PHOTOS: DAVID WOOLLCOMBE/PCI

 

our la plupart des Indiens, l’eau est sacrée. Nombre de nos rivières sont saintes, et la plus sainte de toutes est le Gange. Les Hindous croient qu’en se baignant dans le Gange, ils se lavent de leurs péchés. Et si leurs cendres sont éparpillées sur le fleuve après leur mort, le Gange les emporteratout droit au paradis.

De nombreux malades viennent aussi se baigner dans le Gange. Ils pensent que le dieu du fleuve les guérira. A Varanasi, une des sept villes sacrées hindoues d’Inde, plus d’un million de pèlerins viennent chaque année se baigner dans le Gange ou éparpiller le long du fleuve les cendres des êtres chers qu’ils ont perdus.

Selon la mythologie hindoue, le dieu de l’eau s’appelle Varuna : c’est un homme au teint pâle qui chevauche Makara, un monstrueux poisson à pattes et à tête d’antilope. Varuna et son épouse Varuni siègent sur des trônes incrustés de diamants. Leur cour est composée des dieux et déesses des divers fleuves, lacs et sources naturelles.

Tout ceci montre l’importance vitale de l’eau dans tous les aspects de la vie en Inde. Trop abondante, l’eau provoque la panique lorsque les inondations qui suivent la mousson annuelle du Bengale et du Bangladesh sont trop importantes. Trop rare, l’eau est un problème permanent pour tous ceux qui vivent dans les déserts du Rajasthan.

 

Quant à la plupart des Indiens, ils polluent de plus en plus leurs eaux sacrées. Dans les récentes statistiques concernant la propreté de l’eau, l’Inde arrive en 120e position sur 122 pays.

Aux quatre coins de l’Inde, nous nous servons de nos fleuves et de nos lacs pour déverser des effluents non traités et les déchets industriels. Ne serait-ce que dans le Gange, quelque 900 millions de litres d’effluents sont déversés quotidiennement. Les égouts ont transformé nos plus beaux lacs en une masse d’algues nauséabondes. Et même nos sources et nos puits sont parfois dégoûtants.

Les maladies d’origine hydrique provoquent chaque année des millions de décès en Inde. Près de la moitié des personnes hospitalisées souffrent de maladies liées à l’eau comme la typhoïde, le choléra, les hépatites et la dysenterie. Toutes ces maladies doivent coûter des sommes faramineuses à notre pays.

Parallèlement, nous utilisons tant d’eau que les pénuries créent de conflits. Dans le Sud, région très sèche, des conflits ont éclaté entre les Tamil et les Karnatak, peuples de nature pourtant paisible.

           
 
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