photo : Sean Sprague/Still Pictures
 
 

Les bidonvilles du Brésil - ou favelas en portugais - évoquent immanquablement la violence, les maladies et le désespoir. Les conditions de vie qui y règnent sont bien connues - eau non potable, absence d'assainissement, et forte criminalité liée à la drogue. Mais malgré les énormes difficultés quotidiennes, les jeunes des favelas font souvent preuve d'une détermination et d'un esprit combatif remarquables. Ils luttent chaque jour pour retrouver une vie digne.

A travers tout le Brésil, les favelas bénéficient désormais de programmes axés sur l'art, les pratiques écophiles et l'informatique, qui incitent les jeunes à participer à des campagnes de recyclage, à suivre des cours d'informatique et à faire de la musique ou du théâtre. Souvent, ces projets sont montés par des organisations qui travaillent avec les associations locales.

Certains jeunes transforment les bouteilles en plastique et autres déchets en meubles bizarres mais fonctionnels. Encouragés et formés par l'association OndAzul, leur design écologique se vend bien - et comme les Brésiliens jettent chaque année quelque 5,9 milliards de bouteilles en plastique, ils ne sont pas prêts de manquer de matière première !

Les internautes des favelas peuvent trouver sur le site Ecopop - www.ecopop.com.br - une foule de renseignements sur le recyclage, le jardinage, et l'assainissement et le traitement privés des déchets en cas d'absence de service public. Créé et dirigé par des jeunes du groupe Viva Rio, le site aborde les questions environnementales et présente des projets locaux et des bonnes pratiques. Le célèbre journaliste brésilien André Trigueiro y contribue chaque semaine. Ecopop est né d'un premier projet de Viva Rio intitulé « Portal Viva Favela » qui faisait découvrir les technologies de l'informatique aux jeunes des favelas. Aujourd'hui, l'organisation compte trente permanents, dont la moitié sont issus des bidonvilles de Rio.


photo : World Bank

 


photo : Sean Sprague/Still Pictures

 

 

Peut-être as-tu vu un film au succès international intitulé La cité de Dieu. Il racontait une guerre des gangs qui se déroulait dans un lotissement pauvre de Rio. Nombre des participants venaient de la compagnie d'art dramatique Nos do Morro (Nous des collines) de Vidigal, qui monte des spectacles pour les acteurs en herbe. A Andarai, à Rio de Janeiro, « La Culture des Favelas » est une initiative du même genre qui a permis à 300 jeunes de talent de choisir les métiers de la scène pour leur avenir professionnel.

Les projets comme ceux-ci - dont beaucoup sont créés pour des jeunes par des jeunes - apportent un nouvel espoir de santé, de bonheur et d'évolution personnelle aux habitants des bidonvilles. En rendant leur dignité à des gens qui sont confrontés quotidiennement à la faim, à la précarité, à l'analphabétisme et à des égouts à ciel ouvert, on les dynamise et on exploite leur potentiel créatif. Dans les favelas de tout le Brésil, des jeunes commencent à réfléchir différemment à leurs perspectives d'avenir et à réaliser qu'ils sont vraiment capables de transformer leur vie.

Camila Godinho est la Conseillère jeunesse Tunza du Brésil.

 
         
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