EDITORIAL
En direct des bureaux de Klaus Toepfer, Secrétaire général adjoint des Nations Unies et Directeur exécutif du PNUE, et Corrado Clini, Directeur général du Ministère italien de l’Environnement et ancien co-Président du Groupe de travail sur l’énergie renouvelable du G8

Au moment où des partenaires se retrouvent à Milan pour une nouvelle étape des négociations sur le changement climatique, certains s’interrogeront sur l’intérêt de cette rencontre, puisque le Protocole de Kyoto – l’ instrument international de lutte contre le réchauffement mondial – n’est pas encore entré en vigueur.

Ils diront qu’il est impossible d’obtenir des résultats concrets tant que 55 pays représentant 55 % des émissions industrielles ne l’auront pas ratifié.

Ces sceptiques devraient sortir de leur cocon de morosité et prendre conscience des initiatives qui florissent autour d’eux.

En Italie – pays qui accueille cette 9e session de la Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique – par exemple, les producteurs d’énergie sont obligés, depuis 1999, d’intégrer une quantité fixe d’énergie renouvelable dans le réseau de distribution national. Un plan national visant à augmenter la production d’énergie éolienne et de la biomasse a été mis en place : il a déjà permis de créer une capacité éolienne de 800 MW, et une capacité de la biomasse de 10 MW à Maratta Bassa en Ombrie.

De nouvelles lois, des incitations économiques et l’accord accéléré des projets – dans le cadre d’initiatives nationales ou issues de l’Union européenne – ont permis d’améliorer les perspectives d’une énergie moins polluante.

Les fournisseurs d’énergie et les banques participent activement à cet effort, montrant une fois de plus que la protection de la planète est une entreprise rentable et créatrice d’emplois.

L’année prochaine, l’Allemagne accueillera la Conférence internationale sur les énergies durables. En octobre dernier, le Gouvernement britannique a lancé son partenariat pour les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique (REEEP) et en novembre, l’Italie a lancé le Partenariat méditerranéen pour l’énergie renouvelable à l’occasion de la Conférences des parties à la Convention de Barcelone. Ce sont des idées qui étaient nées lors du Sommet mondial sur le développement durable de l’année dernière, et qui s’inspirent des recommandations du Groupe de travail du G8 sur les énergies renouvelables.

REEEP fournit déjà avec succès l’énergie solaire à des communautés isolées d’Inde, du Brésil et du Sri Lanka, en partenariat avec des sociétés comme BP Solar et Shell Renewables.

REEEP est le projet le plus récent, mais ce n’est ni le premier ni le dernier. L’année passée, le Réseau mondial relatif à l’énergie pour le développement durable – avec le concours de centres spécialisés d’Inde, d’Argentine, du Sénégal, du Kenya et d’autres pays – a été lancé à Johannesburg.

Le PNUE et la Fondation des Nations Unies – dont l’organisation sœ:ur Better World Fund (le Fonds pour un monde meilleur) a généreusement parrainé ce numéro de Notre Planète – ont développé le programme REED (Développement des entreprises rurales de fourniture d’énergie). Celui-ci a débouché sur trois nouvelles initiatives : AREED en Afrique, CREED en Chine et B-REED qui cible les régions de Bahia et d’Alagoas dans le Nord-Est du Brésil. Parmi les autres parties prenantes, citons le Fonds pour les partenariats internationaux, E+Co, le Fonds Blue Moon, The Nature Conservancy et le centre danois Riso, partenaire du PNUE.

Le programme a pour mission de créer des réseaux de sociétés et entreprises œ:uvrant en faveur des énergies non polluantes dans les pays en développement. AREED, par exemple, a investi dans 15 entreprises soutenant des projets tels que la fabrication de cuisinières à combustion efficace, de chauffe-eau solaires et d’éoliennes de pompage, et l’amélioration de la distribution du gaz de pétrole liquéfié.

L’accès à l’énergie est essentiel pour atteindre les Objectifs de développement du millénaire et réaliser le Plan de mise en application du Sommet de Johannesburg, et si l’on veut que la proportion d’êtres humains vivant dans la pauvreté diminue de moitié d’ici à 2015.

Quelque 3 milliards de personnes sont tributaires des déjections animales, du charbon, du charbon de bois et du kérosène pour cuisiner et se chauffer. L’inefficacité de ces énergies contribue à la pollution ambiante intérieure et locale, à laquelle on peut attribuer jusqu’à 5 % des maladies mondiales.

Le Fonds pour l’environnement mondial parraine une étude du potentiel solaire et éolien des pays en développement. Et l’Initiative de financement de l’énergie durable (SEFI), lancée il y a quelques semaines à peine à l’occasion de la réunion de l’Initiative de financement du PNUE à Tokyo au Japon, s’inscrit au nombre des tentatives faites pour renverser les barrières financières freinant l’adoption rapide et généralisée des systèmes énergétiques non polluants.

Ce ne sont que quelques-uns des projets, partenariats et initiatives déployés dans ce domaine. D’autres sont en cours aux Etats-Unis, au Japon et ailleurs. Ils ne seront pas tous couronnés de succès. Il est possible que certains végètent et disparaissent. Mais il faut beaucoup de fleurs pour faire un beau bouquet et elles sont actuellement si nombreuses à s’ouvrir que la promesse d’un avenir moins axé sur le carbone apparaît beaucoup plus réelle.

A Milan, nous devons arroser ce jardin de façon à ce que les initiatives que soutiennent si activement tant de pays, de sociétés et de communautés soient déjà bien implantées lorsque le Protocole de Kyoto entrera finalement en vigueur.



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Ce numéro:
Sommaire | Editorial | La cle du développement | Le défi de l’énergie | L’energie végétale | Bioénergie : bien faire et faire bien | Une nouvelle énergie pour le développement | Personnalités de premier plan | Place au changement | Une croissance soucieuse | Une énergie verte | En bref : l’énergie | Des Reves Durables | Un avenir plus radieux | Un pétrole plus « vert » | Ciel bleu pour Honda | Publications et produits | Une nouvelle énergie pour vaincre la pauvreté | Les architectes des énergies nouvelles | Passons aux choses sérieuses | L’Islande brise la glace | Je voudrais voir 100 % d’énergie renouvelable


Articles complémentaires:
Sommet mondial sur le développement durable, 2002
Fonds pour l’environnement mondial, 2002
L’energie et l’environnement, 2001
Climate and Action, 1998
Climate Change, 1997


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