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Au moment où des partenaires se retrouvent à Milan pour une nouvelle étape des négociations sur le changement climatique, certains sinterrogeront sur lintérêt de cette rencontre, puisque le Protocole de Kyoto l instrument international de lutte contre le réchauffement mondial nest pas encore entré en vigueur. Ils diront quil est impossible dobtenir des résultats concrets tant que 55 pays représentant 55 % des émissions industrielles ne lauront pas ratifié. Ces sceptiques devraient sortir de leur cocon de morosité et prendre conscience des initiatives qui florissent autour deux. En Italie pays qui accueille cette 9e session de la Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique par exemple, les producteurs dénergie sont obligés, depuis 1999, dintégrer une quantité fixe dénergie renouvelable dans le réseau de distribution national. Un plan national visant à augmenter la production dénergie éolienne et de la biomasse a été mis en place : il a déjà permis de créer une capacité éolienne de 800 MW, et une capacité de la biomasse de 10 MW à Maratta Bassa en Ombrie. De nouvelles lois, des incitations économiques et laccord accéléré des projets dans le cadre dinitiatives nationales ou issues de lUnion européenne ont permis daméliorer les perspectives dune énergie moins polluante. Les fournisseurs dénergie et les banques participent activement à cet effort, montrant une fois de plus que la protection de la planète est une entreprise rentable et créatrice demplois. Lannée prochaine, lAllemagne accueillera la Conférence internationale sur les énergies durables. En octobre dernier, le Gouvernement britannique a lancé son partenariat pour les énergies renouvelables et lefficacité énergétique (REEEP) et en novembre, lItalie a lancé le Partenariat méditerranéen pour lénergie renouvelable à loccasion de la Conférences des parties à la Convention de Barcelone. Ce sont des idées qui étaient nées lors du Sommet mondial sur le développement durable de lannée dernière, et qui sinspirent des recommandations du Groupe de travail du G8 sur les énergies renouvelables. REEEP fournit déjà avec succès lénergie solaire à des communautés isolées dInde, du Brésil et du Sri Lanka, en partenariat avec des sociétés comme BP Solar et Shell Renewables. REEEP est le projet le plus récent, mais ce nest ni le premier ni le dernier. Lannée passée, le Réseau mondial relatif à lénergie pour le développement durable avec le concours de centres spécialisés dInde, dArgentine, du Sénégal, du Kenya et dautres pays a été lancé à Johannesburg. Le PNUE et la Fondation des Nations Unies dont lorganisation s:ur Better World Fund (le Fonds pour un monde meilleur) a généreusement parrainé ce numéro de Notre Planète ont développé le programme REED (Développement des entreprises rurales de fourniture dénergie). Celui-ci a débouché sur trois nouvelles initiatives : AREED en Afrique, CREED en Chine et B-REED qui cible les régions de Bahia et dAlagoas dans le Nord-Est du Brésil. Parmi les autres parties prenantes, citons le Fonds pour les partenariats internationaux, E+Co, le Fonds Blue Moon, The Nature Conservancy et le centre danois Riso, partenaire du PNUE. Le programme a pour mission de créer des réseaux de sociétés et entreprises :uvrant en faveur des énergies non polluantes dans les pays en développement. AREED, par exemple, a investi dans 15 entreprises soutenant des projets tels que la fabrication de cuisinières à combustion efficace, de chauffe-eau solaires et déoliennes de pompage, et lamélioration de la distribution du gaz de pétrole liquéfié. Laccès à lénergie est essentiel pour atteindre les Objectifs de développement du millénaire et réaliser le Plan de mise en application du Sommet de Johannesburg, et si lon veut que la proportion dêtres humains vivant dans la pauvreté diminue de moitié dici à 2015. Quelque 3 milliards de personnes sont tributaires des déjections animales, du charbon, du charbon de bois et du kérosène pour cuisiner et se chauffer. Linefficacité de ces énergies contribue à la pollution ambiante intérieure et locale, à laquelle on peut attribuer jusquà 5 % des maladies mondiales. Le Fonds pour lenvironnement mondial parraine une étude du potentiel solaire et éolien des pays en développement. Et lInitiative de financement de lénergie durable (SEFI), lancée il y a quelques semaines à peine à loccasion de la réunion de lInitiative de financement du PNUE à Tokyo au Japon, sinscrit au nombre des tentatives faites pour renverser les barrières financières freinant ladoption rapide et généralisée des systèmes énergétiques non polluants. Ce ne sont que quelques-uns des projets, partenariats et initiatives déployés dans ce domaine. Dautres sont en cours aux Etats-Unis, au Japon et ailleurs. Ils ne seront pas tous couronnés de succès. Il est possible que certains végètent et disparaissent. Mais il faut beaucoup de fleurs pour faire un beau bouquet et elles sont actuellement si nombreuses à souvrir que la promesse dun avenir moins axé sur le carbone apparaît beaucoup plus réelle.
A Milan, nous devons arroser ce jardin de façon à ce que les initiatives que soutiennent si activement tant de pays, de sociétés et de communautés soient déjà bien implantées lorsque le Protocole de Kyoto entrera finalement en vigueur.
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