Personnalités



Claudia Feh



Lonnie Dupre



Teresa Manera



David Lordkipanidze



Kikuo Morimoto
Claudia Feh, qui est en train de réintroduire le cheval Przewalski dans les steppes de Mongolie, a reçu un des Prix Rolex à l’esprit d’entreprise 2004. Depuis dix ans, elle élève en France le seul troupeau naturel de Przewalski. En septembre dernier, elle a commencé à réintroduire cette espèce dans les plaines mongoles, là où les proches parents de la dernière espèce de chevaux sauvages de la planète gambadaient à l’époque préhistorique.

A l’âge de 19 ans, l’envie lui vint d’étudier les chevaux sauvages et semi sauvages après avoir visité les grottes de Lascaux et admiré les peintures rupestres vieilles de 17000 ans : avec sa large tête et sa crinière verticale et hérissée, le Przewalski ressemble beaucoup aux chevaux de Lascaux. En Mongolie, le takh – nom local du Przewalski – était considéré comme sacré, mais on n’y a plus vu de chevaux sauvages depuis le milieu des années 1970.

Claudia Feh, qui est originaire de Suisse, a choisi ce cheval comme point focal d’un projet de conservation intégrée qui débutera en août 2005. Fondé sur la protection et la restauration de l’habitat, ce projet est organisé en étroite collaboration avec des familles nomades mongoles.

Patricia D. Moehlman, Présidente du groupe de spécialistes des équidés de la Commission de la sauvegarde des espèces de l’IUCN, considère qu’il s’agit d’une initiative « très originale et novatrice », et ajoute : « c’est la première fois que j’entends parler d’un programme de réintroduction qui, dès le départ, propose de former de manière approfondie la population locale. »

Lonnie Dupre, l’explorateur américain, a reçu un des autres prix, qui sont décernés tous les ans pour récompenser des concepts et réalisations originaux et inédits. Il utilisera les fonds pour financer un projet qui lui tient à cœur : essayer, en compagnie de son collègue Eric Larsen, de traverser l’océan Arctique durant la périlleuse saison estivale, sans aucune aide extérieure. C’est en kayak et à skis qu’ils effectueront ce périple de 2 250 kilomètres vers l’autre bout du monde. Ils cherchent à attirer ainsi l’attention sur la menace de réchauffement mondial qui touche tout particulièrement l’Arctique et ses écosystèmes.

Une troisième lauréate du Prix Rolex, Teresa Manera, a été récompensée pour le combat qu’elle mène pour préserver une collection unique d’empreintes animales vieilles de 12 000 ans, fossilisées sur un affleurement rocheux d’une côte de son Argentine natale. Ce site de 3 kilomètres de long, qui contient des milliers d’empreintes préhistoriques, est aujourd’hui menacé par la hausse du niveau de la mer et par les touristes. Teresa Manera s’emploie à préserver les empreintes dans du latex afin que des scientifiques puissent les étudier.

Le paléoanthropologue David Lordkipanidze est lui aussi lauréat, pour des raisons assez similaires. Il a découvert à Dmanisi, dans le Sud-Caucase, les ossements de nos premiers ancêtres connus à s’être aventurés hors d’Afrique, et cela fait dix ans qu’il se bat pour mettre à jour, documenter et protéger cette nouvelle preuve des origines de l’humanité. Le Professeur Oleg Soffer, du Département d’anthropologie de l’Université de l’Illinois, considère qu’il s’agit « du plus important projet de recherche paléoanthropologique actuel ».

L’expert en soie Kikuo Morimoto se voit attribuer le dernier des prix Rolex pour avoir mis en place au Cambodge des ateliers permettant de faire revivre la production traditionnelle dans des villages pauvres, ateliers qui sont de véritables modèles de dynamisation de l’économie rurale. Il a replanté des mûriers (dont se nourrissent les vers à soie), revitalisé les techniques traditionnelles de tissage et de teinture naturelle, fournissant ainsi du travail à des centaines de personnes.




A l’heure où de nouveaux secteurs, comme les entreprises, s’intéressent à l’environnement, et où de nouveaux défis, comme la réduction de la pauvreté, doivent être relevés, Valli Moosa, l’ancien ministre sud-africain des Affaires environnementales et du Tourisme, devient Président de l’UICN – l’Alliance mondiale pour la nature. « La conservation est l’affaire de tous », a déclaré monsieur Moosa. « Nos efforts seront couronnés de succès si nous continuons à prendre de l’envergure et à faire participer davantage de gens ».



Claude Martin

Claude Martin a annoncé qu’il démissionnait de son poste de Directeur général de WWF International après plus de dix ans passés à la tête de l’organisation mondiale. Il a consacré plus de 30 ans au WWF – travaillant d’abord dans le Centre de l’Inde au début des années 1970, puis au Ghana pendant plusieurs années, avant de devenir directeur de WWF-Suisse en 1980 – qui devint sous sa direction une des plus fortes organisations nationales du réseau du WWF. Après avoir été Directeur général adjoint (Programmes) du WWF à partir de 1990, il avait pris ses fonctions actuelles en 1993.



Photos : ©Rolex Awards/Heine Pedersen, ©Rolex Awards/Marc Latzel, Rolex Awards/Marc Latzel, ©Rolex Awards/Jaques Bélat, ©Rolex Awards/Xavier Lecoultre, WWF-Canon/Jean-Luc Ray


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