2001 Le Prix Sasakawa pour
l’environnement du PNUE


C’est à Huey D. Johnson, connu pour être à l’avant-garde de la protection et de la gestion des ressources naturelles de la Terre, que le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) a décerné le Prix Sasakawa 2001 pour l’environnement.

C’une valeur de 200 000 dollars, ce Prix est considéré comme l’un des plus prestigieux dans le domaine de l’environnement. Dans le passé, il a été décerné, entre autres, au Professeur Mario J. Molina, également lauréat du Prix Nobel, ainsi qu’à Chico Mendes, Lester Brown et M.S. Swaminathan.

Huey Johnson, qui a travaillé dans les secteurs privé, non gouvernemental et gouvernemental, a été la cheville ouvrière de la fondation, en 1972, du Trust for Public Land, société à but non lucratif qui acquiert des terrains et s’efforce de préserver des espaces vierges au sein des centres urbains américains. A ce jour, quelque 525 000 hectares ont ainsi été sauvegardés aux Etats-Unis.

Préservation des ressources
A l’échelle de la Californie, où il a exercé les fonctions de Secrétaire aux ressources naturelles au début des années 1980, Huey Johnson a conçu des programmes et des politiques de préservation des ressources naturelles dont beaucoup ont été repris à l’échelle internationale.

L’une de ses politiques, une initiative sur 100 ans intitulée « Investir pour la prospérité », affecte des fonds à des investissements qui visent à améliorer la productivité à long terme des ressources naturelles de la Californie. l’une de ses réussites les plus spectaculaires a été l’élaboration de technologies qui exploitent les énergies renouvelables de façon économiquement rationnelle.

Sous sa direction, la California Resources Agency a mis en œuvre des politiques d’économie d’énergie. Un rapport de la Rand Corporation a montré que les efforts entrepris depuis la fin des années 1970 dans le domaine de la conservation de l’énergie avaient permis aux Californiens d’économiser quelque 34 milliards de dollars (soit environ 1 000 dollars par résident) et notablement contribué à l’expansion de l’économie californienne. Les efforts de Huey Johnson dans ce domaine lui ont valu de recevoir le Prix du Président pour le développement durable en 1996.

« L’environnement est comme une maison. On ne peut pas dire qu’on va s’occuper du toit qui fuit une année, des murs l’année suivante et du jardin dans trois ans. Il faut concevoir un plan d’action qui prévoie de régler tous ces problèmes en même temps », a-t-il déclaré un jour.

En 1985, il a fondé le Resource Renewal Institute, dont la mission consiste à favoriser l’élaboration de plans « verts » tant à l’échelle nationale qu’au plan international. Il est à l’origine de la Campagne pour un avenir durable, qui s’adresse aux responsables politiques et aux personnalités influentes et mobilise des groupes suffisamment puissants pour obtenir que ces plans verts deviennent une réalité. Dans le cadre de cet effort, Huey Johnson a également mis sur pied le Grand Canyon Trust – qui vise à protéger et à restaurer le Grand Canyon, dans la région des plateaux du Colorado.

Huey Johnson a en outre été l’un des artisans de la fondation du mouvement international de la Ceinture verte, qui encourage la plantation d’arbres localement : c’est un moyen de mobiliser la population en faveur de la restauration de l’environnement, afin de briser le cycle de la pauvreté et de la dégradation environnementale.

« A travers des nombreuses organisations qu’il a créées et de tous ceux, innombrables, auxquels il a apporté son soutien, Huey Johnson a clairement démontré que les problèmes auxquels nous nous heurtons, tant sur le plan environnemental que sur le plan social, requièrent une solution systématique et globale », a déclaré Klaus Toepfer, Directeur exécutif du PNUE.

Un regard vers l’avenir
Huey Johnson prévoit de mettre à profit le Prix pour défendre mieux encore l’environnement : « Nous avons besoin d’un plan de gestion et de remise en état des ressources naturelles de la Terre. Que l’on construise un ordinateur, un pont ou un nouvel avion, il faut avoir un plan. Sinon, impossible de réunir les fonds nécessaires pour que ce projet devienne réalité. Espérons qu’un tel plan sera conçu lors du Sommet mondial sur le développement durable qui aura lieu à Johannesburg, en République d’Afrique du Sud. »




Ce numéro:
Sommaire | Editorial K. Toepfer | Portes ouvertes | Progrès et possibilités | Passer la vitesse supérieure | Réaliser une vision | La sonnette d’alarme | La sécurité dans un monde de plus en plus petit | 2001 Le Prix Sasakawa pour l’environnement du PNUE | Concours | Bonne intendance mondiale | Les perturbateurs des messages vitaux | Omnipresents et dangereux | Une stratégie pour l’avenir | Vaincre les POP | La première ligne de défense | Redistribuer les responsabilités