ruissellement des nutriments à la surface de la Terre. Le Sommet de Johannesburg appelle par exemple à la mise en place dici à 2012 dun système représentatif mondial dAMP et il sagit clairement dune cible importante pour la protection des récifs et pour leur utilisation durable. Lorsque nous consolidons et valorisons les récifs coralliens, nous devons faire preuve de souplesse et veiller à ce quils soient adaptés aux besoins locaux. Certains écosystèmes de récifs, notamment les nourriceries et les aires de surveillance et détude, nécessitent une protection étroite, avec peu ou pas dintervention humaine, afin dassurer leur survie dans des conditions optimales. Ailleurs, les AMP devraient avoir plusieurs objectifs et se doter déquipements pour le tourisme et pour lutilisation durable des poissons et autres ressources dont dépendent les communautés locales. Malheureusement, certaines AMP continuent à autoriser des pratiques destructrices dexploitation des récifs et de leurs écosystèmes : il faut y mettre un terme. La Commission mondiale des aires protégées de lUICN (CMAP), qui est un des partenaires les plus solides du PNUE-WCMC, est en train détudier ces problèmes et dautres liés à la désignation et à la création dAMP. Au niveau national, le Programme marin de la CMAP partage directement ses connaissances avec des professionnels, et leur donne les outils et linformation nécessaires à la gestion des AMP. Au niveau régional, il est en train de renforcer ses réseaux et daméliorer ses communications. Au niveau mondial, il influence des programmes comme celui du Patrimoine mondial, afin de sensibiliser davantage lopinion à limportance des AMP, tant pour leur conservation que pour leur utilisation durable par les communautés qui en sont tributaires. Tout comme le Patrimoine mondial, les problèmes marins et côtiers sont un thème transversal du cinquième Congrès mondial sur les parcs, qui souligne leur importance dans tous les aspects de lutilisation et de la gestion des aires protégées.
Le Réseau international daction en faveur des récifs coralliens (ICRAN) a été créé en 1999 afin de développer un portefeuille de projets à caractère pratique et de campagnes nationales dans le cadre de lICRI, fondé sur laction directe au niveau de la gestion des récifs, de lévaluation environnementale et de la sensibilisation. Le partenariat ICRAN a vu le jour lors du Sommet de Johannesburg. Il réunit le PNUE, plusieurs organisations internationales non gouvernementales et les Conventions sur les mers régionales qui couvrent les récifs coralliens. Ayant bénéficié dune subvention généreuse de la Fondation des Nations Unies, la première phase a déjà produit dexcellents résultats, mais des fonds supplémentaires sont nécessaires pour continuer sur cette lancée prometteuse. On peut déjà tirer certains enseignements. Les réseaux de parties prenantes de lICRI et les premiers projets de lICRAN sont couronnés de succès parce quune vaste gamme dorganisations :uvrent ensemble à des objectifs et buts communs. Pourtant, pour progresser durablement, cette collaboration devra bénéficier dun appui financier et dune aide internationale accrus. Il faut que nous partagions les responsabilités, en créant un cadre daction souple, diversifié et durable, faisant appel aux capacités et aux ressources de chaque partie prenante. La diversité des facteurs environnementaux et socio-économiques qui entourent le développement durable des récifs coralliens exige un effort sur le terrain diversifié mais concerté à bien des niveaux. Le PNUE-WCMC est en train de mettre en place un centre dexcellence pour les récifs coralliens, associant des éléments de notre Programme marin et côtier dévaluation et dalerte rapide, lUnité de coordination de lICRAN et lUnité du PNUE pour les récifs coralliens. Le Secrétariat de lICRI, qui est accueilli par le Royaume-Uni et les Seychelles pour les deux ans à venir, se joindra bientôt à nous. Chacun de ces composants joue un rôle particulier dans la protection et la gestion des récifs coralliens mais leur impact global sur les questions scientifiques, environnementales et politiques sera bien plus important que la somme de leurs travaux individuels. Il faudra dautres centres et approches similaires pour continuer à faciliter laction liée aux récifs coralliens et au Plan de mise en application du Sommet de Johannesburg. Nous disposons aujourdhui dinformations de base relativement fiables nous savons où se trouvent les récifs, quels sont ceux qui sont protégés et dans quelle mesure ils le sont. Nous avons également une idée assez précise de limportance des récifs pour les communautés côtières locales, pour les Etats insulaires, pour les régions tropicales et pour le monde en général. Des partenariats ont été mis en place pour collaborer et partager connaissances, expériences et ressources humaines. Les priorités sont en place et le projet est prêt à démarrer.
Il est temps aujourdhui pour les gouvernements, le Fonds pour lenvironnement mondial, les fondations internationales, les philanthropes et autres parties intéressées de reconnaître ce qui a été accompli et de se joindre à nous. Il ny a pas de temps à perdre : nous devons accorder une priorité élevée aux récifs coralliens et fournir les ressources indispensables pour inverser la tendance
Mark Collins est Directeur du Centre mondial de surveillance de la conservation du PNUE. Photo : Edmund P. Green |
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