Le puissant fleuve Congo, qui traverse la République démocratique du Congo, effectue à un endroit une chute de 96 mètres en à peine 14 kilomètres. Le barrage élevé au niveau des rapides d'Inga fournit déjà de l'électricité au Rwanda, à l'Afrique du Sud, à la Zambie et au Zimbabwe, mais la société d'électricité sud-africaine Eskom pense qu'on peut faire mieux, beaucoup mieux. Eskom souhaite construire la plus grosse usine d'hydroélectricité au monde pour exploiter le potentiel des rapides d'Inga et en faire profiter tout le continent africain. Le projet du Grand Inga, estimé à 50 milliards de dollars, produirait environ 40 000 mégawatts, soit le double du barrage chinois des Trois Gorges. Pour produire cette énorme capacité, on ne placerait pas de barrage sur le Congo. Une centrale électrique au fil de l'eau siphonnerait celle-ci et la ferait passer par des turbines avant de la rendre au fleuve - ce qui éviterait les problèmes environnementaux et sociaux généralement associés aux grands barrages. |
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Les partisans du projet espèrent alimenter ainsi toute l'Afrique en électricité et même exporter le surplus énergétique de l'autre côté de la Méditerranée, vers l'Italie, la Jordanie, l'Espagne et au-delà. Les plans visant à relier entre eux les réseaux électriques fragmentés pour créer un réseau transcontinental cohérent sont en bonne voie. Il est probable que le succès dépendra de la résolution de problèmes tels que les conflits transfrontières, les pertes dues aux distances parcourues par l'électricité, la préservation de l'environnement local à la biodiversité très riche, et au financement. Et même si tout se règle, les travaux du Grand Inga ne devraient pas débuter avant une dizaine d'années au moins. Pourtant, les dirigeants d'Eskom sont optimistes. Le Nord et le Sud coopèrent déjà au projet. Une étude réalisée par Electricité de France a montré que le projet était viable et les investisseurs comme la Banque mondiale et certaines sociétés privées commencent à s'y intéresser. Thulani Gcabashe, le Président-directeur général d'Eskom, est convaincu « qu'un jour viendra bientôt, où des centaines de millions d'Africains utiliseront l'électricité pour s'éclairer et cuisiner, et qu'ils disposeront alors de l'énergie nécessaire - littéralement - pour réaliser leur potentiel. » |
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