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EDITORIAL |
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Ce numéro de Notre Planète est consacré aux Objectifs de développement pour le millénaire et à lEtat de droit.
Bien quil soit possible de réaliser de grandes choses grâce au bénévolat quil sagisse de sattaquer à la pauvreté la plus extrême ou de fournir une eau potable en quantité suffisante -, les réussites sont encore plus importantes lorsquelles reposent sur une structure juridique saine et un système judiciaire dynamique. Cest dautant plus vrai dans le domaine de lenvironnement qui, avec le développement socioéconomique, fait partie des trois piliers vertueux sur lesquels repose le développement durable.
Encore récemment, les lois destinées à protéger cette richesse naturelle et son rôle vital dans la lutte contre la pauvreté étaient mal ou inégalement appliquées. Il existe, bien sûr, plus de 500 dispositions, accords et traités internationaux et régionaux couvrant tous les domaines, de la protection de la couche dozone à la conservation des océans et des mers. Les pays possèdent presque tous des lois environnementales, mais lorsque celles-ci ne sont pas appliquées et respectées, elles ne représentent guère plus que des symboles, des tigres de papier.
Le problème est en partie lié au fait que la sensibilisation des experts juridiques au droit de lenvironnement notamment mais pas exclusivement dans les pays en développement et dans les nations de lancienne Union Soviétique na pas évolué au même rythme que la multiplication des accords et la reconnaissance de limportance cruciale dun bon équilibre entre les considérations sociales, de développement et denvironnement dans les prises de décisions juridiques. Parfois, le manque de ressources est également en cause, parfois cest tout simplement une question dapathie. Quoi quil en soit, de nombreuses affaires liées à lenvironnement ne sont pas portées devant la justice ou nobtiennent pas gain de cause.
En 2002, le PNUE a organisé un symposium réunissant plus de 100 juges de haut rang venus du monde entier pour dynamiser la formation, les connaissances et la sensibilisation du système judiciaire mondial. Ils ont adopté les Principes de Johannesburg sur le Rôle du droit et le développement durable qui ont été présentés au Sommet mondial sur le développement durable (SMDD) de cette année. Depuis, les magistrats ont formé, avec le concours du PNUE, une Alliance mondiale des juges, donnant une plus grande importance à leur rôle, en vue de faire progresser les Objectifs de développement pour le millénaire grâce à la suprématie du droit.
Nous nous sommes tous efforcés de réaliser les principes de Johannesburg, et je me félicite des grands succès déjà obtenus. Il y a à peine quelques semaines, les hauts magistrats et les experts juridiques du monde arabe se sont réunis au Caire et ont adopté les statuts de lUnion des juges arabes pour la protection de lenvironnement. Une réunion similaire faisant intervenir les pays francophones se tiendra à Paris au mois de février 2005, sous la présidence de Guy Canivet, Premier président de la cour de cassation de France. Un Forum des juges de lUnion européenne sur lenvironnement a vu le jour en Europe, comme cest le cas de forums comparables en Amérique Latine, Asie, Afrique australe et dans le Pacifique. Et le gouvernement égyptien prend actuellement des mesures pour la création dun centre de formation judiciaire au Caire.
Je suis convaincu que, suite à ces deux années de travail, le pilier environnement du développement durable est un peu plus solide et un peu plus capable datteindre les Objectifs de développement pour le millénaire.
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