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Passons aux choses SERIEUSES |
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appelle à ce que des mesures soient immédiatement prises pour créer une stratégie davenir énergétique sans danger pour le climat |
| La consommation énergétique et le changement climatique sont inextricablement liés. Les choix faits aujourdhui dans les débats sur la politique énergétique à travers le monde auront un impact direct et à très long terme sur les émissions mondiales de gaz à effet de serre. On considère souvent que les objectifs de lénergie et ceux de la politique climatique ne sont pas compatibles. En réalité, il existe entre eux de nombreux points de convergence. En matière de fourniture et de sécurité énergétiques, nombreuses sont les politiques réalisables et avantageuses qui peuvent aussi réduire les émissions futures de gaz à effet de serre. Pourtant, la tâche nest pas facile : il faut que nous réduisions considérablement nos émissions émanant des combustibles fossiles et que nous commencions vraiment à développer les technologies et les énergies de substitution qui nous permettront datteindre des réductions réelles et constantes des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
Nous sommes confrontés à un problème bien réel. Le climat de la Terre est en train de subir des changements importants potentiellement dangereux, et les activités humaines sont largement responsables de cette situation. La communauté scientifique saccorde désormais à penser que les émissions de gaz à effet de serre sont en train de saccumuler dans notre atmosphère, provoquant une hausse des températures ambiantes de surface et le réchauffement des océans. Si cette tendance se poursuit, la Terre continuera à se réchauffer durant le 21e siècle : on table actuellement sur une augmentation mondiale de 1,4ºC (2,5ºF) à 5,8ºC (10,4ºF) dici à 2100. Par ailleurs, une hausse du niveau des mers et une modification de la pluviométrie augmentation de la fréquence des inondations et des sécheresses notamment sont également attendues. Pour éviter les conséquences les plus graves, il nous faudra modifier radicalement nos sources dénergie et nos infrastructures dici le milieu du siècle. Comment alimenterons-nous notre économie ? Comment les pays en développement et les pays industrialisés parviendront-ils à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre tout en atteignant leurs objectifs de croissance ? Et au quotidien, comment nous rendrons-nous sur notre lieu de travail ? Dans quel genre de bâtiments travaillerons-nous ? Quel type de voitures et de camions conduirons-nous ?
Les grandes sociétés américaines, et notamment certains membres du Business Environmental Leadership Council (BELC) du Pew Center, sont de plus en plus nombreuses à constater quil est dans leur intérêt commercial de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et de participer à lélaboration dun avenir sans danger pour le climat. Les 38 membres du BELC comptent près de 2,5 millions demployés et totalisent des revenus de 855 milliards de dollars. Ils ont adopté diverses stratégies pour réduire leurs émissions. Alcoa, société présente dans plus de 40 pays, par exemple, est en train de mettre au point une nouvelle technologie de fusion de laluminium, qui pourrait lui permettre de diminuer de moitié ses taux démission de 1990 au cours des neuf prochaines années. Pourtant, ces efforts sont loin dêtre suffisants. Il nous faut associer une vision à long terme dun avenir sans danger pour le climat aux stratégies à court terme qui nous permettront de réaliser cette vision. En dernière analyse, nous devrons réduire de manière drastique nos émissions de CO2 et dautres gaz à effet de serre, pour nous protéger, et protéger léconomie mondiale et lenvironnement. Il faut que nous transformions fondamentalement notre façon dalimenter léconomie mondiale et abandonner les antiques combustibles fossiles au profit de sources dénergie plus efficaces et renouvelables. Il faudra que la société fasse des efforts concertés, à court et long termes, pour chercher des opportunités et concevoir des mesures permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Il faut en particulier que nous trouvions moyen de répondre à la demande croissante en matière délectricité. Aucune solution simple ne se profile à lhorizon. Lavenir pourrait senvisager ainsi : utilisation accrue du gaz naturel (à condition daugmenter loffre et de créer les infrastructures nécessaires) ; augmentation progressive de la part des énergies renouvelables (les progrès réalisés en matière dénergie éolienne sont assez encourageants) ; accent sur la production distribuée et sur la production combinée de chaleur et délectricité ; maintien (au moins) de la part actuelle du nucléaire ; et enfin, utilisation du charbon, si nous parvenons à maîtriser la capture et la séquestre du carbone et à le viabiliser économiquement.
Plus de 100 pays sétant désormais engagés vis-à-vis du Protocole de Kyoto, cet accord crucial entrera peut-être bientôt en vigueur. Si cest le cas, les marchés comprendront que les émissions de gaz à effet de serre coûtent cher, et cela constituera une déclaration de volonté multilatérale de relever un défi fondamentalement mondial. Ce ne sera cependant quun premier pas. En labsence des Etats-Unis, le Protocole ne couvrira que 40 % des émissions mondiales, et ce uniquement pour les dix prochaines années. Que le Protocole entre ou nentre pas en vigueur, le défi restera le même : faire participer les principaux pollueurs mondiaux à des initiatives à plus long terme qui mobilisent avec équité et efficacité les ressources et technologies nécessaires pour protéger le climat mondial. En toute probabilité, laccord efficace indispensable incluant non seulement les Etats-Unis mais aussi les pays en développement ne sera pas Kyoto. Et cela prendra du temps. Pour le moment, le défi le plus urgent est celui des Etats-Unis. Plus les dirigeants américains attendront pour aborder sérieusement le problème du climat, plus le climat mondial et limage de ce pays dans le monde en souffriront. Au bout du compte, ce nest quen réduisant considérablement nos émissions issues des combustibles fossiles que nous aborderons le problème du climat. Pour être efficaces, il faut que nous commencions à relever dès maintenant ce défi. Eileen Claussen est Présidente du Pew Center on Global Climate Change. |
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