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EDITORIAL |
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Lorsque les pays ont rédigé la Convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontières des déchets dangereux et sur leur traitement, le but était dinterdire les « négociants toxiques » qui se débarrassaient des produits chimiques mortels du monde développé en les exportant vers les pays en développement. Quinze ans plus tard, la Convention lutte contre de nouveaux courants toujours plus importants de déchets, provoqués notamment par le succès des biens de consommation électroniques comme lordinateur familial et le téléphone portable. Dautres débats ont fait apparaître lélimination danciens navires militaires et le désarmement de navires de pêche. Un bateau quittant les côtes européennes ou nord-américaines en direction dun chantier naval situé à lautre bout du monde sapprête-t-il à être désarmé ? Ou doit-il être considéré comme un déchet dangereux dans la mesure où il est probablement rempli damiante, de boues métalliques toxiques et dautres substances nocives pour la santé ? De même, lorsque dénormes quantités dordinateurs rendus obsolètes par les nouveaux modèles proposés dans un pays développé sont expédiées vers un pays en développement, cela peut permettre aux populations plus pauvres daccéder à linformatique. A moins quil ne sagisse dune manière adroite déviter aux consommateurs et aux sociétés des pays riches davoir à supporter les coûts socio-économiques et environnementaux de lélimination de ce matériel. Si les problèmes sont complexes, les solutions, elles, ne le sont pas forcément. Si nous commençons par nous efforcer de produire moins de déchets, sous quelle que forme que ce soit, nous serons certainement sur la bonne voie. Grâce à de nouvelles initiatives prises dans le cadre de la Convention, le monde est en train de réaliser cet objectif. Ces initiatives sappuient sur les résultats du Sommet mondial sur le développement durable. Son Plan dapplication appelle à une modification des modèles non durables de consommation et de production. En se concentrant sur les trois « R » réduire, réutiliser et recycler -, nous progresserons. Nous pouvons réduire limpact de nos économies consommatrices en limitant les quantités de ressources et de matériaux entrant dans la fabrication des biens, quil sagisse de lénergie et de leau, ou du volume et des types de plastiques, métaux et produits chimiques utilisés. Aujourdhui, nombre de fabricants de matériel électronique sont fiers de pouvoir annoncer que 50 à 100 % de leurs articles ne comportent pas de soudures au plomb. De nombreux produits, ou leurs composants, peuvent être réutilisés. The Body Shop, par exemple, propose des flacons pour cosmétiques rechargeables. Et pour faciliter le recyclage, les fabricants doivent sassurer que leurs produits pourront être éliminés facilement et en toute sécurité. Léco-conception est un aspect primordial, tout comme la facilité daccès aux équipements de collecte et de recyclage. La septième Conférence des parties de la Convention de Bâle a pour thème « Le Partenariat pour relever le défi posé par les déchets à léchelon planétaire ». Le rôle des gouvernements est crucial : ils doivent édicter et faire respecter les réglementations, introduire des taxes ou impôts, et promouvoir les politiques et instruments favorisant les trois « R » en y sensibilisant le public Les partenariats avec lindustrie, le commerce et les consommateurs sont tout aussi vitaux. De même que ceux avec dautres domaines de compétence des Nations Unies comme lOrganisation maritime internationale, lOrganisation des Nations Unies pour lalimentation et lagriculture et les secrétariats dautres accords environnementaux notamment ceux de la Convention de Rotterdam sur la procédure de consentement préalable en connaissance de cause applicable à certains produits chimiques et pesticides dangereux qui font lobjet dun commerce international, ainsi que de la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants. Je suis donc ravi de mentionner un des nombreux excellents partenariats mis en place par la Convention de Bâle, celui avec Shields Environmental Group. Shields a implanté une usine de recyclage de téléphones portables à Bucarest en Roumanie qui emploie une centaine de personnes. Elle sinscrit dans linitiative de reprise baptisée « Fonebak » qui fonctionne aujourdhui dans les pays développés comme en développement.
Enfin, quitte à paraître vieux jeu, je souhaiterais quun quatrième « R » vienne sajouter à la liste. De nombreux biens de consommation actuels finissent à la poubelle en raison de leur conception médiocre et du coût et de labsence de pièces permettant de les réparer. Réduire, réutiliser et recycler, bien sûr, mais ne pourrions-nous pas également « réparer » ?
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Sommaire | Editorial K. Toepfer | Construire des partenariats mobiliser des ressources | Beaucoup à débattre, beaucoup a faire | Une Convention trop discrete | Adolescence et difficultes financieres | Une uvre inachevee | Une synergie nouvelle | De nouveaux défis |
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