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our le moment, la région de Dongtan est couverte de champs de choux, de marais et d'une réserve ornithologique qui s'avance jusque dans la mer de Chine méridionale. Mais sur l'horizon se découpent trois éoliennes qui donnent déjà une idée du changement qui se prépare.

Fin 2006, les autorités de l'immense ville de Shanghai donneront le coup d'envoi de la construction de la première ville écophile du monde. Et dès 2010, année durant laquelle Shanghai accueillera une grande exposition mondiale sur les modes de vie écologiques, des dizaines de milliers de personnes vivront ici dans le respect de l'environnement.

La première pierre à l'édifice sera la réalisation du nouveau pont reliant Shanghai à Chongming, une paisible île qui vit de l'agriculture. Actuellement, il faut deux heures de voiture et une heure de bateau pour s'y rendre. Dans deux ans, l'île ne sera plus qu'à vingt minutes du centre de la quatrième ville la plus étendue, la plus dynamique et la plus peuplée du monde.

Avec ses 18 millions d'habitants et ses 4 000 immeubles de plus de 30 étages, Shanghai est totalement saturée. La ville ressemble à un décor de cinéma pour film de science-fiction. Les autorités souhaitent donc qu'une partie de la population parte s'installer à Dongtan, qui devrait accueillir au final un demi-million de personnes.

« Dongtan ne ressemblera en rien à Shanghai », affirme l'urbaniste en chef Ma Cheng Liang, qui est à la tête de la Shanghai Industrial Investment Company. Il n'y aura ni gratte-ciel, ni immenses autoroutes, ni pollution industrielle. « Le visiteur sera immédiatement frappé par le calme ambiant, car les voitures seront rares. »

 

La pollution n'existera pratiquement pas et l'électricité nécessaire sera produite par des éoliennes et des panneaux solaires. Les eaux usées des cuisines et salles de bains seront recyclées pour alimenter les toilettes.

Les voitures ne seront pas interdites, mais les écoles, magasins et lieux de travail seront suffisamment proches pour qu'on s'y rende à pied. La plupart des Chinois ne possèdent pas encore de voiture, et les autorités espèrent qu'ils n'en auront pas besoin ici.

Les exploitations agricoles situées dans le périmètre de la ville fourniront la majeure partie des denrées nécessaires, et les eaux d'égout serviront d'engrais. La ville sera émaillée de parcs, de lacs et de pagodes. Elle comportera un port de plaisance, un terrain de golf et un centre équestre. L'expression « se mettre au vert » y prendra tout son sens !

Ma Cheng Liang pense que Dongtan attirera des millions de touristes chinois qui auront envie de voir comment une ville verte fonctionne dans la pratique. Il espère que ceux-ci repartiront bien décidés à exiger le même mode de vie écologique pour eux-mêmes.

Peter Head, Directeur de la durabilité chez Arup, principale société responsable de la conception de Dongtan, confirme : « C'est un projet incroyablement ambitieux. C'est la première fois qu'une ville de ce type est envisagée. Elle pourrait bien servir de modèle au reste du monde. Dongtan ne sera pas seulement une vitrine pour les technologies vertes. Ce sera une ville où il fait bon vivre. »

 
         
      Arup  
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