uand on pense « pollution des mers », on imagine tout de suite une nappe de pétrole spectaculaire. Pourtant, les accidents de ce genre sont une infime partie du problème et ne représentent que 5 % du pétrole qui pollue les mers, qui n'est lui-même qu'un aspect relativement peu important de la pollution marine générale. Les dégazages en mer des eaux de lestage chargées d'hydrocarbures, effectués par des navires en pleine activité, sont un problème beaucoup plus important.

Mais les grands coupables sont en réalité les voitures et autres véhicules terrestres : l'huile de moteur usagée et l'eau chargée d'hydrocarbures qui s'écoulent des routes sont responsables de la plus grande partie de la pollution pétrolière des océans lorsqu'elles finissent leur course dans les égouts.

Globalement, 80 % de la pollution marine vient de la terre. Il s'agit principalement des effluents des égouts, non traités ou insuffisamment traités, chargés de déjections humaines - qui contiennent de dangereux virus et bactéries - et de la pollution émanant de l'industrie et de l'agriculture intensive.

Les eaux d'égouts, les engrais agricoles et autres nutriments stimulent la croissance des algues. Celles-ci contaminent parfois les crustacés avec de dangereux poisons, et comme elles privent toujours l'eau d'oxygène, les poissons et autres espèces marines finissent par étouffer. Ceci contribue à la multiplication des « zones mortes » dans les mers et les océans. Le PNUE en a recensé 146 (voir carte) : depuis les années 1960, leur nombre a doublé tous les dix ans. Deux des plus vastes zones mortes - qui couvrent environ 70 000 kilomètres carrés - sont situées dans le golfe du Mexique et dans la Baltique. Par ailleurs, certains produits chimiques comme les PCB (biphényles polychlorés) se concentrent dans les poissons.

Quelque 95 % des poissons pêchés à travers le monde proviennent justement des côtes sur lesquelles nous déversons nos déchets. Parce qu'elle est responsable de décès et de maladies, la pollution des eaux côtières coûte chaque année 12,8 milliards de dollars à l'économie mondiale.

   
 
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