EDITORIAL
Klaus Toepfer
Secrétaire général adjoint
des Nations Unies et Directeur exécutif du PNUE

Au cours des dix dernières années, le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) est apparu comme un acteur majeur, relevant les défis environnementaux mondiaux du développement durable.

Depuis sa création en 1991, il a octroyé 4 milliards de dollars – auxquels viennent s’ajouter 12,4 milliards de dollars en cofinancement – à plus de 1 000 projets dans 160 pays.

La récente évaluation indépendante de ses performances a montré de manière décisive que ce mécanisme financier unique et novateur fonctionne bien et que ses activités obtiennent donc des résultats tangibles dans ses domaines d’intervention.

Une troisième phase
La récente décision concernant la reconstitution du Fonds pour sa troisième phase indique clairement que bailleurs de fonds et bénéficiaires sont satisfaits de la manière dont le FEM s’acquitte de la mission qui lui a été confiée. Cette décision confirme la confiance que venait de lui témoigner la communauté internationale en lui demandant d’accepter de nouvelles responsabilités : gérer trois nouveaux fonds concernant le changement climatique établis à Marrakech, servir de mécanisme financier pour les nouveaux instruments juridiques comme le Protocole de Cartagène sur la biosécurité et la Convention de Stockholm sur les Polluants organiques persistants, et faire de la dégradation des terres un de ses domaines d’intervention à part entière.

Cette confiance renouvelée témoigne des excellents résultats obtenus par le FEM. Elle constitue aussi un nouveau défi : faire plus et faire mieux au regard des besoins qui évoluent et des attentes croissantes des pays bénéficiaires, notamment les plus pauvres d’entre eux.

La Seconde Assemblée du FEM offre ainsi une occasion unique d’évaluer les acquis mais surtout de façonner les directions politiques qui permettront au Fonds de continuer à jouer son rôle catalyseur et de mobiliser les ressources financières permettant de lutter contre les menaces environnementales mondiales.

Une célébration
Pour le PNUE, la réunion de l’Assemblée à Beijing est très significative. Cette réunion se tient quelques mois à peine après les fêtes de la Journée mondiale de l’environnement en Chine, qui coïncidait avec le trentième anniversaire de la création du PNUE. Au travers de cette célébration, la communauté internationale saluait la contribution unique de la Chine par sa promotion de la dimension environnementale du développement durable. En mai dernier, cette reconnaissance a également abouti à la création de l’Institut Tongji-PNUE pour l’environnement et le développement durable, en vue d’améliorer les capacités techniques, de recherche et de gestion de la Chine et d’autres pays de la région.

Initiatives novatrices
En qualité d’organisme de mise en application du FEM, le PNUE est présent en Chine dans le cadre de 14 initiatives différentes et novatrices. Elles comptent la finalisation du Plan d’action sur la diversité biologique et les rapports à la Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique. Elles incluent également un modèle de projet destiné à soutenir la mise en application du cadre national de biosécurité de la Chine : celui-ci avait été élaboré au sein d’un autre projet pilote sur la biosécurité, pionnier du programme mondial du FEM sur la biosécurité qui fonctionne dans plus de 100 pays par l’intermédiaire du PNUE.
Ce mécanisme financier unique et novateur fonctionne bien et ses activités obtiennent des résultats tangibles
Le PNUE est également en train de réaliser un projet de 32 millions de dollars visant à protéger la mer de Chine du Sud. En développant un Programme régional d’action stratégique et grâce à des mesures correctives et à des modèles, il aidera les pays de la région à relever les défis environnementaux auxquels sont confrontés la mer et le golfe de Thaïlande. La Chine participe également aux évaluations mondiales PNUE/FEM sur la dégradation des terres et sur les ressources solaires et éoliennes, et c’est une partie prenante importante dans les évaluations mondiales des eaux internationales, des écosystèmes de montagne et de l’Evaluation des écosystèmes en début de millénaire.

Importante nouveauté, la Seconde Assemblée du FEM devrait modifier l’instrument qui dicte le mode de fonctionnement du FEM, afin de faire de la dégradation des terres et des polluants organiques persistants (POP) deux nouveaux domaines d’intervention distincts. En qualité d’organisme de mise en application, le PNUE est prêt à gérer les enjeux liés à l’expansion de la mission originelle du FEM. D’ailleurs, il est déjà en train de réaliser 19 projets directement concernés par les POP ou autres substances toxiques persistantes – faisant intervenir 42 pays et des financements de 47 millions de dollars, dont 28 millions de dollars provenant du FEM. Moins de 15 mois après la signature de la Convention de Stockholm, le PNUE – grâce aux ressources approuvées par le FEM – aide déjà 23 pays à élaborer leurs plans nationaux d’élimination des POP couverts par la Convention, et beaucoup d’autres à préparer des propositions de financement par le FEM. Afin de maximiser la collaboration inter-organisations, le PNUE est récemment entré en partenariat avec la Banque mondiale en vue de faciliter la mise en application de la Convention de Stockholm.

Le PNUE participe également à 17 initiatives de lutte contre la désertification représentant 90 millions de dollars, dont 32 millions de dollars en ressources approuvées par le FEM. Ces initiatives concernent principalement la dégradation des écosystèmes des terres sèches transfrontalières de 26 pays, situés pour la plupart en Afrique.

Les enjeux de l’Afrique
Dans l’application de son programme de travail, le PNUE a toujours accordé la plus haute priorité aux enjeux environnementaux en Afrique. La lutte contre la désertification est un des grands défis socio-économiques et environnementaux auxquels est confronté le continent africain, comme en témoigne le cadre du Plan d’action sur la composante environnementale du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique adopté par la Conférence ministérielle africaine sur l’environnement lors de sa réunion de Kampala en juillet dernier, avec le concours du PNUE et grâce aux ressources du FEM.

Le PNUE est fier de son rôle et de ses responsabilités en tant qu’organisme de mise en application du FEM. Moins de six ans après l’établissement de sa Division FEM, il met en œ:uvre un programme de travail FEM de 500 millions de dollars, incluant plus de 270 millions de dollars de ressources du FEM et comprenant 278 projets dans plus de 140 pays.

Encore renforcé par la mission améliorée de constitution des capacités aux niveaux national, régional et international qui lui a été confiée à la dernière réunion du Forum ministériel mondial sur l’environnement de Cartagène en février dernier, le PNUE s’est engagé à continuer à améliorer son rôle d’organisme de mise en application, afin d’aider la famille du FEM à relever les défis de sa troisième et passionnante phase d’existence


PHOTO : B. Wahihia/PNUE


Ce numéro:
Sommaire | Editorial K. Toepfer | Des opportunités inégalées | Une priorité mondiale | Des partenariats pour le changement | Les nouveaux enjeux | De belles réussites mais il reste encore beaucoup à faire | Message à l’intention de la Seconde Assemblée du Fonds pour l’environnement mondial | L’avenir de l’environnement africain | Une énergie critique | Diagnostic de la santé de la planète | Comment regagner le terrain perdu | Le tango se danse à deux | La connaissance au service de l’action | Des avantages à caractère mondial | Des polluants impopulaires | Message à l’intention de la Seconde Assemblée du FEM

Articles complémentaires:
Special supplement to coincide with the Global
Environment Facility Assembly
(Fresh Water) 1998
Dans le numéro Biodiversity, 2000
Klaus Toepfer: Editorial (Sommet mondial sur le développement durable) 2002

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