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Aussi précieux que LOR |
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souligne limportance de la diversité biologique pour les pays en développement et présente des mesures pour assurer une commercialisation équitable de ses richesses. |
| Les ressources animales et végétales nous ont toujours nourris et sustentés. Savoir reconnaître et protéger leur diversité biologique dans des écosystèmes très complexes est un des grands enjeux de notre temps : lenjeu du développement durable. Nombreux sont ceux qui considèrent que le potentiel des ressources biologiques est très peu exploité, et que les connaissances traditionnelles concernant les propriétés médicinales des plantes, par exemple, ont encore de précieux secrets à nous révéler. Parallèlement aux médicaments tirés de plantes connues de populations locales pour leurs propriétés traditionnelles, les cultures résistantes aux maladies ou au climat sont des exemples de ressources dont nous pourrions un jour disposer grâce aux inventions biotechniques.
La diversité biologique de la forêt ombrophile est une ressource aussi réelle que nimporte quel métal précieux. Il suffit de penser
aux termes désormais utilisés dans ce domaine on parle de « bio-prospecteurs » cherchant des ressources commercialement précieuses. Ceux-ci ne sont dailleurs pas toujours considérés de manière aussi positive : les militants considèrent que la « bio-piraterie » est un des nouveaux délits de notre temps. Le terme désigne les agissements de sociétés qui abusent de leur puissance et cherchent à obtenir des brevets ou dautres formes de protection de la propriété intellectuelle sur des inventions fondées sur des ressources ou connaissances traditionnelles appartenant de droit à leurs communautés respectives.
LUE a signé la Convention sur la diversité biologique, qui est entrée en vigueur en 1993 suite au Sommet « planète Terre » de Rio de Janeiro. Cette convention vise à protéger la diversité biologique, lutilisation durable de ses composantes et le partage juste et équitable des avantages liés à lutilisation des ressources génétiques. Le but de lUE est de favoriser sa mise en application dans tous les domaines, en offrant éventuellement lassistance technique permettant daméliorer la capacité des pays en développement à procéder à cette mise en application. Je suis convaincu que ceci peut se faire dans le cadre des négociations de lOrganisation mondiale du commerce. LAccord sur les Aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC), qui entra en vigueur en 1995, vise à créer des normes minimales de protection intellectuelle que tous les membres de lOMC doivent obligatoirement reconnaître, à sassurer que les Etats disposent de procédures permettant aux détenteurs de faire respecter leurs droits de propriété intellectuelle, et à fournir une procédure darbitration. Je sais que de nombreux pays craignent que lAccord sur les ADPIC aille à lencontre des objectifs de la Convention sur la diversité biologique ou quil ne les soutienne pas assez. Certains trouvent quil ne fait rien pour sassurer que ceux qui cherchent des brevets pour des inventions fondées sur des ressources génétiques respecteront les principes de partage des avantages de la Convention sur la diversité biologique. Ils affirment que labsence dinformation sur lorigine géographique du bio-matériel utilisé dans les inventions ne permet pas facilement de suivre lexploitation commerciale de ces ressources ou de vérifier si les bio-prospecteurs ont respecté les principes de la Convention sur la diversité biologique.
Les populations locales ou indigènes des pays en développement ont raison despérer des avantages matériels lorsque leurs connaissances traditionnelles sont appliquées dans le cadre déchanges et dinitiatives commerciales. Cest pour cette raison que lUE étudie actuellement des moyens permettant daider les pays en développement riches de connaissances traditionnelles à identifier cette richesse et à lempêcher dêtre sous-évaluée ou galvaudée.
Le document sarticule notamment sur un moyen dobliger les demandeurs de brevets qui ont utilisé les fruits de la bio-prospection pour de nouveaux produits à dévoiler lorigine géographique de tout matériel biologique utilisé dans des inventions biotechniques. A lheure actuelle, cette obligation nexiste pas. Le document est également favorable à une meilleure protection des connaissances traditionnelles, et il reconnaît le droit des agriculteurs de subsistance des pays en développement à réutiliser et à séchanger des graines, y compris celles couvertes par des droits de propriété intellectuelle, dans le cadre « dexemptions ». Les agriculteurs commerciaux à plus grande échelle continueraient à être soumis à des règles plus strictes. Le document de lUE affirme que si nous utilisons les outils à notre disposition, lAccord sur les ADPIC et la Convention sur la diversité biologique loin dêtre en conflit sont compatibles et peuvent mutuellement se renforcer, tant au niveau local quinternational. A cette fin, lUE se félicite du travail dun nouveau Comité intergouvernemental sur les connaissances traditionnelles au sein de lOrganisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI). Cette initiative débouchera peut-être sur un nouveau modèle international pour la protection juridique de ces importantes connaissances : grâce à lui, nous pourrions étudier dans quelle mesure cette protection pourrait être incluse dans lAccord sur les ADPIC. Nous rencontrerons des problèmes pratiques, puisque de nombreux pays bénéficiaires à long terme ne disposent pas encore dune législation sur laccès aux ressources génétiques. Nous devons soutenir la volonté des pays possédant une diversité biologique très riche qui se sont réunis à Cancun en février 2002 pour aborder ces questions en présentant un front uni. Les matières premières dont je parle sont surtout concentrées dans des habitats quon continue à explorer pour leurs ressources génétiques, loin des côtes des 15 pays de lUE. Alors, pourquoi lUE a-t-elle embrassé cette cause ? La réponse à cette question est la suivante : si nous voulons vraiment que lordre du jour du développement de Doha améliore la vie des citoyens du monde en développement, il faut quil y ait un compromis équitable lorsque nous étudierons cette partie de lAccord sur les ADPIC. LUE sest engagée à ce que ce soit le cas. Au bout du compte, nous y gagnerons tous. Pascal Lamy est Commissaire européen au commerce. (1) Communication de la CE au Conseil des ADPIC sur la révision de lArticle 27.3(b) de lAccord sur les ADPIC ; le rapport entre lAccord sur les ADPIC et la Convention sur la diversité biologique et la protection des connaissances et du folklore traditionnels, septembre 2002 (http://europa.eu.int/comm/trade/miti/intell/contrib.htm).
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