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Progrès et POSSIBILITES |
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fait le bilan de ce qui a été fait pour réglementer les produits chimiques dangereux pour la santé humaine et pour lenvironnement, et présente les priorités de lavenir |
| Il y a près de dix ans, au Sommet « planète Terre » de Rio, la communauté internationale affirmait que les problèmes environnementaux mondiaux ne pouvaient se résoudre indépendamment des enjeux du développement.
Au moment où nous nous préparons pour le Sommet mondial sur le développement durable, loccasion nous est donnée de célébrer les progrès réalisés depuis le Sommet « planète Terre » de 1992. cest aussi le moment de renouveler notre engagement à agir. La bonne gestion des produits chimiques est un des domaines dans lesquels les progrès accomplis ont été considérables. Lorsque lon se rend dans le Nord canadien, comme je lai fait à plusieurs reprises, on est frappé par la beauté et la pureté du paysage arctique. Mais les apparences sont parfois trompeuses. lArctique nest plus un environnement totalement vierge. Au fil des décennies, son écosystème a accumulé des résidus toxiques en provenance dexploitations agricoles et dusines très lointaines. Ces contaminants représentent des risques potentiels considérables pour les peuples et la faune de la région.
Nombre de ces substances ne sont ni produites ni utilisées dans le Nord. Elles proviennent dautres régions du monde, et voyagent sur les grands courants dair qui circulent autour de la Terre. Ils sont susceptibles de stagner et persister dans les climats plus froids comme celui de lArctique, où ils saccumulent dans les organismes vivants.
Ce nest pas que ces produits aient une prédilection pour certaines communautés. Aucun pays nest à labri de leurs dangers. Le fait que ces toxines peuvent avoir un impact sur la santé denfants vivant à proximité ou à des milliers de kilomètres de la même source de POP témoigne de leur nature insidieuse. Et cela montre aussi quun pays uvrant seul, quelle que soit sa diligence, ne peut pas résoudre son problème de POP. lenvergure du problème et les défis posés par dautres produits chimiques exigent des solutions mondiales.
Les produits chimiques sont omniprésents nous en utilisons actuellement des dizaines de milliers et de nombreux autres apparaissent chaque année. Ils sont souvent cruciaux pour notre bien-être. Ils ont permis de faire progresser la production agricole et le traitement et la prévention des maladies. Ils font désormais partie intégrante de notre vie et sont utilisés dans pratiquement tous les produits de consommation : voitures, papier, textiles, équipement électronique, matériaux de construction, produits alimentaires et médicaments. Tandis que la vaste gamme de produits chimiques que nous avons créés ont dans bien des cas amélioré notre qualité de vie, leur présence dans lenvironnement et leurs implications pour la santé humaine sont actuellement source de fortes inquiétudes.
Depuis dix ans, nous avons fait de gros progrès dans notre manière daborder collectivement la question des produits chimiques par lintermédiaire de divers accords intergouvernementaux dont la Convention de Stockholm sur les POP, la Convention de Rotterdam sur la procédure de consentement préalable en connaissance de cause (PIC), la Convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontières de déchets dangereuxet de leur élimination et le Protocole de Montréal sur les substances qui appauvrissent la couche dozone. Ensemble, la communauté internationale a élaboré ces accords, convaincue de la nature véritablement mondiale des menaces posées par ces produits chimiques, de la nécessité dun engagement commun à prendre des mesures importantes et du besoin daider les pays en développement et les économies en transition à renforcer leur capacité de gestion des produits chimiques. Nous devons poursuivre les efforts entrepris pour mettre en uvre ces accords. Il nous faut envisager des façons daborder la gestion environnementale qui fassent une plus grande part au respect des accords et à laugmentation des capacités des pays en développement.
