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Cette édition de Notre Planète est consacrée aux femmes. Elle souligne leur vulnérabilité particulière aux problèmes de santé liés à lenvironnement, quil sagisse de leau et de lassainissement ou de la pollution ambiante intérieure. Le rôle très important que jouent les femmes au sein de leur communauté est mis en lumière dans le nouvel ouvrage du PNUE intitulé Women and the Environment, qui montre quelles sont les héroïnes discrètes de la conservation, surpassant souvent les hommes en matière de connaissances et de soins des animaux et plantes domestiques et sauvages. Cest en grande partie grâce à elles que de nombreuses espèces, dont certaines témoignent dune résistance considérable à la sécheresse ou aux ravageurs, survivent et restent cultivées. Les femmes, notamment dans les pays en développement, cultivent la terre, nourrissent leur famille et participent à la vie de la communauté en faisant appel à une connaissance intime de la nature. Elles sont aussi les principales responsables de leau. Dans les régions montagneuses dAfrique de lEst, la collecte et la fourniture de leau leur font dépenser jusquà un tiers des calories quelles absorbent. Ce sont souvent elles qui souffrent le plus des catastrophes naturelles comme la famine et la sécheresse, et qui sont responsables du maintien en vie de leurs enfants. Dans les sociétés pastorales, les hommes migrent vers de nouveaux pâturages lorsque le bétail meurt, ou ils partent en quête dautres activités. Lorsque les femmes et les enfants sen vont, cest généralement en groupe, à la recherche daliments de famine, de cabosses et autres produits issus des arbres, susceptibles dêtre vendus sur des marchés lointains cest ce que nous apprend louvrage du PNUE. Il est publié en association avec lOrganisation des femmes pour lenvironnement et le développement (WEDO) avec le concours financier de la Fondation des Nations Unies, dont lorganisation sur Better World Fund (le Fonds pour un monde meilleur), a généreusement parrainé ce numéro de Notre Planète. Quand il sagit de surmonter la pauvreté, de gérer les terres et les voies deau et de subvenir aux besoins des communautés, les femmes se trouvent souvent en première ligne. En période de tensions et dinsécurité, elles doivent saventurer toujours plus loin pour trouver de la nourriture, de leau et du combustible. En période de prospérité, les champs et les potagers quelles cultivent jouent le rôle de mini laboratoires où elles sélectionnent et essaient les plantes et animaux sauvages et domestiques en fonction de leurs vertus agricoles et médicinales. Les études effectuées sur 60 potagers cultivés par des Thaïlandaises ont répertorié 230 légumes et autres espèces, dont beaucoup avaient été transplantés dune forêt voisine avant le déboisement de celle-ci. Les villageoises de la vallée de Kanak dans la province du Baloutchistan au Pakistan reconnaissent sans problème 35 plantes médicinales quelles utilisent couramment. Elles disent que les plantes « poussent sans maître » indiquant ainsi quelles nont pas de mari pour leur dicter ce quelles ont à faire. Une étude effectuée en Sierra Leone a noté que les femmes étaient capables de nommer 31 utilisations pour les arbres poussant sur des friches ou dans des forêts, alors que les hommes nen connaissaient que huit. Dans ce pays, les connaissances traditionnelles des hommes sont en baisse, à cause de la scolarisation et de lémigration, alors que les femmes, elles, conservent leurs connaissances et acquièrent même souvent celles des hommes. A Yazd, la « capitale du désert » de lIran, ce sont les femmes qui ont conçu de nouvelles méthodes agricoles, comme la culture dans des tunnels souterrains. Dans le sud-est du Mexique, les femmes élèvent jusquà neuf espèces locales de poules ainsi que des canards et des dindes derrière leur maison, et elles sélectionnent celles qui sont les mieux adaptées à lenvironnement local. Elles participent ainsi activement à la protection de la diversité génétique et à la conservation des espèces. La désertification touche jusquà la moitié de la population chinoise. Dans une région sèche et dégradée située à 1 000 kilomètres à louest de Beijing, les femmes ont incité les communautés à planter des saules et des peupliers pour stopper la désertification et créer une terre fertile permettant de cultiver des légumes. Le rôle des femmes et leur savoir-faire sont souvent sous-évalués et ignorés. Elles sont trop souvent traitées comme des citoyens de seconde classe, possédant moins de droits et un statut inférieur à celui des hommes. Il est grand temps que les politiques nationales et internationales reflètent les différences entre hommes et femmes, et accordent un poids beaucoup plus important à lautonomisation des femmes. Il faut dynamiser les aspects liés à légalité des sexes inscrits dans les Objectifs de développement pour le millénaire des Nations Unies. Nous devons nous appuyer sur les conclusions de la Conférence des Nations Unies sur lenvironnement et le développement de 1992, de la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD) de 1994, de la Conférence mondiale sur les femmes de 1995 et du Sommet mondial sur le développement durable de 2002, et renforcer ces conclusions à loccasion du dixième anniversaire de la CIPD.
Car si nous ne tenons pas compte du rôle des femmes, tous nos espoirs et nos aspirations à un monde meilleur et plus stable seront plus difficiles à réaliser.
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