n a l’impression que les fleuves sont éternels. Ce n’est pas le cas. Même en ce qui concerne l’Amazone, le plus puissant de tous et qui transporte un cinquième du volume mondial fluvial se jetant dans la mer.

Il y a des centaines de millions d’années, L’Amazone coulait en direction de l’ouest et se jetait dans l’Océan Pacifique. Jusqu’au jour où les mouvements de l’écorce terrestre firent émerger les Andes qui lui barrèrent la route.

L’Amazone changea alors de cours. D’abord, il recula pour former un immense lac d’eau douce, puis il se fraya un passage vers l’est, pour se jeter dans l’Atlantique. Aujourd’hui encore, les poissons de l’Amazone rappellent plus ceux des fleuves du Pacifique que ceux de l’Atlantique.

 

Les ingénieurs de l’époque moderne ont essayé de réaliser la même prouesse. En 1900, pour mettre un terme aux épidémies de typhoïde et de choléra, des ingénieurs américains ont décidé d’inverser le cours du Chicago, qui transportait les eaux usées de la ville jusque dans le lac Michigan. Ils détournèrent le fleuve dans un canal situé au sud qui se jetait dans le Mississippi. Les eaux usées devaient effectuer 2 000 kilomètres avant d’atteindre le golfe du Mexique, mais cela permit de stopper les épidémies.

Le plus souvent, les ingénieurs se contentent de vider les fleuves – provoquant parfois de véritables catastrophes ! L’ancienne Union soviétique, par exemple, préleva la majeure partie des eaux de deux fleuves pour irriguer des champs de coton. Tant et si bien que la mer d’Aral, qui était la quatrième mer intérieure du monde de par sa superficie, est pratiquement à sec. Encore aujourd’hui, il reste des bateaux de pêche immobilisés dans des ports qui se trouvent désormais à 80 kilomètres de la mer !

 

Plusieurs autres fleuves importants n’atteignent plus la mer toute l’année à cause des quantités d’eau prélevées
par l’homme. C’est le cas du Nil en Egypte, de l’Indus au Pakistan, du Fleuve Jaune en Chine et du Colorado, qui n’est plus qu’un minuscule ruisseau à l’endroit où il traverse la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique.

Aujourd’hui, les ingénieurs cherchent à relier les fleuves pour qu’ils fonctionnent plus comme d’immenses réseaux d’adduction d’eau que comme des bassin fluviaux naturels. Première de la liste, la Chine est en train de détourner une partie du volume du Yang-Tsé-Kiang sur 1 000 kilomètres en direction du nord pour alimenter le Fleuve Jaune. Quant à l’Inde, elle souhaite relier plus de 30 cours d’eau pour pouvoir prélever de l’eau dans la région nord humide au profit du sud beaucoup plus aride.

PHOTO : Mbandanyi Viateur/PNUE/B

           
 
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