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| Enrico Bartolucci/Still Pictures, Chris Marais/WWF-Canon | ||||
Dr Claude Martin, Président de ISIS (International Sustainability Innovation Council of Switzerland, Conseil international de Suisse pour l'innovation et la durabilité) a parlé avec Cécile Bordier, Conseillère jeunesse Tunza pour l'Europe |
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«TOUT, TOUT LE MONDE ET TOUTES LES REGIONS sont concernés par la manière dont nous utilisons l'énergie », explique Claude Martin. « Le défi, c'est de protéger la planète du changement climatique, tout en permettant aux peuples de continuer à se développer. Notre but doit être de permettre à chacun d'accéder à l'énergie, mais à une énergie non polluante ». Compte tenu de l'expansion démographique et économique, notamment en Chine et en Inde, la demande énergétique devrait augmenter de 60 % d'ici à 2030. Pour y répondre, Claude Martin considère qu'il faudra revoir entièrement notre politique énergétique et cesser progressivement de faire appel aux combustibles fossiles. Il considère que la biomasse, les biocarburants, la géothermie et les énergies solaire et éolienne peuvent nous aider à remplacer les combustibles fossiles et à assurer l'autosuffisance énergétique des pays. Et pour lui, la transition doit devenir une priorité politique absolue. « Cependant », ajoute-t-il, « il ne faut pas que l'humanité remplace un problème par un autre. Nous savons désormais que les énergies renouvelables peuvent elles aussi rompre le fragile équilibre des écosystèmes. Au Brésil, par exemple, de vastes forêts ont déjà été sacrifiées pour faire place à des plantations de canne à sucre destinées à produire de l'éthanol pour les voitures. Et en Indonésie et en Malaisie, l'augmentation vertigineuse de la production d'huile de palme - en partie pour utiliser l'huile comme carburant - se fait au détriment des forêts tropicales et des espèces qui les habitent. » Une table ronde, organisée par le WWF - l'organisation mondiale de conservation que Claude Martin a présidée durant douze ans - a réuni planteurs, producteurs, responsables du traitement, banques et associations civiles pour promouvoir la production et l'utilisation durables de l'huile de palme. « Nous avons mis en place un partenariat prometteur avec Unilever, qui impose certaines normes pour la production d'huile de palme. » « Mais il faut être réaliste. L'énergie renouvelable ne peut couvrir qu'une partie d'une demande en augmentation constante. Il faut par conséquent investir dans les technologies permettant d'économiser l'énergie. L'efficacité énergétique n'est pas seulement un volet important de la solution au problème, c'est probablement le facteur déterminant. » |
Les habitants du monde industrialisé peuvent jouer un rôle considérable dans ce domaine en prenant des mesures relativement simples : isoler efficacement leur logement, consommer des produits locaux qui n'ont pas été transportés sur de longues distances, éteindre leurs appareils électriques et choisir des véhicules à bon rendement énergétique. Mais Claude Martin précise que les particuliers ne peuvent pas à eux seuls sauver la planète : « Bien entendu, il faut inciter les gens à réfléchir avant de consommer, mais cela doit s'accompagner d'un engagement de l'industrie. Et un cadre directeur et des accords intergouvernementaux, comme le Protocole de Kyoto, sont indispensables pour dynamiser les économies d'énergie. » Il précise que les pays pourraient investir davantage dans des transports moins polluants et introduire des normes minimales de rendement énergétique pour les bâtiments, procédés industriels et nouveaux appareils. Mais surtout, il faut cesser de subventionner l'industrie des combustibles fossiles. « Il faut que les gouvernements aient une vision à long terme de leur politique énergétique. Actuellement, lorsqu'ils sont confrontés à une crise de l'énergie, ils se contentent de rechercher d'autres énergies, comme le nucléaire par exemple, pour remplacer celle qui commence à manquer, au lieu d'améliorer le rendement énergétique. » Claude Martin considère que la recherche automobile, par exemple, devrait se concentrer sur des modèles écophiles. Les automobilistes, eux, doivent désormais considérer leur voiture comme un équipement à utiliser avec prudence plutôt que comme un signe extérieur de richesse. Quant aux gouvernements, ils devraient inciter les autorités locales à mettre en place des réseaux de transports en commun, pratiques et économiques, et bien adaptés aux besoins des habitants. A quelle date le monde atteindra-t-il la durabilité énergétique ? Claude Martin est optimiste : « Les jeunes générations n'ont pas grandi dans une ambiance d'expansion permanente et elles sont de plus en plus conscientes des limites de la planète. Cela nous aidera à opérer une transition cruciale, et à passer d'une vision mondiale fondée exclusivement sur l'économie à une vision plus large qui devra être soutenue par l'ensemble de la société. » « Il est urgent que nous nous intéressions tous à ce problème. Personne ne peut se permettre d'attendre et d'observer. Nous devons tous prendre conscience des réalités. Il n'y a pas d'autre façon de respecter l'environnement ». |
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