Personnalités de premier plan



Demetrio do Amaral de Carvalho
Demetrio do Amaral de Carvalho, un des pères fondateurs et héros de l’environnement du Timor oriental – la nation la plus récente du monde – s’est vu décerner un des Prix Goldman de l’environnement de cette année. Ancien chef de la résistance, il fonda le premier groupe de pression environnemental de son pays alors que celui-ci était encore occupé, et c’est en grande partie grâce à lui que les principes écologiques ont été inclus dans la constitution de la nation, afin de faciliter la gestion des forêts ombrophiles, des récifs coralliens et des vastes réserves de pétrole et de gaz du pays.

Deux victimes de la tragédie de Bhopal, Rashida Bee et Champa Devi Shukla ont reçu un des prix fondés par Richard et Rhoda Goldman il y a quinze ans pour récompenser les militants environnementaux de base. Bien que pauvres et malades, les deux femmes ont organisé une grève de la faim pour attirer l’attention sur les suites de la catastrophe et elles se sont porté partie civile dans l’action collective destinée à obtenir le nettoyage du site.

Les autres lauréats sont : Margie Richard, qui a obtenu que les habitants de son quartier, baptisé « l’Allée du Cancer » en Louisiane, aux Etats-Unis, soient relogés; Libia Grueso qui, au péril de sa vie, a réussi à stopper le déboisement, en Colombie, de l’une des forêts ombrophiles les plus riches du monde ; Rudolf Amenga-Etego, un avocat ghanéen qui s’est battu pour la suspension d’un projet de privatisation de l’eau qui aurait rendu plus difficile l’accès à l’eau propre pour les pauvres, et Manana Kochladze, qui lutte contre un projet d’installation d’un pipeline de pétrole à travers sa Géorgie natale.

Ce prix de 125 000 dollars, considéré comme le « Prix Nobel de l’environnement », est décerné chaque année à des militants de six régions du monde. L’étude réalisée auprès des précédents lauréats estime que leurs travaux ont déjà bénéficié à 102 millions de personnes.



Professor Wangari Maathai Wangari Maathai, l’adjointe au ministre Kenyan de l’environnement, s’est vu décerner deux autres prestigieux prix internationaux pour son combat en faveur du développement durable. En lui remettant le Prix Petra Kelly, la Fondation Heinrich Böll a salué sa « position unique dans la politique africaine et son engagement envers les questions environnementales ». Le jury du Prix Sophie – créé en 1997 par l’auteur norvégien Jostein Gaarder et son épouse Siri Dannevig – l’ont qualifiée de « militante écologiste la plus franche et la plus respectée d’Afrique ». Le jury a ajouté qu’elle « avait été une des premières à adopter une approche holistique et populaire du développement, associant l’éducation environnementale et la responsabilisation de la société civile, et notamment des femmes.


Keisha Castle-Hughes Keisha Castle-Hughes, treize ans et star de « La légende des baleines », a délaissé la traditionnelle limousine au profit d’une Toyota Prius hybride pour se rendre à la cérémonie de remise des Oscars – où elle était nominée « meilleure actrice » – afin d’attirer l’attention sur la lutte contre le réchauffement mondial.

« Même si je ne suis pas encore en âge de conduire, je suis en âge de comprendre que l’environnement est en danger », a-t-elle expliqué.

Charlize Theron, Sting, Robin Williams, Jack Black, Tim Robbins et Will Ferrell se sont également rendus à la cérémonie en voitures hybrides, grâce au groupe environnemental Global Green USA. Ferrell, d’ailleurs propriétaire d’une Prius, a déclaré: « Elles sont économiques et écologiques, évidemment, mais en plus, elles sont très agréables à conduire et tout à fait sexy ! ».



Monica Ali Des célébrités britanniques ont lancé une campagne demandant au public de faire « un seul petit changement » dans leur vie quotidienne, afin de marquer la Journée mondiale de l’environnement.

Monica Ali, auteur de Brick Lane, ouvrage sélectionné pour le dernier Booker Prize, a promis de planter un arbre, de réutiliser les sacs en plastique (« je déteste ça ») et de ne pas laisser le robinet couler lorsqu’elle se brosse les dents (« je suis sidérée de voir combien d’eau cela permet d’économiser »). Le célèbre journaliste de Channel Four, Jon Snow, a promis d’équiper sa chasse d’eau d’un système économiseur et Chris Tarrant, présentateur de TV, a entrepris de planter un arbre. Le rédacteur en chef de Notre Planète, Geoffrey Lean, a promis de se procurer un destructeur de documents pour pouvoir ajouter à son compost tous les communiqués de presse qui s’accumulent sur son bureau.

Une enquête parrainée par la National Environment Agency a montré que 73 % des personnes habitant l’Angleterre et le Pays de Galles s’investiraient plus dans la protection de l’environnement si elles avaient l’impression que cela fait une différence.


Photos : Jim Iocona, J Eggitt-AFP, Premiere, The Daily Star


Ce numéro:
Sommaire | Editorial K. Töpfer | Intégration au développement | Les jours oubliés de la Création | Restaurons une perle | Empêchez mon pays de disparaître ! | Libération d’énergie | Les océans ont besoin des montagnes | Personnalités de premier plan | Un couloir dans l’océan | En bref : Mers, océans et petites îles | Profil : Cesaria Evora | Aucune île n’est totalement isolée | Petites îles, fort potentiel | La vulnérabilité des petits | Une résistance naturelle | Publications et produits | Réduction des risques de marées noires | Pour rééquilibrer les chances | Voisins sans frontières | Mère Nature pourra-t-elle attendre ? | Les canaris du Pacifique

 
Articles complémentaires:
Sommet mondial sur le développement durable, 2002
Eau, assainissement et humanité, 2003


AAAS Atlas of Population and Environment:
Ecosystems