Les dégâts de l'environnement sont à l'origine des famines tristement célèbres qui ravagent l'Éthiopie. Autrefois, ses hautes terres étaient riches et fertiles. Mais depuis 1900, plus de 90 % de ses forêts ont été abattues et l'érosion emporte un milliard de tonnes de terre arable chaque année. Les récoltes sont en baisse, les sécheresses plus dévastatrices, et les famines plus fréquentes.

Il y a quinze mois, Fayo Hadji devint le symbole de la famine dévastatrice qui menaçait alors l'Ethiopie, son pays. Mais sa terrible situation permit d'éviter la catastrophe, en capturant l'attention des gouvernements, et elle dynamisa une campagne internationale lancée par des lycéens.

En novembre 2002, un journaliste de la BBC trouva Fayo, qui avait alors huit ans, assis sur un bidon rouillé dans le village de Dir Fakar, à 200 kilomètres au sud d'Addis-Abeba.

L'enfant dessinait dans la poussière avec une pierre. Il lui dit que le troupeau de ses parents était mort et que leurs cultures avaient séché sur pied. Il n'avait rien à manger et avait perdu tout espoir.

« Je sais que je vais mourir, et mes frères et sœurs aussi, parce que nous avons tous si faim », dit-il sans la moindre affectation. « Je préfère mourir que d'attendre de trouver à manger. Je préfère mourir. » Fayo faisait partie de plusieurs millions de personnes affamées. Le Gouvernement éthiopien avait calculé que 15 millions de personnes allaient mourir de faim. Les larmes aux yeux, le Premier ministre, Meles Zenawi, avait parlé d'une catastrophe « d'une ampleur inimaginable ».

Mais les paroles de Fayo firent le tour du monde et c'est ainsi que commença la plus importante opération d'aide jamais organisée. A des milliers de kilomètres de là, les lycéens qui apprenaient l'allemand au lycée Seckman à St Louis dans le Missouri, au cœur même du grenier à blé des Etats-Unis, se mobilisèrent. Choqués par l'absence de couverture médiatique de la famine et motivés par la situation désespérée de Fayo, ils organisèrent une manifestation silencieuse à la lumière de bougies, pour trouver des fonds et sensibiliser le public.

 

Les lycéens contactèrent le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM), qui les aida à médiatiser leur initiative. Inspiré par ces élèves - et par la réaction positive d'autres écoles et particuliers - le PAM lança l'Alerte à la faim en Afrique pour mobiliser les foules. Le jour du lancement coïncida avec la manifestation silencieuse du lycée Seckman. Alan Kirby, le professeur d'allemand déclare : « Notre modeste projet s'est transformé en une campagne internationale qui aidera des millions de victimes de l'immense problème de la faim en Afrique. »

Globalement, la communauté internationale apporta rapidement 2 millions de tonnes d'aide alimentaire en Ethiopie, et le pire put ainsi être évité.

Un an plus tard, le journaliste retourna à Dir Fakar. Fayo et sa famille étaient sains et saufs. « Je ne pensais jamais te revoir », lui dit l'enfant. « Dieu merci, le monde a été vraiment gentil et on nous a envoyé de quoi manger. C'est ce qui explique que ma famille et moi soyons encore en vie. »

Fayo n'avait pas pu fréquenter l'école durant la famine, mais depuis il y est retourné. Levant les yeux vers le ciel, il a déclaré : « Quand je quitterai l'école, je voudrais devenir pilote et piloter de grands avions. »

 
         
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