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INVESTIR dans lenvironnement |
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considère que linvestissement étranger direct par des multinationales peut améliorer lenvironnement dans les pays en développement, et il appelle à la vigilance pour que ce soit le cas. |
| Les effets de linvestissement étranger direct (IED) sur lenvironnement des pays en développement sont désormais évalués de manière très différente que par le passé. Alors quon les accusait dinvestir dans les pays en développement pour profiter des réglementations environnementales laxistes et dêtre par conséquent responsables de nombreux problèmes environnementaux les multinationales sont de plus en plus considérées comme des leaders de lintroduction de bonnes pratiques de gestion environnementale et de la diffusion de technologies sans danger pour lenvironnement. Les preuves susceptibles détayer lun ou lautre
de ces arguments sont limitées, mais il ne fait aucun doute que de nombreuses multinationales sont capables dêtre un vecteur plus efficace des technologies écophiles. Cependant, leur gestion environnementale réelle dépend de lâge des équipements, de la présence de fonds perdus, de la réglementation en vigueur dans le pays daccueil et de son application, de la disponibilité des technologies de prévention de la pollution, et enfin de leurs propres politiques environnementales mondiales.
La position traditionnelle suggérait que des « paradis de pollution » existaient dans les pays en développement de façon
à attirer davantage dinvestissements, les multinationales pouvant être tentées de fuir les pays possédant de strictes normes environnementales. Pourtant, malgré la popularité de cet argument, il ne semble guère fondé. La plupart des décisions dinvestissement ne se prennent pas sur la base de critères environnementaux. Et comme les coûts environnementaux représentent moins de 2 % du produit intérieur brut des pays industrialisés, il est difficile de concevoir quils puissent avoir un poids considérable dans les décisions dimplantation géographique.
Comme certaines multinationales sont des pionnières de la recherche et de lapplication de technologies de prévention de la pollution, leurs filiales sont à même de jouer un rôle positif en les diffusant dans les pays en développement. Les mesures de prévention de la pollution comportent des avantages non seulement environnementaux mais également économiques, par rapport aux solutions traditionnelles de fin de cycle. Comme en témoignent de nombreux observateurs, les technologies de prévention de la pollution sont souvent moins coûteuses que le traitement de fin de cycle, mais dans certains cas, elles saccompagnent également datouts monétaires supplémentaires. Il nest donc pas surprenant quelles aient reçu un accueil chaleureux dans les pays en développement où seul un contexte de croissance économique soutenu et durable peut permettre datténuer les problèmes sociaux comme la pauvreté ou le chômage.
Lidée est donc de passer dune approche corrective à une approche préventive. Lélément clé de ce changement fondamental devrait être lélaboration dune capacité novatrice à trouver des solutions préventives aux problèmes de pollution, élaboration qui devrait faire partie intégrante de tout cadre politique visant à développer un système national dinnovation. A lheure où les multinationales passent dune gestion environnementale de fin de cycle à une gestion de prévention de la pollution, elles peuvent faire plus et ne pas se contenter simplement dutiliser ces technologies dans leurs filiales des pays en développement. Elles peuvent aussi influer sur la gestion environnementale des fournisseurs, concurrents et clients de leurs filiales, en montrant lexemple et en introduisant leurs propres normes environnementales. Et elles peuvent fournir aux techniciens et ingénieurs locaux une formation aux technologies et pratiques de prévention de la pollution, et de minimisation des déchets.
Dautres facteurs doivent être pris en compte lorsquon étudie limpact des IED sur lenvironnement des pays en développement. Avec la hausse des revenus, certains problèmes environnementaux sont susceptibles de satténuer tandis que dautres augmentent. Le manque dinfrastructures, comme les systèmes dassainissement et dadduction deau, fait partie des problèmes qui peuvent saméliorer. Par contre, le développement et lindustrialisation risquent daggraver les émissions industrielles, les déchets toxiques et lurbanisation. Dans les pays industrialisés, la diffusion des technologies de prévention de la pollution joue un rôle crucial, en ce quelles améliorent les performances environnementales du secteur de la production sans pour autant nuire à sa compétitivité. Il faut donc accorder une attention particulière à cette question et au rôle joué dans ce domaine par les filiales des multinationales. Il est crucial de développer les connaissances et compétences nécessaires pour procéder aux changements technologiques au sein des entreprises locales, de façon à profiter des retombées environnementales produites par les filiales des multinationales et à réaliser les changements organisationnels indispensables pour adopter des technologies de prévention de la pollution. Daniel Chudnovsky est Professeur de Commerce international et dEconomie du développement à lUniversité de San Andrés et Directeur du Centro de Investigaciones para la Transformación (CENIT), en Argentine. |
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