Je voudrais voir
100 % d’énergie renouvelable

 Amaidhi Devaraj
Grâce à sa géographie et à ses immenses côtes, l’Inde possède un formidable potentiel de production d’énergie renouvelable.

Les jeunes peuvent participer à l’exploitation de cette énergie. Un étudiant en génie civil de Pune vient d’inventer un dispositif qui produit de l’énergie grâce au passage de véhicules sur un système de ressorts. Les véhicules passent sur un dispositif qui ressemble à un ralentisseur, et le mouvement constant de bas en haut du ressort interne est suffisant pour générer de l’électricité par induction magnétique.

Un de ces « ralentisseurs » pilotes sera bientôt installé à Bangalore, ville animée et très commerçante où se sont effectués la recherche et le développement. Bangalore compte 11 millions de véhicules et on estime que l’énergie pouvant être générée en un jour suffirait à alimenter tous les projecteurs du stade de football pendant toute une semaine.

La création sur Internet de forums de discussion et de groupes possédant les mêmes centres d’intérêt représente une autre forme d’action à la portée des jeunes Indiens. A travers ces forums, ils se rassemblent et discutent de la manière dont ils peuvent inciter le Gouvernement et les autorités locales à intensifier leurs efforts en matière d’énergie durable.

J’ai également travaillé avec un autre groupe de jeunes qui cherchaient le moyen de créer un carburant automobile vert à partir de mélasse de sucre de canne.

L’Inde reste cependant une terre de villages. Les populations rurales sont largement tributaires du bois de feu, des déchets agricoles et des déjections animales pour couvrir leurs besoins énergétiques fondamentaux en matière de chauffage et de cuisson. Avec une démographie toujours plus importante qui avoisine le milliard d’habitants, la consommation de bois de feu dépasse largement les réserves durables, ce qui provoque le déboisement et la désertification. La désertification de la région proche des forêts du Bandipur, près de chez moi dans le Sud de l’Inde, témoigne du fait que les paysans pauvres et sans terre et les populations tribales sont totalement dépendants du bois de feu. En quelques années, j’ai vu de belles forêts verdoyantes se transformer en terres arides.

La pratique séculaire qui consiste à brûler des déjections animales et des déchets agricoles pour cuire les aliments est tout aussi destructrice, car privés d’un engrais précieux, les sols s’appauvrissent. La combustion imparfaite des bouses de vache dans les fourneaux traditionnels crée une fumée dense dans les modestes habitations des villageois, provoquant ainsi des problèmes respiratoires et de vision chez de nombreux enfants et femmes. La stratégie du Gouvernement consiste à promouvoir les installations de biogaz qui permettent de recycler la bouse de vache et d’exploiter son potentiel en tant que combustible sans pour autant détruire la valeur du fumier. Les installations de biogaz qui traitent les déjections humaines et utilisent le méthane ainsi produit pour la cuisson sont également intéressantes. Pour qu’elles se développent à grande échelle, ces deux méthodes ont besoin d’être mieux connues et de bénéficier d’incitations fiscales. A Delhi et dans d’autres grandes villes, l’abandon du diesel au profit du gaz pour les bus urbains et les pousse-pousse motorisés a permis d’améliorer considérablement la qualité de l’air. La population, et notamment les jeunes, souhaitent voir se multiplier les initiatives de ce genre.

L’Inde a fait un grand pas en avant vers l’exploitation de l’énergie renouvelable grâce au biogaz, à la biomasse, à l’énergie solaire, à l’énergie éolienne, à la petite hydraulique et à d’autres technologies émergentes. Le Gouvernement offre désormais une réduction de leur facture d’électricité mensuelle aux personnes qui installent des chauffe-eau solaires. Il faut davantage de stimulants de ce type. j’espère que durant ma vie, l’Inde sera alimentée à 100 % par des énergies renouvelables que nous maîtriserons totalement, de façon à ce que les générations futures ne soient plus tributaires des combustibles fossiles polluants, sur lesquels nous n’avons aucun contrôle.


Amaidhi Devaraj étudie le droit à l’Université de Bangalore, Inde.

Ce numéro:
Sommaire | Editorial | La cle du développement | Le défi de l’énergie | L’energie végétale | Bioénergie : bien faire et faire bien | Une nouvelle énergie pour le développement | Personnalités de premier plan | Place au changement | Une croissance soucieuse | Une énergie verte | En bref : l’énergie | Des Reves Durables | Un avenir plus radieux | Un pétrole plus « vert » | Ciel bleu pour Honda | Publications et produits | Une nouvelle énergie pour vaincre la pauvreté | Les architectes des énergies nouvelles | Passons aux choses sérieuses | L’Islande brise la glace | Je voudrais voir 100 % d’énergie renouvelable


Articles complémentaires:
Sommet mondial sur le développement durable, 2002
La pauvreté, la santé et l’environnement, 2001
L’energie et l’environnement, 2001


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