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La Terre : UNE QUESTION DE FOI |
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considère que toutes les religions du monde saccordent sur limportance de la conservation, et elle parle des initiatives prises pour concrétiser leurs croyances. |
| Un jour, le prophète Mahomet descendait un fleuve lorsque vint lheure de la prière. Ses disciples se précipitèrent dans le fleuve pour procéder à leurs ablutions rituelles, mais le prophète, lui, se contenta de remplir un petit récipient pour se laver. Ils lui demandèrent pourquoi il se montrait si parcimonieux alors quil était entouré deau. Il répondit que cette abondance ne nous donnait pas le droit de gaspiller leau.
Au Japon, les Bouddhistes racontent une histoire similaire concernant Bouddha. Ayant reçu un don de 500 robes neuves pour ses disciples, celui-ci commença immédiatement à prévoir ce quil ferait des robes usagées. Elles serviraient de draps de lit. Les vieux draps seraient transformés en serviettes, et les vieilles serviettes en chiffons. Tout devait être utilisé et réutilisé. Il ne fait aucun doute que toutes les religions du monde saccordent sur limportance quil y a à protéger la Terre. quils aient été élevés dans un milieu baha'i, bouddhiste, chrétien, daoist, hindou, islamique, jain, juif, shinto, sikh ou zoroastrien, tous les peuples ont appris, explicitement ou implicitement, quils doivent préserver leur environnement parce que certains éléments au moins de cet environnement revêtent un caractère sacré. Entre elles, les religions possèdent environ 7 % de la surface habitable de la Terre, elles influencent plus de la moitié des écoles du monde, et constituent le principal centre spirituel et associatif pour plus de 4 milliards de personnes. Leur puissance est immense dans la plupart des régions du monde, et le nombre de leurs adeptes et leur influence font rêver les organisations non gouvernementales (ONG) et les mouvements écologiques. Il nest donc pas surprenant que la Banque mondiale, certaines organismes des Nations Unies, plusieurs instances internationales, le Fonds mondial pour la nature (WWF) et dautres groupes de protection de la nature aient tous commencé à travailler avec des chefs spirituels sur des projets environnementaux. En Mongolie, par exemple, la Banque mondiale et dautres organisations internationales sont en train de parrainer un projet de traduction en mongolien moderne et de publication des sutras bouddhistes concernant les montagnes sacrées. Lidée est dutiliser ces écrits pour consacrer à nouveau les montagnes et rappeler ainsi aux populations locales quen vertu de leurs responsabilités traditionnelles, elles ne doivent pas déboiser ou chasser dans certains endroits. Enkhbayer, Premier ministre du pays et bouddhiste convaincu, a déclaré : « Quel sera largument le plus fort ? quil ne faut pas déboiser parce que le Gouvernement linterdit ou parce que la montagne est sacrée ? A mon avis, la question ne se pose pas. » Le WWF a été lun des premiers groupes environnementaux à travailler explicitement avec des chefs religieux. Le Prince Philip du Royaume-Uni, qui était alors son Président international ayant émis cette idée en 1986 dit ceci : « Cela me semblait évident. Si votre religion vous dit (comme le fait en tout cas le christianisme) que la création du monde est un acte divin, il est tout naturel que toute personne appartenant à lEglise de Dieu protège ce quIl a créé. Je ne savais pas très bien comment les autres religions concevaient la création du monde, mais je me doutais quelles possédaient des traditions similaires. » Malgré une opposition interne considérable, le WWF adopta cette idée et invita les chefs spirituels de cinq grandes religions à venir débattre des questions denvironnement. Il apparut que chaque religion possédait bien sa propre politique en matière de conservation, même si la plupart nen avaient encore jamais fait état explicitement. Le succès de la rencontre fut en partie dû au fait quelle nessaya pas de parvenir à un accord universel sur des points particuliers elle nessaya pas dendiguer la diversité des croyances théologiques. Depuis, le réseau du WWF qui allait devenir l:uvre ARC (Alliance des religions et de la conservation) regroupe 11 religions dimportance majeure. Pour la première fois, chacune delles a déclaré ouvertement son engagement envers lécologie et la Création. Les églises anglicanes ont transformé leur fête annuelle de la moisson en leçon de conservation. Les chefs spirituels sikhs ont décidé que le cycle de 300 ans commençant en 1999 serait le Cycle de la Création (le précédent étant le Cycle de lEpée). Les chefs musulmans de Tanzanie ont réussi à persuader les pêcheurs de ne pas utiliser dexplosifs, cette pratique étant contraire au Coran alors que les menaces violentes de la police étaient restées sans effet. Et au Japon, les groupes shintos cherchent à acheter du bois et du papier auprès dEglises européennes possédant de vastes forêts quelles viennent récemment de placer sous gestion certifiée de la foresterie. Dici à la fin de lannée, à linitiative de lARC, des représentants des communautés bouddhistes, chrétiennes, juives, hindoues, jains, musulmanes, sikhes et zoroastriennes ont prévu de créer un Groupe international dinvestissement inter-religions dans le cadre duquel ils collaboreront sur des décisions dinvestissement, afin que leurs milliards de dollars de biens produisent un rendement tant éthique que financier. Victoria Finlay est consultante medias pour lAlliance des religions et de la conservation (ARC) et corédactrice de Faith in Conservation, que vient de publier la Banque mondiale. Déclaration commune du Pape Jean Paul II et du Patriarche cuménique Bartholomée I
Swami Vibudhesha Teertha (un des douze chefs héréditaires des enseignements védiques en Inde)
Thich Nhat Hanh Moine bouddhiste vietnamien
Cheikh Mohammad Hossein Fadlallah, un des premiers personnages Shia du monde, Beyrouth
Rabbin Arthur Hertzberg, Vice-président du Congrès juif mondial
Phra Ajahn Pongsak Techathammo, Abbé de Wat Palad, Thaïlande du Nord
Cheikh Ali Zein Eddine, du Liban, Président dIrfan, une fondation druze pour la santé et léducation
Bhagavad Gita
Tiré du Midrash: la collection de commentaires rabbiniques sur la Torah (cinq premiers livres de la Bible) compilée aux premier et deuxième siècles
Rev Billy Graham |
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