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amais encore la coopération Nord-Sud, entre les pays développés et ceux en développement, n'avait été à ce point au centre des préoccupations des dirigeants du monde. C'est le résultat d'un remarquable élan populaire, dans lequel les jeunes ont joué un rôle vital.

La réunion de Gleneagles, en Ecosse, à la fin de la première semaine de juillet, a été le point d'orgue de cette nouvelle dynamique. Pour la première fois de toute l'histoire du G8, les chefs d'Etat et de gouvernement des pays les plus riches du monde ont consacré leur sommet annuel aux problèmes du réchauffement mondial et de la pauvreté en Afrique. Autre première, ils avaient invité les dirigeants de plusieurs grands pays en développement à participer à leurs délibérations.

Ils se sont réunis alors que venait de se terminer le plus grand festival international de rock du monde. Le samedi précédent, dix concerts Live 8 avaient été organisés dans des lieux aussi divers que Hyde Park à Londres, la Place Rouge à Moscou, le Cirque Maxime de Rome ou le Musée d'Art de Philadelphie, et Tokyo, Paris, Berlin et Johannesburg s'étaient joints à la fête. Ils avaient demandé le changement à grand renfort de décibels.

Organisés par les stars du rock Bono et Bob Geldof, les concerts Live 8 ont réuni des artistes légendaires comme Paul McCartney, Sting, Stevie Wonder, Elton John, Stevie et Angelique Kidjo. Ensemble, des personnalités peu susceptibles de se rencontrer habituellement, comme Madonna et Nelson Mandela, Bill Gates et Snoop Dogg, ont demandé à ce que soient enfin prises des mesures pour atténuer la pauvreté en Afrique.

S'adressant aux centaines de millions de spectateurs du monde entier, Kofi Annan, le Secrétaire général des Nations Unies, s'est exclamé : « Ça, c'est vraiment les Nations Unies… le monde entier s'est réuni par solidarité avec les pauvres. » Et Bill Gates, un des hommes les plus riches du monde, a ajouté : « Nous pouvons le faire, et quand nous le ferons, ce sera la meilleure chose que l'humanité aura faite. »


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Quelques jours plus tard, les organisateurs ont présenté au sommet de Gleneagles une pétition signée par 38 millions de gens. Face à cette pression - et leur hôte, le Premier ministre britannique Tony Blair, ayant insisté pour qu'ils se concentrent sur ces questions - les dirigeants du G8 ont accompli des progrès sans précédent, même s'ils ne répondaient pas totalement aux attentes des militants.

Le G8 a convenu d'augmenter de 50 milliards de dollars son aide aux pays en développement d'ici à 2010, d'effacer toutes les dettes de 18 pays - chiffre qui pourrait passer à 35 si d'autres pays acceptent les conditions fixées - et d'éliminer les subventions à l'exportation qui affaiblissent souvent les économies des pays du Sud. Ces mesures ne sont pas suffisantes : 60 pays ont besoin qu'on efface leur dette, les Nations Unies disent que l'aide devrait être deux fois plus importante et intervenir plus tôt, et aucune date n'a été fixée pour la suppression des subventions.

Reste que les dirigeants des nations les plus riches du monde n'avaient encore jamais pris de décisions d'une telle ampleur.

En ce qui concerne le changement climatique, les progrès ont été beaucoup plus limités. Mais les dirigeants du G8 et de grands pays en développement comme l'Inde, la Chine et le Brésil ont accepté d'entamer des pourparlers sur la lutte contre le réchauffement mondial. Pour la première fois, on peut raisonnablement espérer que le monde acceptera de prendre des mesures lorsque le Protocole de Kyoto arrivera à expiration en 2012.

Malgré les déceptions, il existe aujourd'hui une forte dynamique de changement - la première depuis au moins un quart de siècle. Tout se jouera dans les mois à venir - et lors de trois rencontres capitales.

 

En septembre, les dirigeants du monde se réuniront à New York pour faire le point sur les Objectifs du Millénaire pour le développement - qui incluent notamment la réduction de moitié de la pauvreté extrême d'ici à 2015. En novembre à Montréal, une conférence vitale lancera les négotiations sur la prochaine étape de lutte contre le réchauffement mondial. Et en décembre, des pourparlers cruciaux pour le commerce mondial auront lieu à Hong Kong.

Il s'agira là de tests extrêmement importants pour ce nouveau mouvement vers un dialogue Nord-Sud, et les millions de gens qui ont apporté leur soutien à Live 8 et à la campagne baptisée « Abolissons la pauvreté » suivront avec intérêt les progrès réalisés.

Empics

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De haut en bas : Kofi Annan des Nations Unies, et des dirigeants de la Banque mondiale et du FMI en compagnie du G8 et de chefs d'Etat africains ; Midge Ure, Bono et Bob Geldof au festival Live 8 d'Edimbourg ; le Britannique Tony Blair, Président du G8, reçoit des milliers de messages d'Africains.

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