Une action internationale efficace doit se fonder sur de bonnes connaissances scientifiques. Il faut donc accorder une grande priorité à un engagement à développer nos connaissances scientifiques des effets des produits chimiques. Au fur et à mesure que nous connaissons mieux les quantités et les caractéristiques des produits chimiques de notre environnement, les risques quils posent et les personnes menacées, nous réalisons combien nous sommes encore ignorants dans ce domaine. Nous connaissons mal les effets de lexposition à long terme à des niveaux faibles de certains produits chimiques de même que la manière dont ils agissent les uns sur les autres, et sur notre environnement et le corps humain. Les enfants, par exemple, sont particulièrement vulnérables à cause de leur poids et de leur taille relatifs, de limmaturité de leur système immunitaire et de leur métabolisme, et du risque plus élevé posé par une exposition accumulée toute une vie durant. Les enfants respirent plus, boivent plus et mangent plus que les adultes, par rapport à leur poids. Leur immaturité physiologique peut diminuer lefficacité de leurs systèmes à éliminer les produits toxiques et les rendre plus susceptibles de les absorber. La croissance rapide de leur cerveau les rend particulièrement sensibles à certains produits chimiques et risques de dommages permanents. Les enfants sont plus exposés à un certain nombre de contaminants simplement parce quils sont plus proches du sol où saccumulent de nombreuses substances dangereuses comme le plomb et à cause de leur tendance à porter leurs mains et leurs jouets à la bouche. Il faut nous engager à développer nos connaissances scientifiques des effets des produits chimiques. Et il nous faut aussi veiller à diffuser largement les nouvelles connaissances. Tandis que les scientifiques continuent à éclaircir le mystère de limpact des produits chimiques sur notre environnement et sur notre santé, ces connaissances doivent être suivies daction aux niveaux local et régional. Et notre capacité à prendre des mesures efficaces pour relever les défis posés par les menaces environnementales comme les produits chimiques dépend, en grande partie, de notre aptitude à jeter des ponts entre les divers secteurs et à travailler ensemble de manière plus efficace. Les récentes discussions sur le renforcement de la gestion environnementale ont mis en lumière la nécessité dexploiter plus pleinement ces synergies, de traverser les barrières sectorielles qui existent souvent et daméliorer la coopération entre gouvernements, entre organismes des Nations Unies et entre les universités, les organisations non gouvernementales et le secteur privé pour assurer lintégration des prises de décisions et la coordination des initiatives. Dans le cadre de ces efforts de collaboration et de compréhension, deux événements importants auront lieu à la veille de Johannesburg. Le premier est la réunion des ministres de la Santé et de lEnvironnement des Amériques organisée en mars au Canada. Le second est une autre réunion des ministres de la Santé et de lEnvironnement de lAfrique, prévue en avril. En abordant ensemble les questions de santé et denvironnement au niveau politique, de nouveaux contacts et connaissances seront établis. Ceci devrait permettre aux chefs dEtat et de gouvernement daccorder plus dimportance aux questions de santé et denvironnement en tant que domaines de suivi du Sommet mondial sur le développement durable.
Le développement durable de notre monde passe par la connaissance des liens inextricables existant entre la santé humaine et celle de lenvironnement. Lorsque le plomb de notre environnement diminue la capacité dapprentissage des enfants, quand lappauvrissement de lozone nous rend vulnérables aux UVb, quand la pollution urbaine aggrave lasthme et quand le changement climatique augmente les risques dincursion des virus et ravageurs ainsi que le nombre des événements climatiques extrêmes, notre potentiel humain se trouve compromis et nos perspectives de développement amoindries.
Il serait également bon que chacun dentre nous se pose la question de savoir quels sont les produits chimiques qui contribuent véritablement à notre qualité de vie et quels sont ceux, parmi les vastes gammes et quantités produites, dont le monde pourrait se passer. Je félicite tous ceux qui depuis dix ans ont fait progresser la question des produits chimiques. Je leur demande instamment de poursuivre leurs efforts. Comme la dit Kofi Annan, Secrétaire général des Nations Unies, « Notre plus grand défi pour ce nouveau siècle est de prendre une idée qui semble abstraite le développement durable et de la transformer en réalité quotidienne pour tous les peuples du monde ». Le prochain Sommet mondial sur le développement durable offre à la communauté internationale une occasion cruciale de faire avancer les dimensions environnementales de cet objectif. Profitons-en pour bâtir les partenariats indispensables à laction requise au plan international et dans nos propres pays, pour atteindre notre objectif commun dune population prospère et en bonne santé, vivant dans un environnement sain. Le député David Anderson, P.C., M.P. est le Ministre canadien de lEnvironnement et le Président du Conseil dadministration du PNUE. |
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