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LEAU la priorité des pauvres |
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sentretient avec Shabana Azmi. |
| Shabana Azmi cinq fois lauréate du Prix national de la meilleure actrice en Inde et qui milite inlassablement en faveur des pauvres raconte comment un programme gouvernemental destiné à lutter contre lanalphabétisme dans un village reculé de lUttar Pradesh rencontra une forte opposition de la part de la population. Finalement, on fit appel à une organisation non gouvernementale (ONG) pour essayer de sortir de limpasse.
« Ils rassemblèrent toutes les femmes du village et leur demandèrent quel était leur plus gros problème. Dune seule voix, les femmes répondirent « leau » raconte lactrice, qui est également membre de la chambre supérieure du parlement indien. Renseignements pris, les femmes étaient obligées deffectuer des kilomètres à pied pour aller chercher de leau parce que les pompes manuelles étaient en panne et que les hommes ne les réparaient pas. Avec laide de lONG, elles apprirent non seulement à réparer elles-mêmes les pompes mais également à les installer dans dautres villages.
« lannée suivante, ajoute Shabana Azmi, leurs problèmes fondamentaux ayant été réglés, les villageois se présentèrent volontiers pour participer au programme dalphabétisation. »
« Je vis de mes propres yeux les conséquence des déplacements de population, précise-t-elle. Au lieu que les ressources en eau soient gérées au profit de la population locale, elles étaient disséminées. Et les terres alluviales fertiles des cultivateurs étaient réquisitionnées pour le projet.
« Il nest tenu aucun compte de lavis des populations au nom desquelles ces projets sont planifiés pour « le bien commun ». Mais depuis 20 ans, le débat sur les alternatives aux barrages commence à sintensifier. »
« Ce qui fait dun bidonville un bidonville, ce ne sont pas les abris en tôle, ce ne sont pas les matériaux qui ont servi à bâtir les maisons, cest la dégradation de lenvironnement, explique-t-elle. Il ny a ni infrastructures ni équipements civiques. La politique du gouvernement consiste à fournir des logements dans des bidonvilles et à attendre des gens quils sy installent. Il est préférable de les rendre propriétaires de leur terre plutôt que de les loger. »
« Lassainissement, précise-t-elle, est la dernière priorité du gouvernement. » Elle a utilisé à la construction de toilettes une partie des 425 000 dollars que chaque parlementaire a le droit de consacrer annuellement à des projets dintérêt public dans sa circonscription. Mais elle ajoute que cela ne suffit pas, tout comme il ne suffisait pas de fournir des pompes manuelles dans le village de lUttar Pradesh. « Le problème, cest la maintenance. Dans un bidonville, il faut arriver à créer une atmosphère favorable à la mise en place de systèmes dentretien des toilettes. »
« Je crois que personne dans le milieu du cinéma ny a vraiment réfléchi. On sintéresse plus aux problèmes sociaux comme la santé et le sida, qui sont plus proches des préoccupations des comédiens. Je fais partie dun comité permanent sur le développement rural et je cherche à inciter les parlementaires à montrer combien cette question est importante. » Darryl DMonte est Président de la Fédération internationale des journalistes de lenvironnement. |
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