Le défi de
L’ENERGIE

 Ted Turner
évoque les enjeux liés à la pauvreté énergétique et au changement climatique et il présente les mesures prises par la Fondation des Nations Unies dans ce domaine

La problématique du développement pourrait se résumer ainsi : d’une part des besoins mondiaux croissants en matière d’énergie, d’autre part, la nécessité collective de vivre dans un environnement sain. Au niveau mondial, les combustibles fossiles sont responsables de près de 60 % des émissions qui provoquent l’épaississement de la couverture atmosphérique de dioxyde de carbone de la Terre et la capture de quantités toujours plus importantes de chaleur. Aux Etats-Unis, les combustibles fossiles sont responsables d’une part encore plus importante de ces émissions, soit 85 %.

Parmi toutes les menaces auxquelles est confronté l’environnement mondial, la perspective du changement climatique est la plus inquiétante. La communauté scientifique est pratiquement unanime quant à la réalité du changement climatique, mais elle n’est pas encore capable de préciser la rapidité ou l’ampleur des impacts de ce changement.

Face à ces réalités et à des risques d’une telle envergure, l’attitude responsable consiste à s’engager sur la bonne voie. Nous disposons d’ores et déjà d’outils nous permettant de réduire les émissions de carbone – l’augmentation de l’efficacité énergétique et de l’usage des énergies renouvelables – et des incitations économiques permettraient de dynamiser leur utilisation.

Energie et développement humain
Sur 6 milliards d’êtres humains, un tiers bénéficie, comme c’est le cas des Américains, de toute l’énergie dont il peut avoir besoin et un autre tiers de services énergétiques intermittents. Le dernier tiers, soit 2 milliards de personnes, n’a pas accès aux services énergétiques modernes. Les laissés pour compte de l’énergie sont naturellement parmi les plus déshérités du monde, ceux qui vivent avec moins de deux dollars par jour. Et leur nombre ne fera qu’augmenter. Selon les estimations des Nations Unies, les 50 nations les plus pauvres du monde verront leur démographie tripler au cours des 50 prochaines années. En l’absence de sources énergétiques fiables, le développement socioéconomique n’est pas possible.

Plusieurs nouveaux modèles ont permis de démontrer, sur une échelle limitée, les diverses approches applicables au financement et à la fourniture de services énergétiques ruraux. L’enjeu consiste à tirer parti de ces réussites et à augmenter leur impact en multipliant les programmes efficaces et en incitant les sociétés privées à investir dans le développement de l’énergie durable.

Le rôle de la Fondation des Nations Unies
La Fondation des Nations Unies a déjà investi plus de 28 millions de dollars dans des projets des Nations Unies concernant le défi énergétique. Un de nos projets phares, l’Initiative africaine de développement rural (AREED), cherche à développer de nouvelles entreprises liées à l’énergie durable utilisant des technologies énergétiques propres, efficaces et renouvelables pour répondre aux besoins énergétiques des populations privées d’énergie, tout en réduisant les conséquences environnementales et de santé des modes actuels d’utilisation de l’énergie.
L’attitude responsable consiste à s’engager sur la bonne voie
L’idée d’AREED consiste à proposer aux entreprises s’intéressant à la fourniture d’énergie en milieu rural des services de développement de leur société et des fonds de démarrage. Ce soutien financier et technique intégré permet aux entreprises de se préparer et de se structurer pour préparer leur croissance et de minimiser les risques pris par d’éventuels partenaires financiers extérieurs souhaitant investir dans le secteur.

Au Mali, pays où le bois de feu et le charbon assurent plus de 90 % des besoins énergétiques des ménages, l’AREED aide les entreprises locales à développer d’autres combustibles ménagers, afin d’atténuer la dépendance vis-à-vis des énergies traditionnelles qui sont responsables de la dégradation des forêts et de la désertification, et qui contribuent à la pauvreté générale. Une société locale répond à ce besoin en fabriquant des briquettes à partir de déchets agricoles comme les écorces de noix de coco, d’arachides, de cacahuètes et de riz, et la sciure. L’AREED a permis à la société de disposer d’une étude de marché et d’une stratégie qui faciliteront la commercialisation de ses produits et son expansion future.

Face aux succès remportés par l’AREED, la Fondation des Nations Unies a décidé de soutenir des activités similaires au Brésil et en Chine.


Ted Turner est le Directeur général de la Fondation des Nations Unies.

Ce numéro:
Sommaire | Editorial | La cle du développement | Le défi de l’énergie | L’energie végétale | Bioénergie : bien faire et faire bien | Une nouvelle énergie pour le développement | Personnalités de premier plan | Place au changement | Une croissance soucieuse | Une énergie verte | En bref : l’énergie | Des Reves Durables | Un avenir plus radieux | Un pétrole plus « vert » | Ciel bleu pour Honda | Publications et produits | Une nouvelle énergie pour vaincre la pauvreté | Les architectes des énergies nouvelles | Passons aux choses sérieuses | L’Islande brise la glace | Je voudrais voir 100 % d’énergie renouvelable


Articles complémentaires:
Patrimoine Mondial et Aires Protégées, 2003
Sommet mondial sur le développement durable, 2002
Climate and Action, 1998
Climate Change, 1997


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