Une voix
unique

 
 Laura Liswood
décrit comment le Réseau des femmes ministres de l’Environnement aborde de manière inédite les défis environnementaux.


Conscientes qu’il s’agit d’un moment crucial pour l’environnement – et que les femmes ont une façon bien à elles d’envisager les défis et les opportunités qui se présentent au monde – 22 femmes ministres de l’Environnement et 28 dirigeantes d’organisations environnementales intergouvernementales et non gouvernementales se sont réunies à Helsinki, en Finlande en mars 2002. Sous l’égide de l’Assemblée internationale des femmes ministres, cette rencontre historique réunissait des femmes d’Afrique, d’Asie, d’Europe et d’Amérique du Nord et du Sud. C’était la première fois que les dirigeantes environnementales avaient l’occasion de se regrouper pour aborder les problèmes critiques de l’avenir.

A l’issue de la rencontre, deux décisions furent prises :

  • La rédaction d’une déclaration de Conclusions communes sur l’environnement, susceptible de renseigner le Sommet mondial sur le développement durable organisé en 2002 par les Nations Unies.

  • La décision à l’unanimité de créer un Réseau de femmes ministres de l’Environnement, seule et unique organisation de ce type.

Les ministres décidèrent de la création du Réseau car elles pressentaient qu’il était urgent de renverser les dangereuses tendances en matière de développement mondial et qu’il y avait un besoin criant de politiques visionnaires et concrètes dans leur propre pays et dans l’ensemble du monde. Les ministres voulaient s’assurer qu’il serait tenu compte des questions d’égalité des sexes lorsque le Sommet aborderait les problèmes environnementaux mondiaux. Les ministres considèrent d’ailleurs que les femmes – qui représentent plus de la moitié de la population mondiale – doivent participer de manière équitable si nous voulons relever les complexes défis environnementaux de notre temps.

L’élimination de la pauvreté mondiale et la promotion du développement durable sont essentiels à un monde juste et équitable. Les modes actuels de consommation et de production sont parmi les principales causes de dégradation des ressources de la Terre. Si les tendances actuelles en matière de croissance de la pauvreté, d’expansion démographique et de modes de production et de consommation perdurent, les impacts négatifs sur les ressources naturelles, l’environnement et la santé ne feront qu’empirer. Et les femmes, qui représentent la majorité des pauvres du monde, continueront à souffrir de manière disproportionnée.

Le Réseau des femmes ministres de l’Environnement


C’est principalement aux femmes qu’il incombe d’éduquer les enfants et de trouver des ressources suffisantes pour répondre aux besoins nutritionnels et de santé de la famille. Compte tenu du nombre d’interactions quotidiennes entre les femmes et l’environnement, ce sont elles qui sont les plus touchées par les dégradations environnementales. Etant donné que les pauvres du monde sont en majorité des femmes, et que celles-ci sont fortement sous-représentées dans les prises de décisions, le Réseau s’attache à augmenter la participation des femmes aux questions de développement durable. Le Réseau est convaincu que les femmes apportent de nouvelles idées, approches et stratégies permettant de protéger les populations et les ressources naturelles, tout en pratiquant un développement véritablement durable.

Les femmes apportent une voix unique aux défis et aux opportunités du développement durable. Leur expérience, leur participation et leur leadership sont indispensables au succès des efforts environnementaux.

Le Réseau des femmes ministres de l’Environnement


Le Réseau des femmes ministres de l’Environnement se charge notamment :

  • De recommander des solutions pratiques permettant de résoudre les problèmes environnementaux auxquels sont confrontées les nations du monde entier

  • De nouer des partenariats avec des organisations de la société civile, gouvernementales et non gouvernementales pertinentes

  • D’échanger des meilleures pratiques et expériences, de manière à adopter des mesures plus efficaces

  • De créer une masse critique de dirigeantes susceptibles d’influer sur les politiques nationales et internationales.

Pour l’exercice 2004-2005, les membres du Réseau ont choisi comme domaines prioritaires la démographie et l’assainissement, l’eau douce, l’énergie et la sécurité durable. De plus, à l’occasion du dixième anniversaire de la Conférence mondiale de Beijing sur les femmes, le Réseau étudiera les objectifs de Beijing dans la perspective des impératifs d’égalité des sexes et d’environnement.

Les ministres du Réseau sont convaincues que la pleine participation et le partenariat de tous – hommes et femmes- sont indispensables pour relever les défis environnementaux mondiaux. Il faut un accès équitable à l’information, de la transparence au niveau des prises de décisions et une analyse des parties prenantes, de façon à éviter les impacts négatifs sur l’un ou l’autre sexe.

La coprésidence du Réseau des femmes ministres de l’Environnement est actuellement assurée par Rejoice Mabudafhasi, Ministre déléguée aux Affaires environnementales et au Tourisme de la République d’Afrique du Sud (vice-ministre sud-africaine aux Affaires environnementales et au Tourisme), et par Lena Sommestad, Ministre suédoise de l’Environnement.

Le Réseau fait partie d’une nouvelle architecture d’organisations qui se sont créées pour faire progresser la démocratie, l’excellence en matière de gouvernance et l’égalité des sexes à travers le monde. Le Réseau fonctionne sous les auspices du Conseil mondial des dirigeantes et de l’Assemblée internationale des femmes ministres. Le Conseil mondial des dirigeantes, fondé en 1996 par Vigdís Finnbogadóttir, ancienne présidente islandaise, et Laura A. Liswood, est une organisation qui rassemble les Premières ministres et Présidentes en exercice, ainsi que les anciennes. Elle est présidée par Mary T. Robinson, ancienne Présidente irlandaise.

L’Assemblée internationale des femmes ministres, créée par le Conseil en 2002, est composée des femmes ministres en exercice de tous les portefeuilles qui sont actuellement environ 600. L’honorable Madeleine K. Albright est la Présidente fondatrice de l’Assemblée. Le Conseil et l’Assemblée ont créé trois réseaux en plus de celui des femmes ministres de l’Environnement – le Réseau des femmes ministres des Finances, de l’Economie et du Développement, le Réseau des ministres à la Condition féminine, et le Réseau des femmes ministres de la Santé. Le Conseil, l’Assemblée et les réseaux se partagent un secrétariat international situé à Washington


Laura A. Liswood est Secrétaire générale du Conseil mondial des dirigeantes et de l’Assemblée internationale des femmes ministres.

Photo : PNUE/Topham/Liem Bok Lan


Ce numéro:
Sommaire | Editorial K. Toepfer | Il reste du chemin à parcourir | Un consensus pratique | L’autonomisation des femmes | Des stratégies également efficaces | Personnalités de premier plan | Tranquillité d’esprit | Les jeunes filles sont l’avenir | L’énergie au service du changement | En bref : Les femmes, la santé et l’environnement | Aishwarya Rai | Une opportunité sans précédent | Publications et produits | Un héritage chimique | Une invasion toxique | Autonomisation d’abord | Des citoyennes engagées | Une perspective féminine | Après tout, « nature » est un mot féminin... | Une voix unique

 
Articles complémentaires:
Culture, values and the environment 1996
La pauvreté, la santé et l’environnement, 2001
Sommet mondial sur le développement durable, 2002
Eau, assainissement et humanité, 2003


AAAS Atlas of Population and Environment:
Population and natural resources