Profil d’une vedette
Des Reves Durables – Chin-Chin Gutierrez

A l’écran, Chin-Chin Gutierrez, une des plus célèbres actrices des Philippines, vient de jouer un rôle de mégère sophistiquée dans une série télévisée très populaire. Dans la vie, elle passe un tiers de son temps à faire campagne en faveur du développement durable – elle lance des avertissements contre le changement climatique, creuse des trous et transforme ses déchets en compost. Ce qui lui a valu d’être qualifiée d’héroïne par TIME magazine.

Notamment lauréate des prix de la meilleure actrice et du meilleur rôle secondaire décernés par la télévision asiatique – pour avoir incarné des personnages d’une extraordinaire diversité – elle est aussi une des figures de proue de la fondation Mother Earth, une organisation non gouvernementale philippine qui fait campagne pour une législation nationale sur la propreté de l’air et sur les déchets. Au printemps dernier, elle a fait la couverture du magazine d’information international, qui a salué cette « héroïne de l’Asie » qui « se sert de son nom pour diffuser un message souvent négligé » et qui rappelle « que les ressources naturelles comptent autant que la beauté et le talent ».

« Je suis une actrice et je vends du rêve », déclare Chin-Chin Gutierrez, 29 ans, qui vient pour la première fois de jouer un rôle d’anti-héroine dans la série télévisée Habang Kapiling Ka. « Un rêve peut être une vision de la réalité future. Je crois que chaque citoyen de la Terre a le devoir de rêver d’un avenir durable pour son pays. »

Dans un sens, l’environnement a toujours fait partie de sa vie. Son père était botaniste. Son grand-père paternel, pharmacien, se plaisait à marcher pieds nus dans les champs pour ne pas déranger la faune et la flore. Et l’un des premiers ouvrages écologiques modernes – La Planète au pillage de Fairfield Osborn – fut dédié à son grand-père maternel, Solomon Arnaldo, un des premiers directeurs du bureau de l’UNESCO à New York.

Pourtant, c’est un typhon qui fit d’elle une militante. Il y a six ans, elle se rendit sur une montagne sacrée, le Mont Banahaw, au sud de Manille, pour se préparer à jouer le rôle du leader d’une secte religieuse de la région. Un typhon retarda l’arrivée de l’équipe de tournage, et la semaine qu’elle passa sur place changea le cours de sa vie.

Elle retourna maintes fois sur cette montagne – et finit par y passer tous ses week-ends – pour travailler avec la population locale, planter des arbres et nettoyer les déchets abandonnés par les touristes, et « rappeler aux gens le caractère sacré de la montagne en protégeant et en restaurant son équilibre écologique ». Cette initiative fut la pierre angulaire de la fondation Mother Earth où elle préside certains projets.

Renforcement des idées
En début d’année, elle a participé à l’atelier sur le développement durable organisé par le PNUE à Bangkok. « l’atelier m'a beaucoup aidé », confie-t-elle, « il a clarifié et renforcé mes idées et convictions sur le développement durable ». Lorsqu’elle rend visite à des communautés, elle s’inspire beaucoup du rapport GEO3 du PNUE à des fins éducatives, pour expliquer le concept des traces écologiques.

Elle utilise par exemple les données sur le rétrécissement des glaciers du monde pour parler du changement climatique. « Les indicateurs du changement climatique nous montrent que les êtres humains n’ont pas le choix : ils doivent se montrer adultes. La Terre peut vivre pendant encore un milliard et demi d’années, mais rien ne prouve que l’espèce humaine puisse survivre au réchauffement mondial. Nous disposons des informations nécessaires, mais possédons-nous la volonté suffisante pour faire ce que nous devons faire ? »

« Je rêve que la plupart des Philippins soient libérés du fardeau de la pauvreté. La pauvreté est le plus grand obstacle au développement durable. La tragédie que représente la détérioration environnementale aux Philippines est rendue encore plus poignante par le fait que la majorité de la population qui vit en dessous du seuil de pauvreté est tributaire de la diversité biologique pour s’alimenter et se loger. »

« Ainsi, pour adapter une pensée de Paul Hawken, un des écrivains qui m'a le plus influencée, il faut donc que le mouvement écologique aux Philippines passe du statut de lutte pour la survie de la Terre à celui de lutte pour la défense des droits de l’homme – le droit à l’alimentation, le droit aux moyens d’existence, le droit à la culture, à la vie en communauté et à l’autosuffisance. »


GL

Ce numéro:
Sommaire | Editorial | La cle du développement | Le défi de l’énergie | L’energie végétale | Bioénergie : bien faire et faire bien | Une nouvelle énergie pour le développement | Personnalités de premier plan | Place au changement | Une croissance soucieuse | Une énergie verte | En bref : l’énergie | Des Reves Durables | Un avenir plus radieux | Un pétrole plus « vert » | Ciel bleu pour Honda | Publications et produits | Une nouvelle énergie pour vaincre la pauvreté | Les architectes des énergies nouvelles | Passons aux choses sérieuses | L’Islande brise la glace | Je voudrais voir 100 % d’énergie renouvelable


Articles complémentaires:
Sommet mondial sur le développement durable, 2002
La pauvreté, la santé et l’environnement, 2001
Climate and Action, 1998
Climate Change, 1997



AAAS Atlas of Population and Environment:
Natural Resources
Air Pollution
Climate Change


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