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BIOENERGIE : bien faire et faire bien |
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décrivent le fort potentiel que représente la bioénergie en matière de sécurité énergétique et de protection environnementale |
| Les barrières commerciales agricoles restent un des obstacles les plus importants et les plus persistants à un système déchange mondial équitable et vraiment ouvert. Malgré les déclarations bien intentionnées sur les avantages du libre-échange, les pays occidentaux ont bien du mal à abandonner les 300 milliards de dollars de subventions annuelles qui font depuis longtemps pencher la balance en leur faveur. Ces subventions favorisent linefficacité commerciale et empêchent certaines nations parmi les plus pauvres de la Terre dêtre concurrentielles, même sur leurs propres marchés.
Ces politiques sont bien entendu inefficaces et contraires à nos déclarations en faveur dun commerce libre et équitable, mais elles constituent aussi un cruel obstacle au progrès pour les agriculteurs dautres pays qui sefforcent tant bien que mal de gagner leur vie. Les vaches laitières européennes et japonaises reçoivent plus de subventions gouvernementales quotidiennes que les montants que les pauvres du monde rural peuvent espérer gagner dans le monde en développement. Les progrès techniques réalisés en matière de bioénergie la transformation des déchets agricoles et autres matériaux organiques en combustibles et produits divers permettraient de sortir de cette impasse apparemment insoluble. Et il est probable quils auraient des retombées surprenantes dans dautres domaines croissance économique dans le monde en développement, réduction des émissions de gaz à effet de serre et atténuation de la dangereuse dépendance mondiale vis-à-vis du pétrole. La bioénergie qui consiste à cultiver le combustible dont on a besoin est loccasion de bien faire tout en faisant bien les choses. Depuis plusieurs décennies, les Etats-Unis ont favorisé le développement de léthanol parce que celui-ci offre de multiples avantages nationaux il est bénéfique aux agriculteurs, à lenvironnement et à la sécurité énergétique de la nation. Mais ce nest quune infime partie des avantages liés à la bioénergie. Léthanol est généralement produit à partir de maïs, dont on utilise uniquement lamidon de lépi. Les nouvelles technologies, elles, sont susceptibles de permettre lutilisation très rentable de toute une variété de produits et déchets agricoles comme les tiges de maïs et la paille de blé pour produire de léthanol et dautres produits, chimiques ou plastiques, actuellement dérivés des combustibles fossiles. Ces technologies permettraient aux agriculteurs dune part de vendre leurs récoltes de blé ou de maïs, et dautre part de transformer les déchets en combustible pour le secteur des transports. Le potentiel de la bioénergie est énorme, au plan économique comme au plan environnemental. A lheure actuelle, léthanol représente moins de 2 % de la consommation américaine de gaz. Les nouvelles technologies de bioénergie pourraient augmenter considérablement cette part et produire jusquà 150 milliards de litres de carburant soit un quart de notre consommation actuelle dessence. La bioénergie permettra également de freiner le réchauffement mondial parce que le dioxyde de carbone émis durant la production et lutilisation est absorbé durant la croissance des plantes. Les émissions nettes de gaz à effet de serre sont pratiquement nulles. Par ailleurs, la bioénergie pourrait dynamiser le développement économique à travers le monde. Les technologies de pointe à léthanol procureront aux pays pauvres une nouvelle manière de répondre à leurs besoins en matière de transport, condition sine qua non de la croissance et du progrès économiques. sils disposent dune technologie adaptée et dune formation de base, ces pays pourront cultiver leurs propres combustibles, et consacrer alors leurs faibles recettes en devises à des investissements nationaux aussi productifs quindispensables en investissant notamment dans la santé, dans léducation et dans le secteur social au lieu de payer leurs importations de pétrole. Il est peu probable que lOccident abandonne ses subventions agricoles, mais il pourrait les consacrer à des activités plus productives et moins destructrices. En subventionnant la production de bioénergie plutôt que les cultures alimentaires, les Etats-Unis et dautres pays pourraient soutenir les revenus agricoles, réduire leur dépendance vis-à-vis du pétrole et faire des progrès environnementaux, sur le plan intérieur comme à létranger. Avec le coût sans précédent de lessence dans bien des régions, le changement climatique qui menace la stabilité de lécosystème mondial et les dangers toujours plus évidents que représente la pauvreté mondiale persistante, les nations développés feraient bien douvrir la voie à un développement mondial rapide de biocombustibles abondants et non polluants. Timothy E. Wirth est Président de la Fondation des Nations Unies ; C. Boyden Gray, associé de Wilmer, Cutler & Pickering, était Conseiller de lancien Président George H.W. Bush ; et John D. Podesta, Président du Center for American Progress, était le Major général de lancien Président Bill Clinton. |
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