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La force DE LA LOI |
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suggère des mesures pratiques à prendre pour améliorer lefficacité des lois sur lenvironnement et le développement durable. |
| En France, comme ailleurs, de nombreuses décisions ont déjà été prises pour que les hautes cours et les organismes administratifs ou judiciaires puissent administrer le droit environnemental. Mais ce nest que le début dun précédent judiciaire considérable qui, à lavenir, façonnera notre système.
Les magistrats français sont convaincus que léquilibre entre le développement (en tenant compte du fonctionnement écologique de la planète) et lutilisation maximale des ressources, la lutte contre les inégalités et la suppression de la pauvreté, sont autant dextensions des droits humains. Ce sont là les activités les plus importantes, les activités les plus innovatrices que lon remarquera dans les années à venir.
Il faut que les juges dont les Etats en ont les moyens mettent en place des procédures permettant lexécution du droit du développement durable, en termes de gouvernance environnementale, en tenant compte des différentes juridictions dans leurs régions respectives. Il faudrait donner à chaque Etat une autorité judiciaire indépendante tant des autorités politiques que de tous les intérêts privés, et qui soit suffisamment forte pour rendre ses décisions à ces deux groupes. Il faut aussi que les Etats mettent en place des organismes informés et compétents, capables de former des juges possédant une bonne connaissance du droit environnemental. Il faut une action individuelle et collective sur le droit constitutionnel, public, privé et pénal, qui garantisse à tout un chacun une gestion efficace de la justice. Il faut en particulier que les Etats créent des procédures (ou acceptent quelles soient créées) rendant possibles le contrôle et la vérification de la légalité des décisions prises en matière denvironnement, et permettant aux citoyens de contraindre lEtat à prendre des mesures positives. Les principes du développement durable vont bien au-delà des intérêts privés, et il faut donc déterminer au plan national quels sont les domaines généraux pouvant être protégés par le droit du développement durable et de lenvironnement. Un bureau du procureur veillant à lapplication de la loi est au nombre des organismes publics qui pourraient être mis en place. Il faut aussi que les juristes et les avocats soient correctement formés au droit de lenvironnement et du développement durable, que le grand public soit bien informé de ses droits et quil ait accès à laide juridictionnelle lui permettant dester en justice. Les questions de développement durable exigent des analyses techniques, scientifiques et sociales complexes. Mais il existe généralement un déséquilibre des forces dans le système des expertises, les parties les plus puissantes exerçant des pressions. Il est donc important de mettre en place des organis- mes dexpertise indépendants, neutres et objectifs.
Les débats et discussions concernant le pouvoir judiciaire, tels quils sont organisés à lheure actuelle, ne sont pas suffisamment prêts à tenir compte de tous les intérêts des communautés locales et des citoyens. Lorsquelles ne sont pas prises de manière transparente et démocratique, les décisions manquent de crédibilité. Il existe aussi un énorme fossé entre le droit de la protection environnementale et la réalité de la situation sur le terrain. Les procès environnementaux sont longs et coûteux.
Le Juge Guy Canivet est le Premier Président de la Cour de Cassation, France. |
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