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| Hans Jonas, le grand philosophe père du Principe de responsabilité, fit remarquer ceci : « Aujourdhui, lhumanité pose une menace plus grave pour la mer que la mer nen a jamais posé à lhumanité. »
Ce numéro de Notre Planète marque les fêtes de la Journée mondiale de lenvironnement. Le thème de celle-ci, « Avis de recherche ! Mers et océans morts ou vivants ? » traduit les observations et les préoccupations de Hans Jonas. Surpêche, déversement deaux usées non traitées, déboisement et destruction dhabitats précieux comme les récifs coralliens et les mangroves : lenvironnement marin mondial est plus menacé que jamais. Le PNUE et les autres organisations des Nations Unies ne se contentent pas dassister au massacre et de le rapporter. Les Objectifs de développement pour le millénaire et le Plan dapplication du Sommet mondial sur le développement durable (SMDD) nous donnent des objectifs et des délais précis pour aborder toute une gamme de questions urgentes dont certaines concernent les océans et les mers. Conformément à ce plan, nous avons jusquà 2015 pour rétablir des niveaux acceptables de réserves halieutiques partout où cela est possible. Le Plan demande également à ce que soit créé un réseau mondial de zones marines protégées. Des mesures ont déjà été prises dans ce domaine, quil sagisse des propositions visant à étendre considérablement la protection de la Grande barrière de corail australienne ou de la décision de six pays dAfrique de lOuest le Cap Vert, la Gambie, la Guinée, la Guinée Bissau, la Mauritanie et le Sénégal de mettre en place un réseau de zones marines protégées pour réduire la surpêche et les menaces éventuelles posées par lexploration pétrolière. Une des principales cibles fixées par le SMDD concernait la réduction de moitié dici 2015 du nombre de personnes nayant pas accès à un assainissement rudimentaire. Cela permettra datténuer les maladies et la misère tout en réduisant aussi les niveaux de prolifération algale toxique des océans, qui menacent la santé humaine et la faune et créent des « zones mortes » à faible teneur en oxygène. En réduisant la pollution des effluents, on réduit également celle qui peut décimer les précieux habitats marins comme les récifs coralliens. Nourriceries de poissons, ils constituent aussi une excellente source de revenus touristiques pour des communautés côtières souvent pauvres. Latteinte de la cible dassainissement du SMDD devrait produire dautres avantages pour le milieu marin. Dans certains cas, le traitement moderne des eaux usées est approprié. Mais les systèmes naturels dont certains, comme les mangroves, sont côtiers et marins peuvent fournir une alternative bon marché. Nombre de mangroves sont déboisées au profit de lagriculture et dautres utilisations. En mettant laccent sur leur capacité de filtration des eaux usées et de la pollution, on peut préserver des habitats précieux pour les poissons frayants et pour les oiseaux. Au sein des mers, il existe des milieux encore plus vulnérables aux activités humaines. Dans les petits Etats insulaires en développement, les ressources en eau, lagriculture, la faune terrestre et marine et des cultures uniques sont menacées par la surpêche, la pollution et une mise en valeur anarchique. Pourtant, la plus grande menace qui pèse sur eux est sans doute celle du changement climatique. Les solutions aux difficultés quils rencontrent seront au centre de la réunion Barbade + 10 prévue à lîle Maurice fin 2004. Ces initiatives ninterviennent pas dans un contexte disolement. La Convention des Nations Unies sur le Droit de la mer et ses accords dapplication sont entrés en vigueur parallèlement à de nombreux accords de pêche régionaux. Le Programme du PNUE relatif aux mers régionales couvre désormais 13 régions, dont la dernière en date concerne le Pacifique Nord-Est. Il existe également trois accords maritimes régionaux indépendants du PNUE, notamment lOSPAR, la Convention des Commissions dOslo et de Paris. Le PNUE, grâce au financement du Fonds pour lenvironnement mondial, dirige également lEvaluation mondiale des eaux internationales, ou GIWA, dune durée de quatre ans. Il sagit en quelque sorte de léquivalent eau douce et mers du Groupe intergouvernemental dexperts pour létude du changement climatique (GIEC). La GIWA étudie 66 étendues deau internationales afin de fournir à la communauté internationale des informations cruciales sur les problèmes actuels. Il est intéressant de noter que suite à des pressions socioéconomiques et environnementales, la GIWA élaborera également des scénarios des conditions futures de ces eaux, qui permettront à la communauté internationale détablir un ordre de priorités. Je suis heureux de constater que la GIWA est en bonne voie et que les études de plusieurs régions importantes, comme le Bassin amazonien, les îles de locéan Indien et la mer Caspienne sont déjà terminées. Le Programme daction mondial du PNUE pour la protection du milieu marin contre la pollution due aux activités terrestres a également été largement soutenu par le SMDD.
Dici 2006, une quarantaine de pays, la plupart en développement, devraient disposer de programmes daction nationaux visant à réduire les niveaux de pollution terrestre et fluviale déversée dans la mer
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Feedback Photo : UNEP |
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