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Don McKinnon décrit comment le Commonwealth et les PEID se stimulent mutuellement |
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Plus de la moitié des membres du Commonwealth 27 pays sur 53 sont de petits Etats insulaires en développement (PEID). Ils font partie intégrante de notre identité et ont un rôle important à jouer. Ils contribuent à léquilibre interne de lorganisation et à son envergure mondiale et ils permettent au Commonwealth daccomplir sa mission dintermédiaire entre les nations, petites et grandes, riches et pauvres, puissantes et vulnérables.
Le Commonwealth a été la première organisation à reconnaître les défis uniques auxquels sont confrontés les petits Etats et en particulier les îles et à sensibiliser lopinion internationale à leur sujet. La vulnérabilité des PEID découle dun certain nombre de facteurs comme leur taille, leur éloignement et leur isolation, leur susceptibilité aux catastrophes naturelles, leur diversification limitée, leur manque daccès aux capitaux extérieurs, leur pauvreté la liste est loin dêtre terminée. Ces facteurs sont inhérents à leur situation et ne disparaîtront pas. Mais avec notre aide, les PEID peuvent se renforcer et leurs communautés devenir plus aisées, mieux éduquées et mieux soignées. Le Programme daction de la Barbade de 1994 présente une stratégie détaillée pour aider les PEID à aborder certains de ces problèmes. Des progrès ont certes été faits mais il reste encore beaucoup à accomplir. La Réunion internationale sur le Programme daction de la Barbade, organisée à lîle Maurice, est loccasion de faire le bilan des initiatives et mesures prises depuis dix ans, et de définir comment progresser encore. Des progrès particuliers ont été faits, par exemple, dans les domaines de lélaboration des cadres politiques et des négociations daccords multilatéraux. Mais il faut continuer à intégrer les politiques et à sensibiliser lopinion au Plan daction de la Barbade en tant que modèle de développement durable pour les PEID. Parmi les nouvelles questions à lordre du jour, la sécurité apparaît comme la plus importante sécurité alimentaire et de leau, et difficultés rencontrées par les Etats pauvres et archipélagiques pour respecter la Résolution 1373 du Conseil de sécurité des Nations Unies, adoptée suite aux attentats du 11 septembre 2001. Le Commonwealth a participé activement aux réunions préparatoires de la Réunion de lîle Maurice, apportant son aide aux pays membres en vue du bilan. Par lintermédiaire du Fonds du Commonwealth pour la coopération technique (FCCT), nous avons facilité la préparation des études de cas sur lapplication du Plan daction dans la région Pacifique, et aidé les pays membres à remplir les rapports nationaux dévaluation avant les réunions préparatoires régionales. Les consultations du Commonwealth pour la Réunion de lîle Maurice ont également été facilitées par certains forums comme la Réunion du groupe ministériel du Commonwealth sur les petits Etats à Abuja, au Nigeria en décembre 2003. Lorsque les dirigeants du Commonwealth se sont réunis à Abuja immédiatement après, ils ont apporté leur soutien complet au Programme daction de la Barbade. Ils ont souligné le fardeau que le terrorisme et ses conséquences avaient placé sur les petits Etats. Ils ont fait remarquer que « le réchauffement mondial et le changement climatique menaçaient la survie des petits Etats insulaires et dautres zones de basse altitude » et ont confirmé que le Commonwealth apporterait son assistance technique pour aborder ces problèmes.
