Etant donné que nous partageons les mêmes ressources naturelles limitées,
la coopération Nord-Sud en matière d'environnement et de développement est essentielle. Pourquoi a-t-il fallu attendre si longtemps pour que ce concept fasse son chemin dans les grandes conférences internationales ?

C'est une question d'époque. Aujourd'hui, nous vivons dans un monde différent où chacun voit clairement les inégalités toujours plus criantes entre les riches et les pauvres, le pillage de nos ressources naturelles, l'impact du changement climatique, la croissance démographique et la pauvreté abjecte. Les différences idéologiques ne nous permettent plus d'ignorer ces problèmes.

Compte-tenu des différences de langue, de culture et de ressources, comment les jeunes du Nord et du Sud peuvent-ils commencer à agir pour atteindre des objectifs communs ?

Les jeunes d'aujourd'hui deviennent des citoyens du monde car ils sont capables de parler et d'apprendre des langues étrangères, et d'apprécier et d'adopter leur diversité culturelle mutuelle. Lorsque les jeunes du Nord et du Sud travaillent ensemble, ils ouvrent de nouvelles perspectives et peuvent, grâce à des programmes d'échange et d'autres formes de solidarité, accéder à des opportunités d'éducation, de formation et de développement des compétences.

On a parfois l'impression que de nombreux projets Nord-Sud s'enlisent dans les conflits personnels, les problèmes de communication et les difficultés logistiques et financières. Quels sont les éléments indispensables pour fonder et maintenir des partenariats à succès ?

Il n'existe pas de recette miracle, mais on peut dire que lorsqu'un partenariat a pour objectif de départ d'améliorer les conditions locales, les conflits et les problèmes de compréhension peuvent être évités. Si l'objectif est d'améliorer l'accès à l'eau, à l'alimentation, à l'assainissement, au logement ou à l'éducation, il faut que le partenariat s'assure d'un plan d'action précis, de dirigeants résolus, de délais de réalisation, d'une source de financement et - c'est là le plus important - de la participation active des principaux intéressés. Pour bâtir un partenariat durable, il faut que tous les participants s'écoutent et comprennent leurs besoins et leurs différences réciproques. Ils doivent aussi essayer de faire en sorte que leur action ne soit pas freinée par les procédures bureaucratiques.

Les partenariats Nord-Sud ne sont-ils pas souvent de nouvelles formes d'impérialisme ?

Lorsque la coopération est vécue comme une obligation, qu'un pays impose ses opinions et perspectives à un autre, ou que seule une des parties concernées y trouve son intérêt, il y a certainement un problème. Les partenariats acceptables sont ceux qui cherchent à améliorer les systèmes de santé, l'éducation, l'agriculture et le transfert de technologies et d'informations de pointe, et qui favorisent la prospérité et le développement économique.

Comment les organisations des Nations Unies encouragent-elles les partenariats équitables entre les Etats membres du Nord et du Sud ?
Les Nations Unies sont la principale organisation mondiale chargée de promouvoir et de mettre en œuvre la coopération internationale entre les pays du Nord et du Sud. Ses organismes et programmes donnent l'occasion à ces pays de se rencontrer pour discuter, débattre et aborder les questions cruciales comme la protection de l'environnement, la santé, l'éducation, l'aide internationale, les échanges commerciaux et la dette, les droits humains et la sécurité, l'autonomisation des femmes, et la paix. En l'an 2000, réunis à l'occasion du Sommet du millénaire, les dirigeants du monde se sont engagés à diminuer de moitié l'extrême pauvreté d'ici à 2015 et à réaliser le développement pour tous grâce à des partenariats entre pays développés et pays en développement.
On entend souvent dire que la mondialisation est contraire aux intérêts des pays pauvres. Comment peut-on faire pour que ses avantages se fassent sentir de manière universelle ?
En principe, l'intégration et l'interdépendance croissantes des économies et des sociétés du monde peuvent être un bon signe de développement et de partenariat. Mais si les pays pauvres sont uniquement considérés comme une source de matières premières et comme des marchés potentiels pour les produits d'exportation, on aboutit au genre de partenariats négatifs qui ont, par le passé, augmenté les inégalités et provoqué une dégradation environnementale sans précédent. Il faut que les pays prospères partagent leurs richesses et leurs connaissances avec les pays pauvres, et qu'ils offrent à ces derniers de meilleures opportunités. C'est de cette manière qu'ils les aideront à se libérer du joug de la pauvreté et que nous emprunterons alors tous le chemin de la croissance et du développement durable.

Si tu as des questions sur l'environnement et le développement, tu peux les poser aux spécialistes du PNUE en envoyant un e-mail à cpiinfo@unep.org. Nous essayerons de te répondre dans les prochains numéros.

 
           
 
<< Dernier : « Eco-Minds » Prochain : L'effet de serre >>
 
             
 

Liens relatifs :
Version PDF

 
             

  Notre moment... Notre temps '« La meilleure chose que nous puissions faire » L'énergie d’entreprendre Une énergie « rapide » Echange d'idées « Eco-Minds »
TUNZA répond à vos questions L'effet de serre Un développement durable... ensemble Une athlète en or Un sourire comme salaire Coopération Nord-Sud
  Equitablement vôtres Le pouvoir du Réseau Nécessité fait loi Les graines de l'espoir La santé, ça se cultive ! Sept merveilles
Le monde de demain   Au sujet de Tunza Tunza English version Versión española