La mondialisation, la pauvreté,
le commerce et l’environnement



En l’espace d’un demi-siècle, l’économie mondiale a quintuplé. Durant la même période, le commerce mondial a progressé presque trois fois plus rapidement, puisque son volume a été multiplié par 14. Le commerce international, qui représente 6 billions de dollars annuels, constitue un moteur extrêmement puissant de changement économique, social et environnemental : sa croissance et sa libéralisation sont en train de modifier la manière dont les populations du monde travaillent et vivent. De plus, les flux annuels d’investissements privés en direction des pays en développement sont cinq fois plus élevés que l’aide au développement officielle.

De nombreuses régions du monde connurent de grands progrès économiques durant la dernière décennie du vingtième siècle, mais d’autres virent leur économie stagner ou reculer. On estime que 1,2 milliard de personnes continuent à vivre avec moins d’un dollar par jour. Un cinquième des humains habitant dans les pays les plus riches se partagent 86 % du PIB mondial, le cinquième le plus pauvre n’en recevant que 1 % – et le fossé ne cesse de se creuser. Ces diverses répercussions des échanges et des investissements sur le développement et l’atténuation de la pauvreté montrent que malgré l’importance cruciale de la croissance économique, c’est sa qualité qui ouvre la porte du développement durable. Le succès du développement dépend des sources et des modèles de croissance. Il faut élargir les cadres politiques nationaux et internationaux de manière à intégrer les dimensions sociales, économiques et environnementales du développement durable, de manière démocratique et équitable.

Les liens entre le commerce et l’environnement sont importants, mais ils sont aussi multiples et complexes. La croissance et la libéralisation du commerce ne sont pas forcément bons ou mauvais pour la santé de la planète. Elles peuvent permettre de mieux utiliser les ressources et de créer des richesses pouvant servir à protéger l’environnement. Mais elles peuvent aussi augmenter les pressions liées au commerce qui contribuent de manière significative à l’appauvrissement des ressources naturelles et à la dégradation environnementale. L’enjeu consiste à gérer les processus de libéralisation et de mondialisation du commerce d’une manière qui favorise la durabilité environnementale et le développement humain équitable. En bref, plus on intègre les politiques environnementales, commerciales et autres, plus la croissance économique est durable, et plus la contribution de la mondialisation à l’environnement et au développement durable est positive.

Il faut que les processus de mondialisation qui influent tant sur l’évolution de la société servent à atténuer plutôt qu’à aggraver les forts déséquilibres que connaît aujourd’hui le monde – entre les riches et les pauvres et entre l’humanité et la nature.



Disparités mondiales des revenus
Le monde est de plus en plus inégal. Dans de nombreux pays en développement, la croissance n’a pas suivi la hausse des revenus des pays riches – et en Afrique, le revenu par habitant a même baissé.

Moins d’un dollar par jour
Le nombre d’humains vivant dans la pauvreté la plus extrême n’a que légèrement baissé durant les années 1990. Leur pourcentage par rapport à la population mondiale est cependant passé de 29 % à 23 %, à cause de la croissance démographique.

La lutte contre la pauvreté
Si les pays veulent atteindre l’Objectif de développement du millénaire consistant à faire reculer la pauvreté de moitié, les estimations les plus optimistes indiquent qu’il faudra une augmentation du revenu par personne de 3,7 % par an. Durant les années 1990, seuls 24 pays (dont les plus peuplés comme l’Inde et la Chine) atteignirent ce taux. Les autres pays restèrent en deçà, certains voyant même leur revenu décliner.

Remboursement de la dette
Le remboursement de la dette des pays en développement a augmenté de 19,6 % à 22,3 % des revenus à l’exportation au cours des années 1990. La nécessité d’augmenter les exportations pour faire face aux remboursements peut conduire à une surexploitation des ressources naturelles.

Fusions et rachats
Dans le cadre de la mondialisation, les entreprises les plus importantes se font de plus en plus vastes et de plus en plus internationales. En 1970, il existait quelque 7 000 multinationales. En l’an 2000, elle était bien plus de 50 000.

Part des exportations
La part des pays en développement a augmenté, mais elle reste bien inférieure à celle des pays développés.




Ce numéro:
Sommaire | Editorial K. Toepfer | A la lumière de nouvelles approches | Un développement à visage humain | Commerce – facteur de transformation | Gagnez sur toute la ligne | Les gens | Des promesses à tenir | Aussi précieux que l’or | Etendre le cercle | En bref : La mondialisation, la pauvreté, le commerce et l’environnement | L’action au niveau local | La coopération fait des adeptes | Publications et produits | Sortons du goulot d’étranglement | Investir dans l’environnement | Plateforme pour la montagne de Bichkek | L’argent, ça ne se respire pas | Un jour, nous réussirons | Un commerce équitable ? Bonne question !

 
Articles complémentaires:
Dans le numéro La pauvreté, la santé et l’environnement, 2001
Dans le numéro Production and Consumption, 1996
Dans le numéro Sommet mondial sur le développement durable, 2002
Dans le numéro Fonds pour l’environnement mondial, 2002


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