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Un nouvel ordre DU JOUR |
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décrit danciennes idées erronées et de nouvelles directions en matière dassainissement et dhygiène |
| Depuis quelques années, de remarquables progrès ont été faits en matière deau et dassainissement. Ils samorcèrent à la fin des années 1990. Puis, en septembre 2000, lors du Sommet du millénaire des Nations Unies, la cible consistant à diminuer de moitié dici à 2015 la proportion de personnes ne bénéficiant pas dun accès suffisant à leau fut choisie comme un des huit Objectifs de développement pour le millénaire. Deux ans plus tard, leau était une des cinq grandes questions à lordre du jour du Sommet de Johannesburg sur le développement durable avec lénergie, la santé, lagriculture et la diversité biologique. Leau fut une des réussites du Sommet les autres réalisations ayant reçu un accueil plus mitigé. Il fut convenu de faire diminuer de moitié dici à 2015 la proportion de personnes nayant pas accès à un assainissement adéquat.
Dans lintervalle, de nouveaux engagements ont été pris et élaborés dans le cadre de nombreuses interactions dynamiques successives lors de trois Forums mondiaux de leau ; par une Commission mondiale de leau ; et par le lancement de WASH, une campagne mondiale en faveur de leau, de lassainissement et de lhygiène pour tous. Mais malgré ce nouvel élan, la tâche reste énorme. Et certaines idées erronées ne facilitent pas les choses :
1. « Lassainissement et lhygiène sont moins importants que leau ». Du point de vue de la santé et de la sécurité, les faits sont différents. La connaissance et la pratique dune hygiène de base réduisent plus la mortalité que leau salubre ou lassainissement seuls. Ces trois éléments sont nécessaires, mais léquilibre doit être revu. Lassainissement et lhygiène sont trop souvent considérés comme des sujets tabous à ne pas mentionner en société. 2. «Les buts ne marchent jamais ». Malgré les rumeurs indiquant le contraire, la cinquantaine de buts socio-économiques fixés par les Nations Unies depuis quarante ans ont eu un impact mesurable, ayant été atteints par un grand nombre de pays. La Décennie internationale de leau potable et de lassainissement des années 1980, par exemple, a été à lorigine de très nombreuses initiatives, au niveau national et international. Bien que les années 1980 aient été catastrophiques sur le plan économique pour bien des pays, le nombre de personnes des pays en développement ayant accès à leau salubre et à un meilleur assainissement fit plus que doubler. Dimportantes améliorations furent également obtenues grâce à des technologies à faible coût et à la découverte des secrets de la maintenance et de la durabilité. 3. « Cest une question de matériel et on ne peut pas faire grand chose pour promouvoir lassainissement et lhygiène ». Là encore, les contre-exemples sont nombreux. La stimulation de la demande, la sensibilisation et lincitation à laction reposent sur des techniques éprouvées. Rien quen encourageant les gens à se laver les mains, on pourrait sauver un million de vies. 4. « Il ny a pas de financements disponibles et ceux qui nont ni eau ni assainissement sont trop pauvres pour apporter une contribution ». Des centaines dexemples montrent lénorme énergie, les efforts et les ressources que les pauvres sont prêts à déployer pour avoir accès à leau et à un meilleur assainissement lorsque loccasion sen présente. 5. « Cela nintéresse pas les pauvres et les communautés pauvres, qui ont dautres priorités de survie ». En réalité, les pauvres sont extrêmement motivés, à la fois parce quils veulent économiser le temps passé à collecter leau, et pour des raisons de dignité et de sécurité. Cest notamment vrai des femmes et des fillettes ce qui explique que les questions relatives à leau et à lassainissement soient souvent négligées ou minimisées lors de discussions ou situations dans lesquelles les hommes sont majoritaires. Que peut-on donc faire pour accélérer la réalisation des objectifs ? La priorité ne consiste pas seulement à fournir un supplément de ce qui existe déjà, mais à fixer de nouvelles