Des benefices par delà
les frontières

 
Nelson R. Mandela et Sa Majeste la Reine Noor
déclarent que les aires protégées et les sites du Patrimoine mondial sont indispensables à la sauvegarde de notre avenir



C’est avec un grand enthousiasme qu’il y a deux ans, nous avions promis notre soutien au Congrès mondial sur les parcs de l’UICN. Ce faisant, nous aspirons à donner à cette rencontre capitale son public le plus important. Nous espérons inciter les dirigeants politiques, les entreprises et toutes les autres parties prenantes à reconnaître que les aires protégées sont des trésors à préserver et à partager pour le bien de notre génération et des générations futures, aux niveaux local, national et international.


Les sites du Patrimoine mondial et d’autres aires protégées sont un don exceptionnel transmis d’une génération à l’autre. Sur terre comme sur mer, ils abritent des millions d’espèces qui forment un tissu vivant étroitement lié à la survie de l’espèce humaine. Ils protègent nos trésors historiques et notre patrimoine culturel. Ils procurent des moyens d’existence durables aux communautés locales du monde entier.

Les aires protégées régulent et temporisent les processus naturels afin d’équilibrer notre climat. La protection de ces systèmes naturels permet également d’améliorer la qualité de l’air, du sol, de l’eau et de la vie. Les aires protégées sont des magasins génétiques qui promettent un avenir plus sain à notre planète et à ses habitants. Lorsque nous sauvegardons ces précieux sites, nous sauvegardons notre avenir. Si nous ne disposions pas d’un réseau efficace d’aires protégées, ces avantages pour la société seraient perdus et les chances d’atténuer la pauvreté et de transmettre un héritage aux générations futures grandement diminuées.

Et pourtant, il arrive que les droits des communautés locales et indigènes soient compromis et que leur voix ne se fasse pas entendre ; que des habitats disparaissent ou se dégradent, dans les déserts comme dans les terres humides ; que des espèces disparaissent à un rythme intolérable. Trop de parties prenantes considèrent encore les aires protégées comme une contrainte pour leurs activités, et les systèmes d’évaluation ne tiennent pas compte des avantages qu’elles représentent pour la société. Nous n’avons pas encore trouvé un système véritablement représentatif des aires protégées ; trop de parcs n’existent qu’en théorie et beaucoup manquent des structures financières appropriées et d’un personnel correctement formé.

Dans cette conjoncture, le thème central du Congrès mondial sur les parcs – Les bénéfices par delà les frontières – semble prometteur. Il comporte un programme tourné vers l’avenir, qui nous permettra de reprendre contact avec nos meilleurs alliés – souvent ignorés pourtant –, à savoir les communautés d’intérêt au sens large, pour atteindre de nouveaux résultats et des cibles ambitieuses. Le fait que ce soit l’Afrique qui accueille le Congrès va permettre de se focaliser davantage sur les besoins des populations et sur l’atténuation de la pauvreté, de façon à ce que le développement durable devienne le véritable fondement de la conservation.

Les défis sont réels, mais l’ordre du jour du Congrès est visionnaire. Il ne doit pas se contenter d’identifier les tendances à renverser : il doit servir de catalyseur à une action mondiale redynamisée pour le bien des populations et des aires protégées.

Nombre des aires protégées africaines les plus belles trouvent leur origine dans le passé colonial, et traditionnellement, elles ont été « réservées » par les privilégiés pour les privilégiés. Nous devons continuer à nous libérer de cet héritage.
Lorsque les nations ont du mal à rester en bons termes, les aires protégées ont le pouvoir de stimuler la coopération et de contribuer à la sécurité et à la conservation
Dans bien des régions du monde, le travail des gardes des parcs devient de plus en plus dangereux, les aires protégées étant souvent la cible, la victime ou l’objet de délits et de conflits violents. Le moment est venu de protéger ceux qui les protègent, ceux qui travaillent sur la ligne de front de la conservation et qui donnent parfois leur vie pour les aires protégées.

A l’heure où le monde entier fait des efforts pour lutter contre le VIH/sida, nous oublions que les aires protégées sont peut-être les « banques génétiques » uniques qui détiennent la clé des maladies les plus dévastatrices du monde. Il est temps de consacrer davantage de ressources à la conservation de cette diversité biologique et de reconnaître les connaissances traditionnelles.

Lorsque les nations ont du mal à rester en bons termes, les aires protégées ont le pouvoir de stimuler la coopération et de contribuer à la sécurité et à la conservation. Nous devons intensifier nos efforts de promotion du concept de « Parc de la paix » et montrer l’exemple politique dans ce domaine.

En accueillant le Congrès de Durban, nous partageons notre passion pour le changement et notre optimisme pour l’avenir de l’humanité et de la planète. Tout en célébrant les réalisations passées, nous devons aussi reconnaître les enseignements tirés, afin que l’avenir des aires protégées devienne une force d’unité et un objectif commun de développement de nos communautés – locales et mondiales


Nelson R. Mandela et Sa Majesté la Reine Noor parrainent le cinquième Congrès mondial sur les parcs.

Photo : Gerald Hinde/UNEP/Topham


Ce numéro:
Sommaire | Editorial K. Töpfer | Un patrimoine crucial | Des bénéfices par delà les frontières | Un patrimoine commun | La belle ou la bête ? | Merveilles du monde | La protection du patrimoine mondial | Personnalités de premier plan | Parcs et participation | En bref : Les aires protégées | Profil : Harrison Ford | L’avenir des parcs | Le Fonds pour les récifs coralliens | De véritables bijoux | De nouveaux partenariats | Les points chauds de la diversité biologique | Publications et produits | La conservation dans les régions en conflit | Info | Au vert ou en rouge ? | La Terre : une question de foi | Faites des parcs, pas la guerre

 
Articles complémentaires:
Ce numéro: Sommet mondial sur le développement durable, 2002
Ce numéro: La montagne et L’écotourisme, 2002
HM Queen Noor of Jordan: La sécurité dans un monde de plus en plus petit
(Les substances chimiques) 2002
HM Queen Noor of Jordan: The right to diversity
(The Environment Millennium) 2000
Ce numéro: Biological Diversity, 2000
Ce numéro: Tourism, 1999
Ce numéro: Culture, Values and the Environment, 1996


AAAS Atlas of Population and Environment:
Biodiversity
Ecosystems