Place au
CHANGEMENT

 Margaret Beckett
présente une nouvelle initiative visant à éliminer tout ce qui fait barrage à l’augmentation de l’efficacité énergétique et à l’utilisation des énergies renouvelables

Il est possible d’atteindre une économie peu tributaire du carbone, à condition que tous les pays s’y intéressent sérieusement et aient l’intention d’améliorer notre sécurité énergétique collective.

Le Royaume-Uni a déjà fait un pas important dans ce domaine. En février 2003, nous avons publié notre Livret blanc de l’énergie – le premier document complet concernant notre stratégie énergétique future publié depuis 20 ans, qui reconnaît l’interdépendance fondamentale entre la croissance économique, le progrès social et les objectifs environnementaux. L’objectif de cette stratégie à long terme est de parvenir à une diminution de 60 % des émissions de dioxyde de carbone d’ici à 2050 environ.

Mais il ne suffit pas que le Royaume-Uni et quelques pays aux objectifs similaires souhaitent une économie peu tributaire du carbone pour que celle-ci devienne réalité. Il est essentiel qu’il y ait une participation d’envergure mondiale – les gouvernements ne peuvent pas en être les seuls artisans. Il faut que les décideurs, les entreprises et la société civile travaillent en étroite collaboration pour procéder aux changements indispensables.

l’année dernière, lors du Sommet mondial de Johannesburg sur le développement durable, j’avais lancé l’idée du Partenariat pour l’énergie renouvelable et l’efficacité énergétique (REEEP), fondé par un groupe composé de gouvernements, d’entreprises et d’associations qui considéraient que ce n’est qu’en nous associant que nous parviendrons à tenir les engagements relatifs à l’énergie durable pris lors du Sommet.

Je suis convaincue que le partenariat est un véhicule clé pour transformer ces engagements en résultats positifs, en ce qu’il fait appel aux meilleures idées du monde entier pour parvenir aux objectifs fixés.

Il sera essentiel d’utiliser efficacement l’énergie. Dans le cadre du REEEP, notre expérience et celle de nombreux autres pays de la mise en œ:uvre de mesures d’efficacité énergétique peuvent être utiles à tous. Le Royaume-Uni souhaite ardemment profiter de l’expérience d’autres nations.

Il est également urgent d’augmenter considérablement les sources d’énergie renouvelables. Au sein du REEEP, nous pouvons œ:uvrer ensemble à cette fin.

Les barrières faisant obstacle à l’adoption de technologies liées à l’efficacité énergétique et d’énergies renouvelables restent nombreuses : politiques, subventions et dispositions structurelles inappropriées, difficultés d’accès aux financements, et manque de capacité institutionnelle et humaine. Pour les surmonter, il faut un effort concerté des gouvernements, des entreprises, des institutions financières et de l’ensemble de la société civile. Le REEEP peut faciliter la canalisation de cette activité au niveau régional et mondial, et veiller à ce que les politiques sans danger pour le climat soient associées à la croissance économique, à l’atténuation de la pauvreté et au respect des besoins variés des pays en développement.

Il nous faut parvenir à une efficacité énergétique et une utilisation de l’énergie renouvelable accrues, et le développement technologique et la coopération internationale peuvent nous y aider. Il nous faut un partenariat mondial de gouvernements, d’entreprises et d’autres parties prenantes œ:uvrant ensemble pour favoriser la croissance du marché des énergies renouvelables et des technologies peu énergivores, et s’efforçant de faire tomber les barrières politiques, techniques, commerciales et réglementaires. Les technologies sans danger pour le climat peuvent donner naissance à une économie compétitive et durable, tout en montrant qu’il est tout à fait possible d’atteindre les cibles ambitieuses et à long terme fixées pour le changement climatique.

Les partenaires du REEEP se fixeront trois grands objectifs :

  • Identifier et lever les barrières commerciales. Celles-ci diffèrent selon les régions, ce qui confère au REEEP une dimension régionale importante. Un des premiers soucis du REEEP sera sans doute de créer un réseau de régulateurs – ou une série de réseaux.

  • Aider au financement des projets novateurs liés à l’énergie renouvelable et à l’efficacité énergétique. En facilitant les liens entre les entreprises et d’autres innovateurs, les partenaires du REEEP favoriseront les projets énergétiques durables au niveau national et régional – tel que le développement du marché des services énergétiques, les programmes de certificats d’énergie renouvelable négociables et le programme d’échange des émissions de carbone de l’Union européenne.

  • Jouer un important rôle de communication, en parrainant et en expliquant les avantages de l’énergie renouvelable et de l’efficacité énergétique aux organisations internationales, aux gouvernements, aux régulateurs, aux entreprises et à d’autres parties prenantes clés.

En tant que partenariat mondial, le REEEP a la possibilité d’influencer la direction future d’un nouveau marché en pleine expansion et il offre un accès unique aux principaux décideurs et régulateurs. Il ouvre la porte à un partage mondial de nouvelles technologies et opportunités d’innover. Il permet d’évaluer diverses options à la lumière de ce qui a marché – et de ce qui n’a pas marché – dans différents pays et régions.

Il a déjà fait les preuves de son utilité. Un plan régional a été élaboré lors d’une récente réunion des partenaires du REEEP à Beijing. Il permettra aux pays d’œ:uvrer ensemble en faveur de l’efficacité énergétique et de l’utilisation des énergies renouvelables.

l’économie mondiale peu tributaire du carbone est à notre portée. Mais nous devrons conjuguer nos efforts pour y accéder, réduire ses coûts et partager nos connaissances, expériences et pratiques. Le REEEP jouera un rôle vital en nous aidant à parvenir à nos fins.


Margaret Beckett est la Secrétaire d’Etat britannique à l’Environnement, à l’Alimentation et aux Affaires rurales.

Ressource complémentaire : REEP in the News



Ce numéro:
Sommaire | Editorial | La cle du développement | Le défi de l’énergie | L’energie végétale | Bioénergie : bien faire et faire bien | Une nouvelle énergie pour le développement | Personnalités de premier plan | Place au changement | Une croissance soucieuse | Une énergie verte | En bref : l’énergie | Des Reves Durables | Un avenir plus radieux | Un pétrole plus « vert » | Ciel bleu pour Honda | Publications et produits | Une nouvelle énergie pour vaincre la pauvreté | Les architectes des énergies nouvelles | Passons aux choses sérieuses | L’Islande brise la glace | Je voudrais voir 100 % d’énergie renouvelable


Articles complémentaires:
Sommet mondial sur le développement durable, 2002
L’energie et l’environnement, 2001
Disasters, 2001
Climate and Action, 1998


AAAS Atlas of Population and Environment:
Natural Resources
Air Pollution
Climate Change


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