directions et un nouvel ordre du jour, comme le propose la campagne organisée par WASH. Dabord, il faut que les gouvernements stimulent et soutiennent les initiatives locales, au lieu dessayer de tout faire eux-mêmes. Il faut mobiliser toutes les parties prenantes populations et communautés, secteur privé, petites entreprises, bailleurs de fonds publics et privés, organismes internationaux et le gouvernement à tous les niveaux, notamment au niveau local. Cest laction au niveau local qui est la plus importante. Les communautés doivent sattacher à définir les priorités, à prendre des mesures et à rechercher activement le soutien des autorités locales. Ensuite, des plans et programmes sont nécessaires pour atteindre les buts. Il ne doit pas sagir dexercices bureaucratiques mais bien dune planification participative, faisant intervenir toutes les parties prenantes pour élaborer des lignes directrices et définir le rôle de chacun. Cet exercice peut savérer positif tant pour le développement que du point de vue politique. Lamélioration de laccès à leau peut se révéler une mesure gouvernementale particulièrement populaire, notamment auprès des femmes. Enfin, de nouvelles priorités sont nécessaires si nous voulons tirer les enseignements du passé et nous engager sur de nouvelles voies. Voici quelques exemples : La participation : En Inde et ailleurs, les femmes ont montré quelles étaient capables dapporter une énergie et une vision nouvelles à cette tâche après avoir bénéficié dune représentation importante au sein du gouvernement local. Au Soudan, les techniciennes diplômées font depuis longtemps la preuve de leur capacité à maintenir et réparer les profonds puits tubulaires elles le font dailleurs mieux que les hommes qui, une fois formés, ont tendance à partir pour la ville en quête dun emploi technique. De nouvelles approches : Au Bangladesh, lapproche « Assainissement à 100 % » a montré de nouvelles manières de mobiliser les communautés rurales. Au lieu dadopter une approche individuelle, un facilitateur appartenant à une organisation non gouvernementale travaille au niveau de lensemble du village pour identifier les besoins de celui-ci en matière dassainissement. Les chefs du village, et un maximum de villageois, se promènent dans le village, sarrêtant à chaque fois quils rencontrent des excréments ou autres déchets pour en discuter. Si la personne responsable est parfois identifiée, le but est plutôt de comprendre les conséquences quil peut y avoir lorsque lensemble du village ne parvient pas à éviter les comportements considérés par tous comme inacceptables. On détermine et on discute des mesures permettant daméliorer la situation, mais on laisse à chaque villageois le soin de trouver ses propres solutions. Ceci a débouché sur la conception de nouvelles latrines et dispositifs de traitement des déchets peu coûteux. Mobiliser les enfants en tant quacteurs du changement : si les écoles, églises et mosquées parviennent à enseigner les principes de base de lhygiène aux enfants, ceux-ci en parleront à leurs parents. Mais pour que cette approche soit efficace, il faut que lécole donne la possibilité aux enfants dappliquer les concepts enseignés. Il est crucial quelle dispose de latrines séparées pour les filles et les garçons un des objectifs de la campagne de WASH. Créer un mouvement de dynamisation et de synergie : cest possible, en liant les initiatives relatives à lhygiène, à lassainissement et à leau au soutien dont bénéficient les autres Objectifs de développement pour le millénaire, dans le cadre dune vaste offensive nationale et mondiale de réduction de la pauvreté. Le potentiel se résume facilement : le but est une meilleure hygiène; le point de départ est la création de la demande ; le moyen est la mise en place dinstitutions responsables de soutien des communautés ; et la récompense est une meilleure qualité de vie pour plus de 2 milliards de personnes. Sir Richard Jolly est Président de WSSCC Water Supply and Sanitation Collaborative Council et chercheur associé et professeur honoraire de lInstitute of Development Studies, Sussex, Royaume-Uni. |
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