l est rare que des exploitants forestiers, des grands magasins et des négociants en bois s'asseyent à la même table que des autochtones des forêts, des écologistes et des activistes des droits humains pour discuter du sort des forêts et du bois.

Pourtant, c'est exactement ce qui s'est passé en 1993 à Toronto, au Canada. Toutes les personnes présentes y trouvaient un intérêt. La gestion durable des forêts concerne tout le monde, parce qu'une forêt bien gérée produit des moyens d'existence et des ressources pendant très longtemps.

Au lieu de miser sur un abattage systématique et à court terme, les entreprises peuvent produire, fabriquer et vendre des produits, en se fondant sur le durable et sur le long terme. Les populations locales peuvent conserver leurs modes de vie traditionnels et vivre de la terre ; les travailleurs sont bien traités ; et les écologistes se félicitent qu'on donne une chance aux forêts.

Fixons des normes
Et c'est de la réunion de Toronto qu'est né le Forest Stewardship Council (FSC) - organisme reconnu à l'échelle internationale, qui fixe les normes pour la foresterie durable. Le FSC autorise l'étiquetage du bois provenant de forêts gérées selon des critères humains, environnementaux et économiques. Les normes du FSC ne concernent pas seulement l'abattage et le reboisement : elles veillent aussi à ce que les bûcherons soient traités avec dignité et à ce que les exploitants forestiers et les négociants en bois puissent dégager des bénéfices tout en préservant les ressources naturelles. Bref, elles s'assurent que personne ne scie la branche sur laquelle il est assis !

Le logo du FSC ne peut être apposé que sur les produits qui répondent à des critères très stricts à chaque étape de leur production. Les clients peuvent suivre la trace de tous les produits certifiés, de la forêt à la mise en rayon.

Force mondiale
Avec des partenaires aussi importants que la chaîne de meubles IKEA - société désormais plus grande que Microsoft - ou la Banque mondiale, le FSC est passé d'une minuscule organisation à une force mondiale.

Les grands magasins du monde entier proposent aujourd'hui plus de 20 000 produits portant le label FSC, qu'il s'agisse de bois de construction, de tables, de portes, d'autres meubles et même de papier hygiénique.

 

Chris Elliott du WWF, le Fonds mondial pour la nature, qui présidait cette première réunion au Canada en 1993 explique : « A l'époque, il n'y avait pas de forêts certifiées. Dix ans plus tard, près de 50 millions d'hectares - une superficie plus grande que l'Espagne - dans 62 pays sont certifiés par des organismes indépendants accrédités par le FSC. »

Résultats visibles
Les résultats sont visibles dans le monde entier. Des jeunes amazoniens fabriquent manuellement des instruments à partir de bois certifié par le FSC. Des étudiants américains gèrent les parcs universitaires en respectant les conseils du FSC. Des plantations africaines ont adopté les modèles de gestion sociale et écologique du FSC. Et des villes espagnoles sont en train d'installer des bancs publics en bois certifié.

Dans toute l'Afrique, l'Asie et l'Amérique latine, le bambou - qui est techniquement une herbe ligneuse - représente une précieuse source d'aliments et de matériaux de construction. Pour les Chinois, c'est « l'ami du peuple », pour les Vietnamiens, « un frère ».

Les pousses de bambou, faibles en calories et riches en fibres, sont délicieuses crues ou cuites. Les branches de bambou servent à faire du papier et des meubles. Près des trois quarts des habitants du Bangladesh vivent dans des maisons en bambou. Les gratte-ciel de Tokyo et de Hong Kong sont bâtis et entretenus grâce à des échafaudages en bambou. Et à Java, en Indonésie, les musiciens fabriquent des instruments à vent, à cordes et à percussion en bambou.

Ce qui fait l'intérêt du bambou, ce n'est pas seulement sa solidité, mais aussi sa rapidité de croissance : alors qu'il faut 60 ans pour remplacer un arbre de 18 mètres, un bambou de même hauteur repousse en 59 jours à peine. Les branches peuvent être coupées au fur et à mesure des besoins sans pour autant ralentir la croissance de la plante. Rien de surprenant donc à ce que le bambou soit de plus en plus populaire dans le monde entier : il offre une excellente alternative au bois et à d'autres matériaux chers ou en déclin rapide.

photo : Tino Tran/www.bearsuitworld.com/vietnam

 

 
      photo : Christian Slanel/PNUE/Topham  
         
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