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Combien valent les écosystèmes ? Il est pratiquement impossible de calculer la valeur monétaire de tous leurs bienfaits - comme l'alimentation, l'eau, le bois, les médicaments, la régulation du climat, les loisirs et la beauté - mais ils sont bien entendu indispensables à notre vie et à nos économies. Un chiffre a été avancé concernant les forêts de notre planète : leur valeur est estimée à 4,7 trillions de dollars, soit environ un dixième du produit brut mondial. On peut aussi rappeler que la moitié environ de tous les médicaments occidentaux - un marché de plusieurs milliards de dollars - sont issus de la nature. L'aspirine, par exemple, avait été synthétisée à partir de l'écorce de saule. Depuis quelque temps, l'humanité a un impact sans précédent sur les écosystèmes naturels : elle en tire des produits alimentaires, de l'eau, des fibres et de l'énergie. Parfois, cela permet d'améliorer la vie de millions de gens, mais le plus souvent, les activités humaines nuisent aux services vitaux de la nature et, tout naturellement, à la biodiversité. Quand on assèche des terres humides au profit de l'agriculture, par exemple, on risque de dévaster les pêches dont elles sont les nourriceries et de se priver de leur capacité à débarrasser l'eau d'une pollution nocive pour la santé. Il en va de même du déboisement à grande échelle. De l'Amazone à l'Indonésie, on déboise pour exploiter le bois et produire des terres agricoles, mais à quel prix ! Ce sont les populations locales qui souffrent le plus lorsque les biens et services forestiers dont ils dépendent disparaissent. Beaucoup plus loin d'eux, d'autres populations se trouvent sans abri lorsque les inondations emportent leur habitation parce que l'on a coupé les forêts qui retenaient et libéraient jadis progressivement l'eau de pluie. Et les effets se font sentir dans le monde entier : lorsqu'il y a moins d'arbres, il y a plus de dioxyde de carbone dans l'atmosphère, et cela aggrave le réchauffement mondial. |
Comme nous connaissons mal les systèmes naturels - notamment parce qu'on en calcule rarement la valeur - il n'est pas facile de fixer les limites d'une exploitation sans risque de ces systèmes. Ce qui est certain, c'est que lorsqu'ils sont perdus, il est difficile, voire impossible, de les réhabiliter. Il est d'ailleurs probable que la situation empirera dans les décennies à venir. Pourtant, cette aggravation n'est pas inéluctable, loin de là. Que pouvons-nous faire ? Les campagnes d'information peuvent modifier les attitudes. Les programmes de certification, qui identifient les articles produits de manière durable, aident le consommateur à adopter une attitude plus « verte ». Déjà, certains gouvernements rémunèrent les propriétaires terriens pour qu'ils gèrent leurs terres de façon à préserver la qualité de l'eau, absorber le dioxyde de carbone et conserver d'autres services de l'écosystème. La création de parcs nationaux et d'autres zones protégées est également très utile, de même que l'investissement financier et administratif dans les parcs existants. De nombreuses entreprises sont en train de développer des technologies écophiles, et ces initiatives doivent être encouragées. Comme on peut le voir, la protection de la biodiversité exige des solutions aussi diverses que variées. |
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| Près des deux tiers des services que rend la nature à l'humanité sont en déclin dans le monde entier. Les progrès techniques ont été accomplis au détriment des richesses naturelles de la Terre. | |||||||||
Source : MEA |
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