En réponse aux questions soulevées lors des réunions préparatoires, le Secrétariat du Commonwealth, en étroite collaboration avec lUniversité de Malte, a réuni un groupe dexperts en mars 2004 pour proposer des mesures permettant aux petits Etats de renforcer leur capacité à gérer leur vulnérabilité économique inhérente. La déclaration quils ont rédigée a été soumise au Secrétaire général des Nations Unies pour être distribuée comme document officiel lors de la Réunion de lîle Maurice. Nous avons également participé au renforcement des objectifs du Programme daction de la Barbade dans bien dautres domaines. Nous sommes conscients du fait que lorsque des décisions sont prises au niveau mondial, les petits Etats et les petits Etats insulaires restent souvent sur la touche. Ils ont du mal à défendre leurs intérêts face à linfluence prépondérante des grands pays. Une grande partie des travaux du Commonwealth visent à essayer de redresser la balance en leur faveur, en leur donnant les outils nécessaires pour se faire entendre et traiter dans un contexte équitable. Lorsque le gouvernement dun petit Etat insulaire commence à négocier lexploitation de ses ressources naturelles avec une grande multinationale, il est généralement perdant. Le rôle du Commonwealth est de fournir les experts susceptibles daffermir la main du gouvernement et de veiller à ce que le pays ne soit pas lésé. De même, dans le cas dun différend concernant les limites maritimes entre un pays de la taille de la Dominique et un pays de la taille de la France, on imagine bien dans quel sens peut pencher la balance. En loccurrence, le Commonwealth a pu fournir la compétence et lexpertise empêchant la Dominique de se trouver enfermée dans la mer. Il en va de même pour le commerce : lobjectif du Commonwealth est de veiller à ce que les pays les moins puissants ne restent pas sur la touche. Comment nier quil y ait un déséquilibre lorsque la production dun sac de riz coûte deux fois plus cher à un agriculteur américain quà un agriculteur guyanais, par exemple, et que lAméricain réussit pourtant à vendre son riz moins cher ? Comment peut-on espérer que les PEID se sortent de la pauvreté grâce au commerce lorsque les grandes économies Etats-Unis, Union européenne et Japon vendent leur production à perte ? Et comment les PEID peuvent-ils être compétitifs au niveau mondial lorsquils nont pas accès aux marchés du monde industrialisé ? Cela fait longtemps que nous demandons aux pays développés de supprimer leurs subventions agricoles. Nous conseillons nos petits pays membres en développement afin quils soient bien armés lors des négociations commerciales avec les grands pays. Nous avons aidé nos petits Etats et petits Etats insulaires à élaborer le programme de travail de lOrganisation mondiale du commerce concernant les petites économies, mandaté par la Déclaration de Doha. De plus, le Commonwealth a récemment reçu 17 millions deuros de la Commission européenne pour renforcer la capacité commerciale des pays dAfrique, des Caraïbes et du Pacifique, et veiller à ce queux aussi puissent profiter des avantages du commerce mondial. Léchec des négociations de Cancún lannée dernière inquiète tout le monde et notamment les petits Etats. Il est tout à fait possible que le projet de système commercial multilatéral fondé sur des règlements tombe à leau. Lors de la réunion dAbuja, les dirigeants du Commonwealth ont montré leur détermination à faciliter la poursuite des négociations commerciales, et ils ont convenu de créer une Mission commerciale ministérielle du Commonwealth. En février dernier, le groupe ministériel, dont faisaient partie les ministres du Commerce de la Barbade et de Fidji, sest rendu dans les principales capitales pour rencontrer dimportants acteurs commerciaux et essayer de trouver un consensus sur la voie à suivre. En tant quorganisation réunissant des pays de toutes tailles, enfermés dans les terres ou dans les mers, et à tous les stades de développement économique, le Commonwealth est particulièrement bien placé pour faire une différence dans la vie des populations. Les PEID ont beaucoup à gagner de leur appartenance au Commonwealth. Quelle autre organisation permet à ses dirigeants de sasseoir à la même table que les dirigeants des pays du G8, de leur parler dégal à égal et de discuter avec eux de problèmes communs ?
Ses petits Etats insulaires membres sont une force et une richesse pour le Commonwealth et ils font partie intégrante de sa diversité. Ils étendent son influence et lui permettent de jouer un rôle crucial et consensuel. Le partenariat entre les petits Etats insulaires et le Commonwealth est au c:ur même de lorganisation et il est crucial pour son avenir
Don McKinnon est le Secrétaire général du Commonwealth. Photo : Laurence Fabbro/UNEP/Topham |
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