De hautes
priorites

 
Mohamed T. El-Ashry décrit les initiatives prises pour protéger les écosystèmes de montagne et la diversité biologique, et permettre aux montagnards d’améliorer leur qualité de vie.

Considérées par beaucoup comme la demeure des dieux et des ancêtres, les montagnes possèdent une importance spirituelle particulière pour la plupart des religions et des cultures du monde entier. En qualité de « points chauds » biologiques, les montagnes abritent des milliers d’espèces endémiques. Les spécialistes de l’environnement les qualifient de « châteaux d’eau » parce qu’elles sont à l’origine de plus de la moitié des réserves d’eau douce du monde. Pourtant, malgré ces richesses naturelles, les communautés montagnardes sont parmi les plus pauvres du monde. De l’état des écosystèmes de montagne dépend l’enrichissement ou l’appauvrissement de plus de la moitié de l’humanité.

En 2002, Année internationale de la montagne, le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) continue à parrainer des initiatives permettant aux communautés montagnardes d’améliorer leur qualité de vie tout en protégeant une diversité biologique d’importance mondiale.

En dix ans, le FEM a engagé près de 500 millions de dollars et influencé l’investissement de plus de 1,33 milliard de dollars supplémentaires pour financer plus de 70 projets liés à la montagne dans 44 nations. Ces projets sont mis en œuvre par le PNUE, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et la Banque mondiale.

Les projets de montagne du FEM se concentrent surtout sur les terres qui sont protégées par les gouvernements des pays en développement. Grâce aux fonds du FEM, les gouvernements ont réussi à créer l’infrastructure et à fournir la formation nécessaire pour gérer ces régions de manière durable. Les projets du FEM ont permis de conserver des espèces dans leur propre habitat. Au Népal, par exemple, le Projet de diversité biologique du Mustang supérieur élaborera un plan de gestion des ressources naturelles permettant de préserver les terres de parcours de la région et de protéger les espèces en voie d’extinction comme le loup tibétain et l’argali tibétain : d’un point de vue biologique, cette région est considérée comme une des plus importantes du monde tant elle abrite d’espèces rares et endémiques.

En travaillant directement avec les communautés, les projets du FEM déterminent quelles sont les activités aptes à promouvoir l’utilisation durable des ressources. Ils encouragent également la culture de produits forestiers non ligneux comme le café poussant à l’ombre, les champignons et les plantes médicinales. Dans les monts de l’Hindû Kûsh au Pakistan, les populations utilisent les fonds du FEM pour établir un système capable de protéger les plantes médicinales menacées d’extinction tout en créant de nouvelles sources de revenus. Les revenus issus de la chasse réglementée, par exemple, sont attribués aux fonds de développement des villages.

Les projets font naître d’autres opportunités économiques durables au plan environnemental. L’un d’eux, centré sur le bassin binational du Bermejo en Argentine et en Bolivie, concerne le problème de l’érosion des sols dans les Andes. Il parrainera d’autres sources de revenus provenant de l’écotourisme et sensibilisera les communautés locales à l’importance de la protection environnementale.

Soucieux de contribuer à l’Année internationale de la montagne, le FEM finance un projet géré par le PNUE de création d’un atlas des montagnes complet, assorti d’informations sur l’état de tous les écosystèmes de montagne. Cet atlas servira d’outil de travail pour le développement durable des montagnes. Le projet examinera également les possibilités de partenariats privés-publics et préconisera un juste dédommagement économique pour ceux qui préservent les terres montagnardes fournissant des services environnementaux aussi cruciaux que la purification de l’eau.

« Les écosystèmes de montagne » seront un des thèmes prioritaires de la septième réunion de la Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique. Parallèlement à l’Année internationale de la montagne, le FEM continue à faciliter la conservation et l’utilisation durable des écosystèmes de montagne au profit de l’environnement mondial, conformément aux principes établis par la Conférence des Parties et les communautés montagnardes.

Mécanisme financier officiel de la Convention sur la diversité biologique et de la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique, le FEM possède un rôle catalyseur. Il s’efforce de nouer de véritables partenariats avec et entre les gouvernements, les organisations bilatérales et multilatérales, les organisations non gouvernementales, les communautés indigènes, les entreprises privées, les organisations locales et d’autres groupes. Nous espérons approfondir et renforcer ces partenariats au cours de la seconde décennie du FEM. Cette collaboration sera cruciale pour établir un cadre politique inter secteurs et pour s’assurer que les générations futures – autant que les présentes – profiteront durablement de la richesse de nos systèmes naturels


Mohamed T. El-Ashry est Président-directeur général du Fonds pour l’environnement mondial.

PHOTOGRAPH: Steen Wren/UNEP/Topham


Ce numéro:
Sommaire | Editorial K. Toepfer | Sauvons notre patrimoine commun | Visons haut | Puissantes, mais fragiles | Le pays des mille montagnes | Le reboisement des terres | L’environnement pour tous | De hautes priorités | Une beauté naturelle | Perspectives pour le Sommet : A l’approche de Johannesburg | Une dure ascension | Soyons à la hauteur du problème | Disneyland ou diversité ? | Un chemin de découverte | La plus haute importance | Rencontre au sommet | En remontant le courant | Un avenir nébuleux


Articles complémentaires:
Dans le numéro Water 1996
Dans le numéro The Way Ahead 1997
Dans le numéro Fresh Water 1998
Dans le numéro Climate and Action 1998
Dans le numéro Small Islands 1999
Mohamed T. El-Ashry: Global environmental benefits
through local action: the GEF

(Fresh Water) 1998
Mohamed T. El-Ashry: Energizing change
(Climate and Action) 1998


Report complémentaire:
Mountain Watch Report