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Secrétaire général adjoint des Nations Unies et Directeur exécutif du PNUE |
Il y a quelques mois, le siège du PNUE accueillait les participants à la 4ème Conférence de lAlliance internationale des peuples indigènes et tribaux des forêts tropicales, qui font partie des populations les plus vulnérables et les plus pauvres du monde. Ils se préoccupaient de la prolifération des infrastructures mines, barrages et travaux publics dans leurs communautés, et des changements socio-culturels à la clé.
Ils demandent que soient effectuées des évaluations des impacts ou dommages culturels semblables aux études dimpact déjà courantes en matière de grands programmes de développement. Je suis convaincu que le Conseil dadministration du PNUE, ses ministres et ses représentants, devraient écouter cette revendication et envisager lintérêt dune évaluation des dommages culturels.
La diversité culturelle est également synonyme de diversité des idées. Et en labsence de diversité des idées, sans cette capacité à examiner dun :il nouveau les enjeux du développement et de lenvironnement, lhumanité les affrontera sans utiliser toutes les armes à sa disposition. En augmentant les opportunités économiques des populations indigènes et des cultivateurs locaux, on favorise considérablement et de manière très positive la diversité culturelle. Si vous navez encore jamais entendu parler de « Jeevani », cela ne saurait tarder. Dans le domaine des compléments nutritionnels liés au sport et à la santé qui représente des milliards de dollars cette boisson anti-fatigue et anti-stress, aux vertus paraît-il innombrables, pourrait bientôt trouver sa place dans tous les sacs de sport. Elle a été découverte à Kerala, en Inde, par des scientifiques partis en expédition pour cueillir des plantes. Ceux-ci furent surpris de constater que leurs guides, qui appartenaient à une tribu locale, les Kanis, restaient dynamiques et bien éveillés tandis queux-mêmes étaient épuisés après une longue journée de travail. Les guides mâchaient constamment des fruits noirs. Ils en offrirent aux scientifiques qui se sentirent immédiatement dynamisés et pleins dénergie. Au départ, les Kanis hésitèrent à leur montrer lendroit où poussait cette plante des forêts appelée arogyapaacha. Douze ingrédients actifs ont été isolés, dont certains possèdent des propriétés anti-fatigue et dautres un potentiel de lutte contre la maladie. Les scientifiques ont accordé une licence dexploitation à deux sociétés. Un fonds en fidéicommis a été créé pour réinvestir une partie des bénéfices au profit des Kanis. Il est encore trop tôt pour se prononcer sur cette initiative, et pour savoir si le partage des avantages se révélera réel et durable. Il sagit néanmoins dune initiative intéressante dans un domaine de lenvironnement et du commerce qui est trop souvent à sens unique, et profite aux sociétés et aux cueilleurs plutôt quaux conservateurs qui protègent pourtant la diversité génétique depuis des siècles. Jeevani fait partie des quelques cas de ce genre, recensés par lOrganisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) et le PNUE pour essayer déclairer ce domaine aussi complexe quimportant. La mondialisation et le commerce peuvent être très bénéfiques et atténuer la pauvreté, notamment lorsquils incitent financièrement les populations locales et indigènes à préserver les plantes et les animaux quils protègent déjà depuis des siècles. La question de laccès et du partage des avantages est explicitement abordée dans la Convention sur la diversité biologique , élaboréeil y a onze ans dans lArticle 8 (j) pour être précis. Mais souvent, comme en témoignent les études OMPI/PNUE, les dispositions prises se révèlent inefficaces ou insuffisantes. Malheureusement, les ressources génétiques dun pays ou dune communauté sont trop souvent considérées comme un bien public, nappartenant à personne, gratuit et libre de droits de propriété. Lannée dernière, le PNUE a participé à la rédaction des « Directives de Bonn », qui pour la première fois fournissent des règles précises sur la manière dont les gouvernements peuvent équilibrer les besoins de ceux qui recueillent des ressources génétiques et ceux des populations qui conservent et fournissent ces ressources.
Il est encore un peu tôt pour évaluer lefficacité de ces directives volontaires, mais jespère que le Conseil dadministration du PNUE pourra sengager vis-à-vis des principes daccès et de partage des bénéfices, et senthousiasmer pour des directives qui devraient :uvrer en faveur des populations indigènes et en faveur des pauvres.
QUEN PENSEZ-VOUS ? Jaimerais avoir votre avis sur les questions abordées dans ce numéro de Notre Planète. Nhésitez pas à me contacter par courriel à feedback@ourplanet.com ou par courrier à
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