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Une réponse aux BESOINS CROISSANTS |
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fait appel à des approches de long terme et dintérêt général. |
| Lénergie est au cur des enjeux du 21e siècle. Il nous faudra trouver comment répondre aux besoins croissants dune humanité dont la grande majorité est encore dans le dénuement, sans piller les ressources énergétiques nécessaires aux générations futures, sans polluer les écosystèmes ni déséquilibrer la biosphère, sans transformer en zones de tension mondiale certaines régions riches les mieux dotées.
Des défis énergétiques planétaires Ce qui simpose demblée à nous, cest lexplosion des besoins, due à la fois à la forte croissance démographique et à leffort de rattrapage économique des régions du monde les plus peuplées. Nous compterons près de 2 milliards dindividus supplémentaires (+ 33 %) en lespace dune génération, principalement dans les pays en développement, où la consommation dénergie est de 0,8 tonne équivalent pétrole (TEP) par habitant, pour 4,8 dans les pays industrialisés. Encore aujourdhui, plus de 2 milliards dêtres humains nont pas accès à lénergie. Selon les prévisions du scénario moyen du Conseil mondial de lénergie, à moins dune extension dramatique de la misère, la consommation mondiale dénergie aura bondi de 50 % entre 1990 et 2020 avec, dans le même temps, un doublement des consommations délectricité. Ceci en ne comblant que très partiellement les disparités. Heureusement, loffre énergétique immédiate est abondante : 250 ans de réserves de charbon, 40 ans de pétrole, 70 de gaz. Les problèmes résident essentiellement dans des choix énergétiques peu soucieux de lavenir de la planète et de ceux qui lhabitent. Nous savons tous que la combustion des énergies fossiles entraîne des émissions massives de gaz à effet de serre, dangereuses pour léquilibre climatique. Nous savons que même sil y a abondance, chaque gramme de pétrole de gaz ou de charbon consommé aujourdhui manquera demain. Nous voyons que la mauvaise répartition géographique des ressources dhydrocarbures est déjà une cause de conflits mondiaux. Or les énergies fossiles couvrent toujours lessentiel des besoins de transport et plus de 60 % de la production mondiale délectricité. Elles répondent encore à la plus grande part des besoins supplémentaires. Depuis 1992 (sommet de Rio), les émissions de gaz carbonique se sont accrues de 100 millions de tonnes par an.
Face à ces défis, nous sommes pourtant loin dêtre désarmés et nous connaissons les voies à emprunter pour un développement durable.
Pour peu que nous assurions le transfert de technologies performantes vers les pays en développement, ceux-ci pourront sauter létape que nous avons vécue pendant des dizaines dannées, où la hausse des pollutions suivait celle de la production industrielle. La Chine, avec lopération « Beijin Blue », à laquelle participe le groupe EDF (Electricité de France), va remplacer les vieilles chaudières à charbon de la capitale par des cycles combinés gaz, diminuant fortement la pollution locale et les émissions de gaz à effet de serre. Au Mali, où nous électrifions plusieurs villages, nous distribuons aussi des lampes déclairage basse consommation. Laccès à lénergie passe par laccès aux technologies dutilisation performantes.
Parallèlement, nous devons développer les énergies renouvelables, et dabord leau, la première et la plus puissante dentre elles. Le potentiel hydraulique est loin dêtre pleinement exploité dans le monde. Lexpérience du groupe EDF dans léolien en Italie, aux Antilles ou au Maroc, le solaire en Allemagne, en France, au Mali et au Brésil, la géothermie en Guadeloupe ou la biomasse en métropole et à la Réunion montre la viabilité économique de ces solutions dans certaines conditions.
Nous allons construire dans le monde, en 20 ans, autant de centrales électriques que pendant tout le 20e siècle. Cest loccasion de faire les bons choix dinvestissement.
Faire accéder les plus pauvres à lénergie demande des démarches adaptées. Nous les développons en France comme dans les banlieues déshéritées dAfrique du Sud ou dAmérique latine, en délivrant un service de qualité et en gagnant de largent. De même, nous avons vérifié quil est possible délectrifier des villages excentrés avec des systèmes décentralisés via des sociétés locales se rémunérant sur les consommations.
Mais ces démarches ne vont pas de soi. Leur succès provient dautres forces que les seules forces du marché.
Une certaine mode a même voulu scinder les groupes énergétiques, préférer la dispersion à la concentration pour favoriser la concurrence. Ce faisant on a tari des sources defficacité économique et des capacités de recherche et développement pourtant indispensables pour ouvrir de nouvelles voies : pile à combustible, utilisation de lhydrogène, entre autres. Notre expérience nous montre que le succès des contrats BOT ou des solutions énergétiques pour les clients démunis passe forcément par une coopération entre les entreprises prestataires et les acteurs de la vie politique et associative. Les engagements énergétiques ne relèvent pas que du contrat privé. Ils impliquent la communauté tout entière. Ils sont donc favorisés par un environnement institutionnel volontaire, stable, probe et démocratique, garant dapproches de long terme et dintérêt général. A léchelle du globe, il convient de renforcer les systèmes internationaux daide au développement et de mettre en place des règles qui favorisent les énergies épargnant les ressources fossiles. Le monde de lénergie exige un espace important de prise en compte de lintérêt général, de débat. François Roussely est Président dElectricité de France. |
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