Message à l’occasion de la
Journée mondiale de l’environnement

Les actes en disent
plus long que les paroles


 
Margot Wallström
Commissaire européen chargé de l’Environnement

Nous avons parcouru un long chemin depuis la Conférence des Nations Unies sur l’environnement (1972), qui a placé l’avenir de la planète et de l’environnement au cœur des préoccupations de la communauté internationale. Mais les progrès enregistrés en termes d’amélioration et de conservation de notre fragile environnement n’ont pas suffi à enrayer de façon définitive sa dégradation, ni à trouver la voie du développement durable. Je suis convaincue qu’il est possible d’atteindre ces objectifs, mais que nous devrons tous y mettre du nôtre, riches comme pauvres, jeunes comme vieux, en tout point de la planète.

La Journée mondiale de l’environnement épouse cette démarche. Grâce à des activités de sensibilisation, elle encourage les populations à communiquer leurs points de vue et à améliorer l’environnement. Cette année, la Journée est consacrée à une ressource précieuse entre toutes, l’eau. j’approuve sans réserve le choix de ce thème.

L’eau douce est un luxe, que la plupart d’entre nous tiennent pour acquis. Nous n’avons pas conscience que plus de 1 milliard d’individus n’ont pas accès à l’eau salubre, et que la moitié de la population mondiale est dépourvue d’installations sanitaires adéquates. Ce sont là deux causes de maladie, voire de décès, notamment parmi les enfants.

La situation est aggravée par l’accroissement constant de la demande en eau. Les ressources existantes sont utilisées à un rythme trop rapide pour permettre leur renouvellement. Nous devons apprendre à économiser et à partager l’eau, pour que les plus déshérités d’entre nous et les générations à venir y aient accès. Fermer le robinet quand on se brosse les dents, prendre une douche au lieu d’un bain, et d’autres modifications en apparence insignifiantes de nos habitudes quotidiennes, ont une incidence réelle.

La Journée mondiale de l’environnement devrait être l’occasion d’exploiter les acquis du Sommet mondial pour le développement durable, tenu l’an dernier à Johannesburg, et de faire comprendre que les actes en disent plus long que les belles paroles. L’un des objectifs fixés lors du Sommet est la diminution de moitié, d’ici à 2015, du nombre d’individus dépourvus d’accès à des installations sanitaires de base. Il s’ajoute à l’un des principaux Objectifs de développement pour le millénaire, à savoir la réduction, toujours d’ici à 2015, du nombre de ceux qui ne disposent pas d’un accès viable à l’eau potable.

A Johannesburg, l’Union européenne a lancé l’Initiative « De l’eau pour la vie », qui vise à doter les régions les plus pauvres de l’Afrique et des Etats nouvellement indépendants, en partenariat avec leurs gouvernements respectifs et en mettant l’accent sur le développement des capacités, d’un accès à l’eau salubre et d’installations sanitaires. Aujourd’hui, la Commission européenne s’efforce d’accélérer ce processus, en mobilisant des ressources importantes issues du Fonds de développement européen.

A Johannesburg, il a également été décidé d’inscrire dans un cadre décennal les programmes consacrés à la consommation et à la production durables, et les pays industrialisés ont accepté d’être le fer de lance de cet effort.

Plus de six mois se sont écoulés depuis le Sommet. Le moment est venu de passer à l’action et de réfléchir aux moyens d’obtenir que le Plan d’application négocié à Johannesburg se traduise par un programme de travail concret et s’accompagne de l’instauration de dispositifs de suivi sans faille, de sorte que les gouvernements soient contraints d’honorer leurs engagements, en rendant des comptes. Au niveau individuel, chacun d’entre nous doit intégrer le développement durable à son comportement quotidien, non seulement au sein des frontières de l’Union européenne, mais partout dans le monde.

C’est le principe qui sous-tend la Journée mondiale de l’environnement. Elle jouera un rôle capital pour la mobilisation de l’ensemble des acteurs concernés. Les initiatives de la société civile et les partenariats noués avec les gouvernements, les institutions internationales et les organisations non gouvernementales facilitent grandement l’application des mesures décidées au plan international, et leur importance a été reconnue pour la première fois par les Nations Unies à Johannesburg. A son échelle, chacun peut contribuer à garantir le respect des engagements pris lors du Sommet.

Pour sa part, la Commission européenne veille à faire en sorte que la Journée mondiale de l’environnement reçoive l’attention qu’elle mérite, en organisant chaque année une « Semaine verte » et des « Journées vertes ». Cette année, le thème de la Semaine verte (du 2 au 5 juin, à Bruxelles) est « Modifier notre comportement ». Ce sera l’occasion pour beaucoup de participants de débattre, dans la foulée de Johannesburg, de questions environnementales aussi cruciales que les ressources en eau, la consommation et la production durables, les énergies renouvelables et le changement climatique. Les Journées vertes (du 30 mai au 9 juin) s’articuleront autour de manifestations organisées au plan local dans toute l’Europe et auront pour objectif de mobiliser les forces locales à l’appui des objectifs de la Semaine verte.

Je ne peux que le répéter : nous ne parviendrons au développement durable que si nous nous y employons avec conviction à tous les niveaux, et si tous les partenaires concernés collaborent.

La Journée mondiale de l’environnement devrait être l’occasion pour chacun de nous de redoubler d’efforts, au nom de la survie de notre environnement commun



Ce numéro:
Sommaire | Editorial K. Toepfer | Message pour la Journée mondiale de l’environnement | L’eau, c’est la vie | Le siècle de l’eau | Retour aux sources | Renouvellement des engagements | Villes sans eau | Limiter la pollution | Personnalités de premier plan | En bref | Un nouvel ordre du jour | Et pas une goutte à boire | Des ponts sur l’eau | Publications et produits | Parcours d’obstacles | La dérive de la diversité biologique | Halte au gaspillage | L’eau : la priorité des pauvres | Puissance atomique

 
Articles complémentaires:
Margot Wallström: Redistribuer les responsabilités
(Les substances chimiques) 2002
Dans le numéro Water, 1996
Dans le numéro Freshwater, 1998


AAAS Atlas of Population and Environment:
Freshwater
Freshwater wetlands
Mangroves and estuaries